| Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText |
| Quintus Septimius Florens Tertullianus Traité de l'ornement des femmes IntraText CT - Lecture du Texte |
VII. De même l'éclat des couleurs dans les habits est abandonné à leurs esclaves, et les murailles que vous transformez à grands frais par des enduits de pourpre et d'hyacinthe, que vous dissimulez sous des tentures toutes royales, ils les surchargent de peintures. La pourpre est pour eux moins précieuse que le vermillon.
Et d'ailleurs, pour les habits, comment peut-on trouver juste l'honneur qui ressort d'un mélange injuste et adultère des couleurs ? Ce que Dieu n'a pas produit ne saurait lui plaire ; à moins que ce ne soit par impuissance qu'il n'ait pas fait naître les brebis couleur de pourpre, ou de toute autre couleur. S'il a pu le faire et ne l'a point fait, c'est donc qu'il ne l'a point voulu : or ce que Dieu n'a pas voulu , est-il donc permis de le faire? Dans la nature, on ne peut regarder comme parfaites les choses qui ne viennent pas de Dieu, auteur de la nature : il faut les regarder comme venant du diable, le corrupteur de la nature. Ces choses en effet ne peuvent venir d'un autre, si elles ne viennent pas de Dieu. Car ce qui n'est pas de Dieu est de son ennemi, et il n'y a que le démon, avec ses anges, qui soit l'ennemi de Dieu.
Au reste, si les objets matériels sont de Dieu, ce n'est pas à dire pour cela que tout ce qu'on en peut faire soit de Dieu également. En effet, toutes ces voluptés profanes des spectacles du monde, dont nous avons parlé dans un traité spécial, et l'idolâtrie elle-même, ne se soutiennent-elles pas à l'aide des créations divines ? cependant le chrétien ne doit admettre ni les fureurs du cirque, ni les férocités de l'arène, ni les infamies de la scène, sous le prétexte que les chevaux, les panthères et la voix de 1'homme sont l'œuvre de Dieu ; il ne doit pas se livrer impunément à l'idolâtrie, parce que c'est Dieu qui a créé l'encens, le vin, le feu qu'on entretient, les animaux qu'on immole comme victimes, et la matière même qu'on adore Ainsi pour ce qui touche l'emploi qu'on fait de la matière créée, toute appréciation qui s'éloigne des vues de Dieu, accuse des intentions étrangères à celles de Dieu, et coupables, puisqu'elles ne recherchent qu'une gloire mondaine.