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Conseil Pontifical "Justice et Paix"
Pour une meilleure répartition de la terre

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Les échecs d'expériences de réforme agraire

7. Bon nombre de pays en voie de développement ont vu la mise en œuvre, ces dernières décennies, de réformes agraires visant à garantir une répartition plus équitable de la propriété et de l'usage de la terre. Ces réformes n'ont atteint leurs objectifs qu'en de rares cas. Dans la plupart des pays, en revanche, leurs attentes ont été profondément déçues.

Une des principales erreurs a été de considérer que la réforme agraire consistait essentiellement en une simple répartition et assignation de la terre.

Ces échecs peuvent être imputés, en partie, à une interprétation inadéquate des exigences du secteur agricole en transition d'une phase de subsistance à une intégration aux marchés intérieurs et internationaux et, en partie, au manque de professionnalisme au niveau de la conception, de l'organisation et de la gestion de la réforme proprement dite.(8)

Bref, la mise en œuvre de réformes agraires a manqué ses objectifs consistant à: réduire la concentration de la terre dans les régions de latifundia, créer des entreprises capables de se développer de façon autonome, empêcher l'expulsion des grandes masses paysannes de leur terre et leur émigration vers les centres urbains ou vers les terres encore libres ou marginales, mais pauvres en infrastructures sociales.

8. Dans bien des cas, les gouvernements ne se sont pas suffisamment souciés de doter les zones sujettes à la réforme agraire d'infrastructures et de services sociaux nécessaires, de mettre en place une organisation efficace d'assistance technique, de garantir un accès équitable au crédit à des coûts abordables, de limiter les distorsions en faveur des grandes propriétés terriennes, de réclamer aux attributaires des prix et des formes de paiement des terres reçues compatibles avec les exigences de développement de leurs entrepriseset avec les exigences de leur vie de famille. Aussi les petits cultivateurs, contraints à l'endettement, doivent-ils souvent vendre leurs droits et abandonner l'activité agricole.

Une deuxième cause importante d'échec des réformes agraires vient de ce que l'histoire et les traditions culturelles des sociétés agricoles n'ont pas été suffisamment pris en compte, ce qui a souvent conduit à favoriser des structures foncières en contraste avec les formes traditionnelles de propriété de la terre.

Enfin, deux autres états de fait ont concouru à déstabiliser sensiblement le processus de réforme: d'une part, une série déplorable de formes de corruption, de servilité politique et de collusion, qui a conduit à concéder de vastes étendues aux membres des groupes dirigeants et, d'autre part, la présence d'importants intérêts étrangers, soucieux des conséquences d'une réforme pour leurs activités économiques.




8) Sur les différents facteurs d'échec, voir: FAO, Lessons from the Green Revolution - Towards a New Green Revolution, Rome 1995, p. 8.






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