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Introduction
1.L'Épître aux Éphésiens
célèbre l'accomplissement du dessein de la grâce divine de
réunir un jour toutes choses sous la souveraineté de
Jésus-Christ, à la louange et à la gloire de Dieu le
Père. La parole de vérité, qui est l'Évangile du
salut, est maintenant prêchée, et ceux qui la reçoivent
dans la foi sont incorporés au Christ et obtiennent déjà
de siéger avec lui dans les cieux. Tant que la consommation se fait attendre, l'Apôtre
trouve nécessaire d'exhorter les croyants à tenir fermement ce
qui leur a été donné par le Saint-Esprit en anticipation
de la fin. Ce qui était recommandé par l'Apôtre aux
chrétiens d'Ephèse menacés de désunion peut
s'appliquer à des générations ultérieures
désireuses de remédier aux divisions qui, de fait, se sont
malheureusement produites. Dans cet espoir, la Commission mixte s'est
tournée en particulier vers le quatrième chapitre de
L'Épître aux Éphésiens, cherchant à se guider
sur l'Écriture dans son effort pour résoudre les
différences entre méthodistes et catholiques sur la question de
l'autorité d'enseignement dans l'Église.
2. Selon Éphésiens
4, 4-6, l'unité de la communauté chrétienne est
fondée sur la septuple unité reconnue dans l'Église et dont
celle-ci dépend pour son existence. L'Église, en tant que corps
du Christ, est une unité dans la diversité, vivifiée par
un seul Esprit, répondant à une unique espérance et
soumise à un seul Seigneur et Chef, Jésus-Christ, par la foi qui
est célébrée dans l'unique rite du baptême à
la gloire du seul Dieu et Père de tous. Les thèmes majeurs de la
doctrine chrétienne apparaissent par là comme
propriétés d'un organisme vivant de croyances. Ainsi le chapitre
d'ouverture du rapport de la Commission articule la foi christologique et
trinitaire fondamentale que les catholiques et les méthodistes ont en
commun, qui est fondée sur les Écritures, confessée
ensemble dans les credos œcuméniques, incarnée dans les liturgies
respectives des Églises et annoncée au monde comme
l'Évangile de son salut.
3. Dans le deuxième
chapitre de son présent rapport, la Commission traite
spécialement du Saint-Esprit en tant qu'agent de l'unité (Ep 4,
3), soulignant ainsi la dimension pneumatologique qui a marqué son
travail à partir du rapport de 1981. L'Église est vue à
présent comme la communauté prophétique de Dieu, munie de
l'onction de l'Esprit de Vérité. Par le sceau du Saint-Esprit
elle est gardée dans une seule et même vérité, de
telle manière que tous les chrétiens peuvent activement
répondre à la vocation de porter témoignage à
l'Évangile qui apporte l'espoir du salut à
l'humanité.
4. La vocation commune des
chrétiens n'exclut nullement dans l'Église une diversité
de dons et de fonctions compatibles entre elles. Éphésiens 4,
7-11 énumère une variété de charismes
accordés à l'Église par le Christ monté au ciel
pour l'institution de ministères particuliers, destinés à
édifier le Corps et à équiper tout le Peuple de Dieu pour
sa mission dans le monde. La liste de L'Épître comprend
principalement des fonctions en rapport avec la proclamation et l'enseignement
de la Parole. De même, le rapport de la
Commission a ensuite un chapitre dans lequel méthodistes et catholiques
essaient de développer une interprétation commune des questions
historiquement controversées, touchant les manières et les modes
par lesquels, dans des circonstances toujours changeantes, on arrive à
un discernement exact de la vérité de l'Évangile, et on
accomplit sa proclamation avec autorité.
5. Éphésiens 4, 12-14 dit que le but des
fonctions d'enseignement est de promouvoir cette " unité dans la
foi et dans la connaissance du Fils de Dieu " qui est l'indication de la
maturité dans la vie des croyants. Une telle maturité est
révélée par la certitude et la stabilité en
matière de foi et par la capacité de distinguer entre
enseignements justes et erronés. L'accord sur la vérité de
l'Évangile est une composante fondamentale de la visée du
dialogue entre catholiques et méthodistes : " pleine communion de
foi, de mission et de vie sacramentelle ".
6. " Dire la
vérité dans l'amour " (Éphésiens 4, 15) est le
titre du rapport de la Commission : il exprime à la fois l'esprit dans
lequel le dialogue s'est déroulé et le résultat qu'on en attend.
L'Apôtre presse les croyants de se défaire de toute amertume,
irritation, colère, éclats de voix, injures, calomnie, de toute
espèce de méchanceté (4, 31) et de cultiver au contraire
les vertus d'humilité, de douceur et de patience (4, 2). Du fait que le
Christ incarne l'amour et la vérité de Dieu, l'amour est partie
intégrante de la vérité, et la vérité partie
intégrante de l'amour. En poursuivant assidûment de concert l'un
et l'autre, on ne pourra que renforcer la crédibilité du
témoignage chrétien commun rendu au dessein d'amour de Dieu, qui
dans la Parole et dans l'Esprit s'est donné et continue de se donner
lui-même à l'humanité. Telle est la vérité de
l'Évangile.
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