|
Maintenue dans la
Vérité
19. Dans l'histoire de
l'Église il devint urgent de choisir entre les traditions divergentes et
les interprétations opposées de l'Évangile. Un
ministère au service d'un tel choix existait aux temps apostoliques (cf.
Ac 15) ; et il prit une forme particulière dans les premiers
siècles, lorsqu'à l'échelon local la sollicitude pastorale
fut confiée à un collège de presbytres sous la
présidence d'un évêque, les évêques formant
eux-mêmes un collège au plan universel, auquel le Siège
romain présidait " dans la charité " (en agapè).
Dans l'Église catholique, les évêques continuent d'exercer
ce ministère à la tête d'une église
particulière (diocèse), qu'ils administrent et conduisent dans la
foi, le culte et le témoignage. Lorsque réunis en concile, et
lorsque dans leurs églises locales on constate qu'ils enseignent les
mêmes doctrines, ils exercent une responsabilité
magistérielle au nom de l'Église universelle. Dans les
circonstances historiques qui étaient les leurs, John Wesley et les
méthodistes avaient conscience d'une semblable responsabilité
lorsqu'ils constituaient un modèle selon lequel la direction de
l'enseignement est exercée par la Conférence et par les
surintendants agissant en son nom.
20. La vérité de
l'Évangile et les doctrines qui l'expriment ne peuvent être
préservées fidèlement sans l'assistance de l'Esprit. Les catholiques et les méthodistes ont désiré
ardemment invoquer l'Esprit, et ils ont confiance dans sa grâce
infaillible. Dans l'Église catholique, ce souci de vérité
et de fidélité a son point de convergence dans un " charisme
de vérité et de foi indéfectibles " donné aux
évêques pour le bien de l'Église universelle. Ce don prend
diverses formes, comme lorsque l'enseignement ordinaire de tous les
évêques est reconnu comme étant unanime, ou lorsqu'il
arrive, en certaines occasions, malgré tout rares, qu'une doctrine soit
proclamée " infailliblement " par un concile ou par
l'évêque de Rome dans les conditions définies par le
premier Concile du Vatican pour les définitions ex cathedra. En vertu de
ce " charisme de vérité et de foi indéfectibles
" l'Évangile est proclamé sans altération en
dépit des péchés et des insuffisances des membres et des
dirigeants de l'Église. Un témoignage vivant a été
rendu à cette foi au long des siècles par des saints et des
savants, mais aussi par des croyants ordinaires, dont certains sont
honorés comme " docteurs de l'Église ".
21. Dans leur souci de la vérité de
l'Évangile les méthodistes ont trouvé assurance dans la
conduite de l'Esprit manifesté dans des hommes de Dieu tels que John
Wesley lui-même, dans des événements providentiels tels que
la Réforme, et dans des assemblées comme les premiers Conciles et
les Conférences méthodistes. En exerçant leur fonction
d'enseignement, ces Conférences formulent des déclarations
doctrinales répondant aux besoins, mais sans leur attribuer d'être
absolument garanties contre toute erreur. Les méthodistes se
conçoivent eux-mêmes comme soumis à l'obligation d'accepter
comme faisant autorité ce qu'on peut clairement montrer être en
accord avec les Écritures.
|