| Index | Mots: Alphabétique - Fréquence - Inversions - Longueur - Statistiques | Aide | Bibliothèque IntraText |
| Quintus Septimius Florens Tertullianus Traité de l'ornement des femmes IntraText CT - Lecture du Texte |
VIII. Il est aisé à un homme, me direz-vous et surtout à un homme peu complaisant pour le sexe, de condamner dans les femmes ce qui peut les rendre agréables. Mais quoi ! est-ce que je ne désapprouve pas aussi dans notre sexe certaines vanités peu conformes à la gravité de la religion? car les hommes n'ont pas moins de passion de plaire aux femmes que les femmes en ont de plaire aux hommes. C'est dans les uns et dans les autres un vice que la nature leur a donné. Ainsi les hommes ont aussi leurs industries pour embellir leur personne par des beautés étudiées. Ils aiment à se faire raser, à arracher les poils de la barbe ; à friser, à agencer industrieusement leurs cheveux ; à cacher les marques de leur vieillesse et le désagrément de leurs cheveux blancs ; à donner à leur corps un air de jeunesse; à se farder même comme les femmes ; à polir délicatement leur peau avec une poudre singulière, à consulter incessamment leur miroir; quelque appréhension qu'il aient de le trouver trop fidèle : comme si la connaissance du vrai Dieu, qui nous interdit tout désir de plaire, en nous interdisant toute impureté , ne suffisait pas pour nous faire rejeter ces choses comme inutiles et contraires à la pudeur ; car où Dieu réside , là se trouve aussi la pudeur avec cette sainte gravité qui l'accompagne. Comment donc ferons-nous triompher la pureté sans ses armes, c'est-à-dire sans la modestie et la gravité? Mais aussi comment ferons-nous servir cette gravité à la pudeur, s'il ne se répand une honnête sévérité sur notre visage, sur nos habits, et sur toute notre personne ?