| Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText |
| Pius PP. XI Vigilanti cura IntraText CT - Lecture du Texte |
Les précieuses indications du saint Père
Nous croyons donc opportun, après avoir considéré la gravité de pareil sujet, d'en venir maintenant à des indications pratiques appropriées.
Tout d'abord que chaque Evêque obtienne qu'à l'exemple des catholiques des Etats-Unis d'Amérique les fidèles qui lui sont confiés s'engagent chaque année à ne jamais assister à la projection de films qui blessent la doctrine et les institutions chrétiennes. On choisira de préférence les églises et les écoles pour recevoir cette promesse et cet engagement. A cet effet, les Evêques feront appel à la collaboration des parents qui, dans ces questions, sont tenus à de spéciales obligations; ils demanderont aussi l'aide des écrivains à qui revient l'honneur d'exposer avec soin l'importance et l'utilité de cette sainte croisade.
Pour que cet engagement solennel obtienne une heureuse efficacité, il est absolument nécessaire que le peuple sache clairement quels sont les films permis pour tous, quels sont ceux qu'il n'est permis de voir qu'à certaines conditions, quels sont ceux, enfin, qui sont pernicieux ou franchement mauvais. Ce qui entraîne, de toute évidence, que soient établies avec ordre et publiées des listes spéciales indiquant les films selon les catégories que l'on vient d'énumérer, et que ces listes puissent être facilement connues de tous. L'idéal serait qu'une liste unique de films soit dressée pour le monde entier, puisqu'il est clair que la loi morale est la même pour tous. Cependant, puisqu'il s'agit de spectacles qui atteignent toutes les classes de la société, cultivées ou non, la masse du peuple aussi bien que les classes dirigeantes, il n'est pas contestable qu'une règle unique ne peut pas être établie pour tous. De trop grandes différences surgissent, en effet, d'après les régions, les circonstances et les conditions de vie. Dès lors, l'établissement d'un catalogue unique, obligatoire partout et pour tous, ne semble pas s'indiquer. Ce qui n'empêche que si dans chaque pays des listes sont dressées d'après les catégories qui ont été proposées, la règle générale qui s'impose, est, par le fait même, établie.
Pour atteindre ce but, il est absolument nécessaire que les Evêques constituent pour chaque pays un Office permanent. La mission de cet Office consiste à promouvoir les bons films, à classer les autres selon les catégories mentionnées, enfin à faire connaître ce jugement aux prêtres et aux fidèles. Il serait très opportun de confier cette mission au Centre national d'Action catholique qui, aux yeux de tous, dépend de la hiérarchie. Quoi qu'il en soit, une chose est certaine, c'est que si l'on veut que pareil travail soit fait avec autorité et selon toutes les règles, il faut que cet Office soit unique pour chaque pays et conduit par un seul chef.
Cependant, si de graves raisons l'exigent réellement, il reste loisible aux Evêques d'organiser, chacun pour son diocèse, une Commission diocésaine en vue de porter le jugement plus sévère que réclame le caractère particulier de la région en cause, en interdisant, par exemple, des films que le catalogue national indiquait comme permis, parce qu'il devait s'en tenir à des règles s'appliquant au pays tout entier.
L'Office en question veillera, en outre, à ce que les cinémas paroissiaux, ou bien qui sont établis dans les locaux d'oeuvres, ne puissent disposer que des films autorisés. En imposant, en effet, à ces cinémas une discipline et une organisation sérieuses, ces salles deviendront, pour les producteurs, une clientèle désirable, et de cette manière il sera possible d'exiger que les producteurs éditent des films qui répondent pleinement à nos voeux. Et pourquoi des films pareils passeraient-ils seulement dans les salles catholiques et pourquoi ne feraient-ils pas carrière dans les salles publiques?
Nous n'ignorons certes pas que la création de l'Office permanent, ici visé, entraînera pour le peuple fidèle une lourde besogne et de grands frais. Cependant, le problème est si grave et si impérieuse la nécessité de protéger la vertu du peuple chrétien et l'honnêteté de tout le pays que labeurs et dépenses sont plus que justifiés. Car l'affreuse plaie du cinéma pervers suffit à émousser et à rendre vains et l'effort de nos écoles, et les travaux de toute l'Action catholique, et l'influence du ministère sacerdotal lui-même.
Il importe aussi de remarquer que l'Office dont nous parlons doit grouper des hommes au courant des choses du cinéma, en même temps que profondément imbus des principes chrétiens. Un prêtre désigné par l'Episcopat dirigera et conduira cette équipe.