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Commission mixte Église catholique romaine-Conseil méthodiste mondial
Dire la verité dans l'amour

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  • PREMIÈRE PARTIE
    • III. LES MOYENS DE GRACE, LES SERVITEURS  DU CHRIST ET DE SON ÉGLISE
      • Le ministère ordonné
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Le ministère ordonné 

63. Les méthodistes et les catholiques romains sont d'accord que par l'ordination une personne est appelée irrévocablement et mise à part par Dieu pour un service spécial dans la communauté des croyants, mais cela n'implique pas que les ministres soient séparés de cette communauté. Il s'agit d'un appel spécial au sein de l'appel général adressé à tous. Notre dialogue est souvent revenu sur la question de ce que fait l'ordination. Il y a beaucoup de choses que nous sommes en mesure d'affirmer ensemble. Par l'ordination, une personne devient un ministre de la parole et des sacrements dans l'Église du Christ. Au cœur de tout service pastoral par les ministres ordonnés il y a un ministère de vigilance pour le bien de la connexion et de la communion de l'Église (cf. 1 P 5, 2-4). 

64. Le premier rapport de la Commission mixte dégageait les domaines clés d'un accord sur le ministère ordonné. Après avoir déclaré que " le ministre participe au ministère du Christ, agit au nom du Christ ", le document poursuit en parlant de l'importance du Saint-Esprit dans " l'appel au ministère ", du caractère " connexionnel " du ministère, de l'autorité primordiale du Christ lui-même dans l'Église. Un autre domaine significatif d'accord pour la poursuite du dialogue était " la compréhension du ministère comme, d'une certaine manière mystérieuse, extension du principe incarnationnel et sacramentel, en ce que des êtres humains (en tant que ministres) par leur corps et leur âme deviennent, par la puissance du Saint-Esprit, agents du Christ pour porter Dieu dans la vie et la condition des hommes " et des femmes. Le rapport suivant de la Commission reprenait la conception du ministère ordonné comme " ministère du Christ lui-même, dont le ministre est le représentant ". Les catholiques et les méthodistes comprennent de plus en plus le ministère ordonné comme représentant en même temps le Christ et la communauté chrétienne. Selon ce rapport, les catholiques romains et les méthodistes sont également d'accord que " par l'ordination est établie une relation nouvelle et permanente avec le Christ et son Église "; ceci est le fondement de notre croyance commune que l'ordination est irrévocable et ne peut être répétée. Dans La Tradition apostolique, la Commission déclarait que dans la communauté du Peuple de Dieu " un ministre authentique communique le Christ aux personnes " : " comme instrument dans les mains de Dieu, le ministre ordonné dispense la Parole de Dieu au Peuple de Dieu, à la fois par la parole et par les sacrements de l'Église ". Le rapport continuait cependant en admettant que des différences subsistent sur la nature sacramentelle de l'ordination

65. Les catholiques comprennent l'ordination comme un sacrement qui met des hommes à part dans l'Église pour être des signes et des instruments vivants de la sollicitude pastorale et de la direction continues du Christ lui-même. Il est conféré par l'évêque, par l'imposition des mains et la prière. L'évêque et le prêtre sont considérés tous deux comme " une représentation sacramentelle " du Christ en tant que tête de son Corps, berger de son troupeau, grand-prêtre de son peuple sacerdotal, seul maître de sa communauté de foi. Par le ministère des évêques et des prêtres en particulier, la présence vivante du Christ comme tête de son Corps et pasteur de son peuple est rendue visible au sein de l'Église. Cette compréhension est le fondement sacramentel de la doctrine catholique de l'autorité doctrinale du collège des évêques. La première tâche des évêques, spécialement lorsqu'ils s'assemblent en tant que collège des évêques, est de proclamer à tous l'Évangile dans son intégrité. Pour les catholiques, ce ministère de la prédication avec autorité est intimement lié au ministère de gouvernement et au ministère liturgique central de la présidence de l'eucharistie. Tout vrai ministère est intrinsèquement pastoral, il sert à entraîner tout le peuple plus profondément dans le mystère du Christ, le Berger, qui a donné sa vie en amour sacrificiel

66. Les méthodistes comprennent l'ordination comme un don de Dieu à l'Église. Il consiste en ce que des hommes et des femmes qui sont appelés par Dieu à cette forme de ministère sont acceptés après examen par la Conférence. " Ils sont alors ordonnés par la prière et l'imposition des mains, par l'évêque ou le président de la Conférence et reçoivent la charge d'annoncer l'Évangile, de célébrer les sacrements et d'assumer la charge pastorale du troupeau du Christ ". Les méthodistes ne conçoivent pas l'ordination comme un sacrement mais comme une action liturgique comprenant la prière de la communauté pour le don du Saint-Esprit approprié à cette forme particulière de ministère. Parce qu'il y a là un mandat sacré de toute la vie, on ne répète jamais l'ordination. Elle est comprise comme une entrée dans une relation contractuelle avec tous les autres ministres au service du Christ. Elle est une action liturgique mais elle est normalement suivie de près par la réception de l'ordinand en " connexion " avec la Conférence. Les Églises méthodistes qui mettent à part ou consacrent des ministres comme évêques ne considèrent pas cela comme une nouvelle ordination

67. Les catholiques et les méthodistes ont en commun plusieurs aspects de leur compréhension de l'ordination. Les deux Églises mettent à part des ministres pour l'Église de Jésus-Christ. Les deux Églises comprennent ce rite comme un moyen de la grâce de Dieu par lequel le ministre est introduit dans une relation contractuelle de service permanent dans l'Église du Christ. Cette forme spécifique de direction est toujours un service à la fois de Dieu et du Peuple de Dieu. Elle comporte l'administration des sacrements, la prédication et l'enseignement de la Parole, et la participation à l'organisation de la vie de l'Église

68. Nous affirmons ensemble avec joie que les ministères et les institutions de nos deux communions sont des moyens de grâce par lesquels le Christ ressuscité conduit, guide, enseigne et sanctifie en personne son Église sur la route de son pèlerinage. On ne peut faire une telle affirmation que dans une communauté de foi, en comptant sur la promesse et la grâce de Dieu : " Tout ministère continue de dépendre entièrement de la grâce de Dieu pour son exercice. Le Dieu qui appelle couronne son appel par des dons pour le ministère ". Les catholiques demandent aux méthodistes pourquoi ils n'utiliseraient pas le langage du sacrement, utilisé à propos de l'Église elle-même, pour le ministère ordonné dans l'Église et son autorité de discernement de la vérité de l'Évangile. Les méthodistes demandent aux catholiques pourquoi, étant donné la faiblesse et la faillibilité humaines, ils comprennent le ministère ordonné non seulement comme un signe mais également comme une garantie de la présence active du Christ par la puissance du Saint-Esprit, spécialement dans les actes particuliers de discernement autoritarif et de proclamation. Ces questions sont au cœur du dialogue œcuménique entre nos deux communions





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