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La participation des laïcs à l'enseignement
normatif
77. Les catholiques et les méthodistes comprennent
que l'Église entière doit participer au discernement et à l'enseignement.
Les laïcs et les ministres ordonnés partagent cette
responsabilité, mais de manières différentes. Les
méthodistes affirment avec les catholiques que l'ordination
établit le ministre dans une relation nouvelle et permanente avec le
Christ ressuscité. De ce fait, les deux Églises comprennent que
si le don de discernement appartient à toute l'Église, les
ministres ordonnés jouent un rôle spécial dans l'exercice
propre de leur charge. Dans les communautés locales et les
régions géographiques (diocèses, districts,
conférences annuelles) les ministres ordonnés ont la direction
des fonctions de culte, de prédication et d'enseignement. Il y a
cependant beaucoup de laïcs : prédicateurs locaux, théologiens
formés, catéchistes, animateurs d'études bibliques et
enseignants d'école du dimanche, qui ont aussi vocation à
enseigner dans l'Église. De plus, les personnes saintes jouent un
rôle vital par leur exemple, même sans être chargées
d'aucune fonction.
78. Il reste des différences entre les
méthodistes et les catholiques romains au sujet du rôle qu'ont les
laïcs dans le processus de discernement normatif et de proclamation
officielle de l'Évangile. Les catholiques placent l'autorité
d'enseignement dans le corps épiscopal avec à sa tête
l'Évêque de Rome. Les méthodistes mettent cette même
autorité dans la Conférence, où les laïcs
siègent en nombre significatif, avec voix délibérative et
participation aux décisions.
79. Pour les méthodistes, l'autorité
d'enseignement est un don fait à toute l'Église, et ils
suggèrent qu'exclure les presbytres et les laïcs des
décisions finales revient à leur dénier l'exercice de ce
don, affaiblissant par là la capacité de l'Église de
discerner l'interprétation fidèle de la Parole de Dieu pour un
lieu et un temps donnés. En ayant des représentants de toute
l'Église dans les instances de décision ils peuvent
espérer entendre la variété des perspectives et des
compréhensions dont il y a lieu de tenir compte pour assurer la catholicité
de l'Église. Les laïcs, certes, participent activement et apportent
leurs diverses contributions à bien des niveaux de l'organisation de
l'Église catholique romaine, par exemple dans les conseils pastoraux,
les synodes diocésains et les sessions du Synode des évêques
à Rome. Néanmoins, les méthodistes demandent aux catholiques
pourquoi les laïcs ne pourraient pas être plus formellement
impliqués dans les organes de décision, même lorsqu'il
s'agit de discernement et d'enseignement normatifs, partageant d'une certaine façon
la responsabilité des évêques, lesquels ne cesseraient pas
pour autant de garder leur ministère spécial d'autorité
doctrinale.
80. Les catholiques comprennent que la fonction
épiscopale d'enseignement est un service rendu à toute
l'Église. Les évêques dirigent les communautés de foi
qui sont elles-mêmes porteuses de la vérité de
l'Évangile. Ils
discernent et proclament avec autorité la foi donnée à
tout le Peuple de Dieu. L'autorité pour assurer la catholicité et
l'apostolicité est confiée au collège des
évêques. Les méthodistes ont certes un ministère
ordonné, et une instance de direction investie de fonctions
d'enseignement. Les catholiques cependant demandent aux méthodistes
pourquoi dans la conception et la pratique de la Conférence ils ne
distinguent pas plus formellement le rôle des ministres ordonnés,
spécialement des évêques et des surintendants,
particulièrement en matière de discernement et d'enseignement
normatifs.
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