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Les principaux moyens d'enseignement et de
discernement
74. Chez les méthodistes, le ministère de
direction (épiscopè) a été exercé surtout de
deux manières. Premièrement,
la Conférence, comprise comme exercice collégial de
l'épiscopè pour le service de l'Église, est fondamentale
en méthodisme. Dans toutes les Églises méthodistes, c'est
à la Conférence qu'il revient de faire avec autorité le
discernement de la vérité de l'Évangile pour
l'Église. Même là où le méthodisme a
adopté l'épiscopat, à terme ou à vie, la
Conférence reste l'instrument par lequel le discernement est
exercé sur toutes les questions de foi, pour être ensuite
proclamé dans l'enseignement officiel : " La Conférence est
l'autorité ultime dans l'Église pour ses doctrines et pour toutes
les questions concernant l'interprétation de ses doctrines ". La
Conférence exerce l'autorité sur les prédicateurs et
traite les questions de discipline. Deuxièmement, dans toutes les
Églises méthodistes un ministère spécial
d'autorité ou de surintendance est exercé par des personnes mises
à part pour le service de Dieu dans cette fonction, soit pour une
période déterminée, soit à vie ; certaines de ces
Églises ont des " surintendants ", d'autres des "
évêques ". L'Église méthodiste en Grande
Bretagne s'est déclarée disposée à recevoir
l'épiscopat historique dans sa vie et son ministère, comme et
lorsque cela sera requis pour l'unité des chrétiens.
75. Les catholiques romains se
rallient sans peine à la description du rôle d'enseignement des
évêques que donne le Livre de Discipline des " United
Methodists " : " Garder, transmettre, enseigner et proclamer
collégialement et individuellement la foi apostolique telle qu'elle est
formulée dans l'Écriture et la tradition, et interpréter
cette foi évangéliquement et prophétiquement selon que le
Saint-Esprit les inspire et les en rend capables ". Pour les catholiques,
le discernement normatif de la vérité et son enseignement
fidèle sont confiés au Collège des évêques
uni, considéré comme muni par le Saint-Esprit du don de
discernement, en union avec le Pape. La catholicité de l'Église
dans le temps et dans l'espace signifie que la substance de l'enseignement de
l'Église doit être la même partout et toujours. Dans leur
rôle de gardiens de l'unité de l'Église, les
évêques cherchent donc à faire en sorte que la même
foi soit annoncée aujourd'hui, qui était discernée par
l'Église dans les siècles précédents, et que l'on
enseigne partout la même foi dans le monde aujourd'hui. D'importantes
différences d'expression et d'accent se produisent néanmoins, du
fait que l'Évangile soit vécu et annoncé dans des cultures
diverses et en des temps divers. Le discernement normatif par les
évêques n'a pas lieu en vase clos. Ils doivent écouter non
seulement l'Écriture et la Tradition, mais aussi toute la communauté
ecclésiale. Les catholiques comprennent le don de l'apostolicité,
qui inclut le discernement de la vérité divine, comme appartenant
à toute l'Église : ce don est servi et garanti par le ministère
apostolique des évêques.
76. Les méthodistes et les catholiques ont fortement
le sens de la nature collective du ministère de gouvernement. Ceci reflète leur commune
insistance sur la connexion ou communion des communautés locales de foi
dans la vie chrétienne, le culte et la mission. Pour chaque
Église méthodiste, la Conférence exerce une forme
d'épiscopè collégiale. Pour les catholiques, c'est le
corps des évêques uni à l'Évêque de Rome qui
exerce cette épiscopè collégiale. L'unité entre les
communautés catholiques locales est constituée et entretenue par
leur communion avec leur évêque dans un diocèse, et
l'unité de leurs évêques par la communion avec
l'Évêque de Rome. Méthodistes et catholiques affirment
ensemble que la vraie foi chrétienne et la qualité de disciple du
Christ impliquent toujours l'unité les uns avec les autres dans la
vérité et dans l'amour. Cette compréhension de
l'Évangile se reflète dans nos structures ecclésiales qui
cherchent à servir l'unité de toute l'Église. Bien que la
croissance dans la sainteté et l'amour parfaits sous la grâce de
Dieu soit toujours quelques chose de profondément personnel, elle n'est
jamais privée. Nos deux Églises admettent des ministres qui
jouent un rôle spécial d'entraînement et d'inspiration dans
la communauté, mais ils sont toujours liés ensemble dans une
responsabilité collégiale pour la foi et la mission des
croyants.
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