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Conclusion
117. Les méthodistes et les catholiques ont
confiance dans la présence et la grâce jamais démenties du
Saint-Esprit pour les garder dans la fidélité et protéger
la vérité de l'Évangile qu'ils prêchent et
enseignent. L'Église catholique reconnaît cette présence de
l'Esprit spécialement dans le charisme de vérité et de foi
inaltérables donné aux évêques dans l'Église.
L'exercice du ministère d'enseignement des évêques prend de
nombreuses formes et inclut le ministère spécial de
l'évêque de Rome dans la proclamation de la foi de tous les évêques et
de toute l'Église. Les méthodistes reconnaissent la conduite du
Saint-Esprit dans les Conférences méthodistes, quoiqu'ils ne leur
attribuent pas une exemption de toute erreur. Ils acceptent leur enseignement
comme faisant autorité quand on le montre clairement en accord avec les
Écritures. La
Conférence est l'autorité ultime pour l'interprétation de
la doctrine.
118. Les catholiques et les
méthodistes reconnaissent que c'est l'Église entière qui
demeure dans la vérité en raison de la présence du
Saint-Esprit dans la communauté des croyants. Les uns et les autres
reconnaissent la présence dans tous les croyants d'un don de reconnaissance,
de discernement et de réponse à la vérité de
l'Évangile, et donc qu'ils jouent un rôle dans la formulation et
l'interprétation de la foi de l'Église. Plus fondamentalement,
les méthodistes comme les catholiques croient que c'est l'Esprit qui
préserve dans l'Église la vérité de
l'Évangile proclamé par le Christ et les apôtres, bien
qu'ils ne soient pas entièrement d'accord sur ce qui constitue
l'essentiel de l'Évangile.
119. La foi commune des fidèles du Christ doit
être prise en considération par ceux qui enseignent avec
autorité dans l'Église. Leur ministère ne peut jamais être exercé
isolément de la foi de toute l'Église. Les
méthodistes et les catholiques diffèrent cependant sur les
manières dont se pratique cette collaboration. De part et d'autre on
admet le rôle du laïcat dans le développement de la foi
vécue, prêchée,enseignée, et méditée. Dans le méthodisme des laïcs
participent comme membres de la Conférence à la
détermination normative du contenu précis de la foi de
l'Église. L'Église catholique, de son côté,
maintient que la détermination normative du contenu précis de la
foi de l'Église est proprement le ministère des
évêques. Les raisons pour lesquelles les méthodistes et les
catholiques interprètent différemment les rôles du
laïcat et des ministres ordonnés en ce qui concerne l'enseignement
normatif sont matière à de nouvelles investigations.
120. Une raison de cette
variation dans la pratique est l'interprétation différente de
l'effet du rite de l'ordination, liée à la compréhension
catholique de la sacramentalité de ce rite. Il existe en outre une autre
différence fondamentale, relative à la compréhension du
degré de fiabilité garantie qu'on peut accorder à un
instrument humain exerçant un ministère doctrinal dans
l'Église, même en tenant compte de la présence continue du
Saint-Esprit. La relation entre l'ordination, l'autorité doctrinale et
l'assistance assurée du Saint-Esprit reste matière à
discussion entre méthodistes et catholiques.
121. Mais s'il est vrai que le
présent rapport reconnaît des différences évidentes
dans la structure ministérielle de l'autorité doctrinale et dans
l'interprétation théologique de la fiabilité de ces
structures ministérielles, il reste une foi commune fondamentale dans la
présence du Saint-Esprit et dans l'utilisation par le Saint-Esprit des
instances légitimes d'exercice de l'autorité doctrinale pour
assurer la vérité de l'Évangile qui est cru par les
méthodistes et les catholiques. De plus, le langage différent
utilisé pour décrire l'expérience de l'enseignement
normatif ne nie pas le fait que de part et d'autre, on dépend en
pratique de la direction sûre du Saint-Esprit pour ce ministère
d'enseignement normatif. L'expérience des méthodistes et des
catholiques et leur confiance dans leurs interprétations respectives de
la foi apostolique indiquent que ces perspectives sont peut-être beaucoup
plus proches que ne le fait apparaître parfois la différence de
langage.
122. En cherchant à
avancer ensemble vers l'unité plénière dans l'amour et la
vérité, les méthodistes et les catholiques s'engagent ici et
maintenant " à dire la vérité dans l'amour ",
les uns aux autres et à tous les peuples du monde.
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