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| Conseil Pontifical "Justice et Paix" Pour une meilleure répartition de la terre IntraText CT - Lecture du Texte |
La terre est à Dieu qui la donne à tous ses enfants
24. L'Israélite a droit à la propriété de la terre, que la loi protège de diverses façons. Le Décalogue prescrit notamment: « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur ou sa servante, ni son bœuf ou son âne; rien de ce qui est à ton prochain » (Dt 5, 21).
On peut dire que l'Israélite ne se sent vraiment libre, pleinement israélite, que lorsqu'il possède son lopin de terre. Mais l'Ancien Testament insiste sur le fait que la terre est à Dieu et que c'est Lui qui l'a donnée en héritage à tous les fils d'Israël. Elle doit donc être répartie entre toutes les tribus, tous les clans et toutes les familles. L'homme n'est pas le véritable maître de sa terre, il en est plutôt l'administrateur. Le véritable maître, c'est Dieu. Il est écrit au Livre du Lévitique: « La terre ne sera pas vendue avec perte de tout droit, car la terre m'appartient et vous n'êtes pour moi que des étrangers et des hôtes » (25, 23).
En Egypte, la terre appartenait au pharaon et les paysans étaient ses serviteurs et sa propriété. A Babylone, une structure féodale était en vigueur: le roi remettait la terre en échange de la fidélité ou de services rendus. Rien de tel en Israël. La terre est à Dieu qui la donne à tous ses fils.
25. Plusieurs conséquences précises en découlent. D'un côté, personne n'a le droit de priver de la propriété de la terre celui qui en a l'usage sans violer un droit divin; pas même le roi.(16) D'un autre côté, toute forme de possession absolue et arbitraire à son seul profit est niée: on ne peut pas faire ce que l'on veut des biens que Dieu a donnés à tous.
C'est sur cette base que la législation introduit petit à petit, et toujours sous l'impulsion de situations concrètes, de nombreuses limitations au droit de propriété. Citons quelques exemples: l'interdiction de recueillir les fruits d'un arbre pendant les quatre premières années (cf. Lv 19, 23-25), l'invitation à ne pas moissonner jusqu'à l'extrême bout du champ et l'interdiction de recueillir des fruits et des épis de blé oubliés ou tombés à terre (cf. Lv 19, 9-10; 23, 22; Dt 24, 19-22), parce qu'ils appartiennent aux pauvres.
A la lumière de cette vision de la propriété, nous comprenons la sévérité du jugement moral exprimé par la Bible sur les prévarications des riches qui contraignent les pauvres et les paysans à céder leurs domaines familiaux. Ce sont surtout les Prophètes qui condamnent le plus énergiquement les injustices. « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, qui joignent champ à champ », crie Isaïe (5, 8). Et Michée, son contemporain, d'ajouter: « S'ils convoitent des champs, ils s'en emparent; des maisons, ils les prennent; ils saisissent le maître avec sa maison, l'homme avec son héritage » (2, 2).