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| Quintus Septimius Florens Tertullianus Apologétique IntraText CT - Lecture du Texte |
1. Auguste, le fondateur de l'empire, ne voulait pas même qu'on l'appelât « seigneur ». Car c'est là encore un surnom de Dieu. A la vérité, je donnerai à
l'empereur le nom de « seigneur », mais dans le sens reçu, et lorsque je ne suis pas forcé de le lui donner dans le même sens que je le donne à Dieu. Au reste, je suis libre vis-à-vis de lui ; je n'ai qu'un « seigneur » ou « maître », le Dieu tout-puissant et éternel, qui est aussi le seigneur ou maître de l'empereur lui-même. - 2. Celui qui est le « père de la patrie », comment en serait-il le seigneur ou maître? Aussi bien, un nom tiré de la piété filiale est bien plus doux que celui qui désigne le pouvoir ; remarquez même que les chefs de famille sont appelés « pères » plutôt que « seigneurs » ou « maîtres ». - 3. A plus forte raison ne doit-on pas donner aux empereurs le nom de « dieu » : c'est une chose que ne peut croire la plus honteuse, je dirai plus, la plus funeste des flatteries. Si, ayant un empereur, vous donnez ce nom à un autre qu'à lui, ne vous attirez-vous pas la colère, terrible et impitoyable, de celui qui, en réalité, est votre empereur? Cette colère, ne sera-t-elle pas redoutable pour celui-là même que vous avez qualifié du nom d'empereur? Soyez donc respectueux envers Dieu, si vous voulez qu'il soit propice à l'empereur. Cessez de reconnaître un autre dieu, cessez en même temps d'appeler « dieu » celui qui a besoin de Dieu. - 4. Si une pareille adulation ne rougit pas de son imposture, quand elle donne le nom de dieu à un homme, qu'elle en redoute du moins les suites funestes. C'est un outrage que de donner le titre de dieu à César avant son apothéose.