| Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText |
| Quintus Septimius Florens Tertullianus Traité de la chair de Jésus-Christ IntraText CT - Lecture du Texte |
I. Ceux qui s'élevant contre la foi de la résurrection, laquelle ne recevait aucune controverse avant que ces nouveaux Sadducéens parussent dans le monde, s'efforcent même de montrer que l'espérance que nous en avons ne regarde point notre chair, ont raison de mettre en question la chair de Jésus-Christ, et de soutenir ou qu'elle est tout autre chose que la chair d'un homme; de peur que s'il est certain que ce soit la chair d'un homme, ce ne soit un préjugé contre eux que cette chair, qui est ressuscitée en Jésus-Christ, ressuscite en tous les hommes. Il faut donc que ce même argument que ces gens-là emploient pour détruire le vœu et le souhait de la chair de l'homme nous serve pour l'établir. Examinons quelle est la substance corporelle de notre Seigneur, car quant à la substance spirituelle, l'on en convient, c'est de sa chair que l'on dispute; on en révoque la vérité en doute, on remet en question sa qualité, on demande si elle a été, d'où elle a été, et comment elle a été: la preuve de sa nature sera la règle de notre résurrection. Marcion, voulant nier la chair de Jésus-Christ, a aussi nié sa naissance, ou voulant nier sa naissance, a aussi nié sa chair, craignant, que dans la correspondance qui est entre la naissance et la chair, l'un ne rendît témoignage en faveur de l'autre, parce que la naissance n'est point sans la chair, ni la chair sans la naissance; comme si par la licence ordinaire des hérétiques il n'eût pas été en son pouvoir, ou, en admettant la chair, de nier la naissance selon la témérité d'Apelles, son disciple et depuis son déserteur, ou, confessant la chair et la naissance, de leur
donner un autre sens par une interprétation nouvelle, selon l'esprit et la pensée de Valentin, cet autre disciple et déserteur de Marcion. Celui-là même qui a osé parler de là chair de Jésus-Christ comme d'une chair imaginaire, a pu de la même sorte parler de sa naissance comme d'un fantôme, et avancer que la conception, la grossesse et l'enfantement de la Vierge, et enfin la suite et l'ordre de la vie de cet enfant, n'a été qu'une apparence, que toutes ces choses ont trompé les mêmes yeux en les mêmes sens, qui ont été séduits par l'opinion que l'on a conçue de la vérité de cette chair.