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| Eugène Sue Combat de Navarin IntraText CT - Lecture du Texte |
I. La veille
Par une jolie brise de sud-est, les escadres alliées croisaient devant la baie de Navarin. Tantôt on découvrait des maisons blanches, des palmiers, des terrasses ; tantôt les hauts rochers de l'île Sphactérie dérobaient à tous les yeux l'entrée du bassin où la flotte turco-égyptienne était alors mouillée ; car on voyait par instant ses mille mâts se dresser au-dessus des montagnes avec leurs pavillons rouges et leurs signaux de toutes couleurs.
Les Anglais occupaient la droite de la ligne, les Français le centre, les Russes la gauche.
Il était deux heures, et l'officier de quart à bord du vaisseau le Breslaw n'interrompait la promenade mesurée qu'il faisait sur la dunette, que pour braquer sa longue vue sur l'étroite passe de la rade. Il venait encore de regarder de ce côté avec attention, lorsqu'il aperçut que les voiles fasceillaient, et qu'on allait masquer. «Laisse arriver... laisse arriver !» cria-t-il aussitôt ; et, courant au pied du mât d'artimon, il se pencha sur la galerie qui dominait la roue du gouvernail, et s'écria, quand le mouvement fut exécuté :
«Quel est donc le butor qui est à la barre ?... Comment, c'est toi, Bouquin... toi, un de nos meilleurs timoniers !... Mais à quoi penses-tu ? - Pardon, capitaine, répondit Bouquin, mais c'est que voilà déjà trois fois que mon couteau s'ouvre tout seul, et... - Eh bien ! quoi, et ? - Et je pensais que c'est un mauvais présage, dit le vieux matelot d'un air honteux... - Maître Bouquin, vous n'êtes qu'un sot... Comment, à votre âge, avec votre expérience... croire à ces bêtises ?... - Bêtises si vous voulez, capitaine... C'est donc pour ça qu'avant Trafalgar, mon épissoir 1 est tombé deux fois sur la pointe !... - Eh bien ! demanda l'officier en souriant de l'air grave et solennel que prenait le timonier... - Eh bien, capitaine, cela ne m'annonçait rien de bon... Voyez plutôt ? dit-il, en promenant son doigt sur une bonne cicatrice qui commençait à l'oeil gauche, partageait le nez et allait se perdre dans ses épais favoris grisonnants.
- Tais-toi, vieux fou, et gouverne droit, répondit l'officier en retournant à son poste... - Eh bien ! vous verrez, capitaine ! dit tristement Bouquin, en faisant tourner la roue du gouvernail, de façon que toutes les voiles s'emplirent, et que ce vaillant vaisseau, reprenant son air, donna une légère bande sur tribord.
- Enfin ! dit l'officier, en suivant avec sa longue vue la manoeuvre d'un petit canot qui, sortant de la baie de Navarin, se dirigea vers le vaisseau amiral... Enfin, nous allons savoir du nouveau !...»
Et, de fait, au bout d'un quart d'heure, trois pavillons de couleurs différentes se hissaient à la corne de la coquette et gracieuse frégate française, qui portait si fièrement le pavillon amiral du chevalier de Rigny.
«Pilotin, cria le capitaine, prévenez l'officier de signaux.»
Le pilotin fit le salut militaire, descendit rapidement, et remonta bientôt, suivi d'un enseigne de vaisseau.
«Diable !... grande nouvelle ! dit ce dernier à son camarade, après avoir observé le signal ; tu vois, mon cher, on appelle les capitaines de vaisseaux à bord de l'amiral... Dieu veuille que ce soit pour nous donner l'ordre de combat, car nous finirons par moisir ici... Je vais toujours prévenir le commandant.»
Peu de temps après, le navire était en panne, le canot du capitaine de vaisseau se balançait au pied de l'échelle de tribord, et les canotiers, respectueusement découverts, debout, les avirons levés, attendaient cet officier supérieur ; puis, trois coups de sifflets retentirent. Le patron de l'embarcation saisit le tire-veilles qui flottait au long de l'échelle. Le commandant descendit, se plaça sur les riches tapis fleurdelisés qui couvraient l'arrière, et donna l'ordre d'aller à bord de la Syrène.
A peine cet événement avait-il été connu à bord, que les matelots s'étaient portés en foule sur le gaillard d'avant ; les officiers avaient envahi la dunette ; et les conjectures sur l'issue de l'entretien que le commandant allait avoir avec l'amiral, occupaient diversement les esprits.
«Que pensez-vous de ça, maître Bénard ? demandait un jeune quartier-maître à un grand homme sec, jaune et borgne, qui, assis sur la drôme, rendait alternativement la fumée de sa pipe par le nez et par la bouche ? - Eh donc ? mon garçon, répondit gravement ce personnage, je pense que le commandant a le cap sur la Syrène, et qu'il va probablement l'accoster tout à l'heure... Eh donc !»
Ce eh donc ! était comme une parenthèse entre laquelle le maître canonnier encadrait toutes ses phrases.
«Pardieu ! maître, répondit le jeune homme, belle malice ! c'est comme si je vous apprenais qu'une vergue de perruche est plus petite qu'une vergue de basse-voile... Je vous demande si vous croyez qu'on chatouillera la lumière de vos canons pour les faire tousser ?
- Eh donc ! mon garçon, si l'on croit ce qu'on veut, je le crois ; car, vrai, c'est dommage de laisser toutes ces braves personnes accroupies sur leur affût, ne parlant pas plus qu'une vieille femme à vêpres, eh donc !»
Et il pleurait presque, le digne homme, en montrant avec douleur la ligne de caronades muettes, qui bordait les passe-avant du vaisseau.
«C'est bien vrai, maître Bénard, c'est dommage ; car il paraît que ces caïmans de Turcs ont tout mis vent dessus, vent dedans, chez les Grecs, qui d'un autre côté sont une espèce de vermine bien malfaisante... Mais vous me direz à ça, la liberté... Car le gouvernement est dans son tort... et c'est humiliant pour un Français, de voir...
- Eh donc ! mon garçon, quand j'étais sergent aux marins de la garde, que notre brave amiral y était capitaine, on m'aurait proprement tanné le cuir, si j'avais politiqué... Eh donc ! tu politiques... Ainsi, tais-toi,... fais comme mes canons... Quand on dit feu, fais feu. Quand tu as fait feu... muet, eh donc !...
- Mais, maître Bénard, on a du sang dans les veines... on est Français... et on peut bien dire...
- Eh donc ! mords ta langue, sacrebleu, tu n'es encore qu'un mousse, et tu veux parler. Je me suis bien tu, moi ; j'étais sur le Vengeur, j'étais aux brûlots de Rochefort, j'étais en Russie, j'étais avec le brave commandant Collet, quand il a proposé à l'autre de le sauver en 1815... Eh bien, après tout cela, ils m'ont fourré sur une frégate commandée par un rentrant, qui avait été marchand de tabac pendant quinze ans, qui portait des chaussons de lisière, une queue, et qui avait l'infamie de venir sur le pont d'un navire de guerre avec un carrik jaune et un chapeau gris... Un vrai fai-chien, car un jour d'appareillage on lui demandait s'il fallait larguer les huniers... Eh bien ! il a répondu qu'il allait voir dans ses instructions si le ministre le permettait.
- Ah ! quelle farce !... ma petite soeur en ferait autant !
- Eh donc ! pourtant ce navigateur-là m'aurait ordonné de tirer sur un trois-pont et de me faire couler, j'aurais obéi sans rire et sans demander pourquoi. Ainsi, je te le répète, garçon, et écoute ceci, car c'est un problème bien connu : Ne vous inquiétez de la gargousse, que lorsqu'il faut y mettre le feu... Eh donc !
- A la bonne heure, maître ; mais c'est vexant.
- Eh donc ! fais comme moi, mon garçon, occupe-toi... Est-ce que j'ai le temps de politiquer, moi ; je pense à ma famille.
- Mais vous n'êtes pas marié, maître Bénard !
- Eh donc ! je te parle de mes canons. Tiens, mes grosses pièces de trente six, je les appelle les papas ;... mes petites pièces de dix-huit, les enfants, et mes jolies caronades, les mamans... Vois comme c'est sage, rangé, posé, soigné ; c'est pas ça qui politiquerait... Ah ! si le bon Dieu était juste, il leur donnerait de la besogne... Eh donc, tu les verrais, garçon ;... tu les verrais ! dit le maître en roulant son oeil unique, qui brillait comme une étoile. Mais, reprit-il, voilà le commandant qui rallie le bord ; nous allons savoir quelle est la brise qui souffle.»
Le commandant arriva sur le pont ; son air était radieux, et il portait quelques papiers à la main : «Monsieur, dit-il au capitaine de frégate en entrant chez lui, faites assembler l'état-major dans la chambre du conseil.
- Bon, nous allons rire ! dit maître Bouquin en portant ses yeux de la boussole aux voiles et des voiles à la boussole.»
Rien n'avait positivement transpiré sur les projets de l'amiral, et pourtant, une heure après l'issue du conseil, tout était dans l'agitation à bord du Breslaw ; le calme et le silence ordinaires avaient fait place à une sorte de joie frénétique ; on se serrait la main, on riait, on blasphémait le plus gaîment du monde ; les apprentis matelots surtout ne se possédaient pas.
«Eh bien ! dit un tout jeune homme, à l'oeil brillant, au teint coloré, en s'approchant de maître Bénard ; eh bien, maître, ça va chauffer... demain. Je donnerais deux mois de paye pour y être déjà ; et vous ! - Moi, dit gravement le canonnier ; eh donc, j'aime mieux ça qu'un coup de vent.» Et il se remit à mâcher son tabac, car la réserve et la gravité des vieux marins contrastaient singulièrement avec la guerrière effervescence des novices. Ce n'était cependant pas sans une sorte de satisfaction, que les anciens souriaient à ce jeune enthousiasme naissant à l'idée d'un premier combat ; mais habitués dès longtemps à de telles affaires, ils savaient aussi que cette exaspération momentanée ferait bientôt place à des pensées plus sérieuses.
Les batteries furent dégagées des chambres, des cuisines, des cabanes et de tous les emménagements temporaires qu'on avait pu établir ; on doubla les suspentes des basses vergues avec des chaînes de fer ; les hunes furent garnies de pierriers et d'espingoles ; on prit enfin toutes les mesures nécessaires en cas de combat.
L'exaltation des apprentis marins avait encore été augmentée, s'il est possible, par ces manoeuvres rapides, ces travaux violents et insolites ; mais lorsque tout fut fait, lorsqu'un peu de repos eut calmé cette fièvre ardente, on put s'apercevoir d'un curieux changement dans le moral d'une partie de l'équipage : les vieux marins conservaient cette expression d'insouciance et de fermeté qui leur est habituelle, mais les jeunes gens devinrent silencieux, pensifs ; ils s'isolèrent, en recherchant cette solitude que l'on trouve même sur un vaisseau. Alors, ce fut au pays qu'ils rêvèrent, puis à leurs affections, à leurs projets ; alors seulement, ils purent songer aux chances d'un combat qu'ils allaient affronter bravement, mais ce ne fut pas la crainte qui éteignit leur gaîté, non, ce fut la préoccupation mélancolique et religieuse que l'on éprouve quand on doit assister pour la première fois à une affaire décisive.
Le commandant, qu'une longue et glorieuse carrière militaire avait mis à même de connaître parfaitement cette admirable classe d'hommes, monta sur la dunette, et après une courte et énergique allocution : «Eh bien ! mes enfants, leur dit-il, est-ce que nous ne dansons pas ce soir ? c'est pourtant le moment. Allons, allons, une ronde... Messieurs les officiers, donnez l'exemple...»
A ces mots, la joie renaît sur toutes ces figures assombries ; on monte des fanaux sur le pont, car la nuit était venue ; on se prend par la main, et matelots, maîtres, officiers, sans distinction de rangs, se prennent à danser sur le gaillard d'arrière du vaisseau. On chante des airs de France, des chansons de France, des refrains de France ; et c'était chose bizarre que de voir douze cents hommes qui allaient le lendemain courir à d'affreux périls, tournoyer avec gaîté sur une planche qui les séparait de l'abîme, et préluder à un effrayant combat naval par une valse joyeuse et folle. Il y avait enfin je ne sais quel vivant souvenir du pays, dans ces chants nationaux, dans ces airs de nos fêtes, qui se perdaient à travers l'immensité, et allaient mourir aux oreilles des amiraux d'Ibrahim.
Au bout de deux heures, le commandant, ne voulant pas laisser trop fatiguer ces hommes, qui avaient besoin de toutes leurs forces et de toute leur énergie pour le lendemain, donna le signal de la retraite. On fit l'appel, et chacun prenant son hamac, descendit dans les batteries, et se suspendit à sa place habituelle.
Quelque temps encore, on put entendre des rires étouffés, d'énergiques saillies, de bons mots de corps de garde, de longues discussions sur le courage des Égyptiens, sur la manière d'éviter les brûlots... Puis, peu à peu toutes les voix se turent, et le plus profond silence régna sur le vaisseau, qui naviguait sous une petite voilure en attendant le jour.
A ce tumulte bruyant et animé succédait un calme imposant ; chaque officier était descendu dans sa chambre étroite, obscure. Là vinrent aussi éclore les pensées mélancoliques.
Alors, chacun regarde avec amour ce réduit où se sont passées tant d'heures de molles rêveries, de délicieuse paresse, où sont éclos tant de brillants et fantastiques projets. L'un ouvre son bureau et relit encore une fois les lettres d'un vieux père, d'une maîtresse, d'une soeur. L'autre pense longtemps au passé, peu au présent et pas à l'avenir ; il étouffe un soupir de regret, chasse un noir pressentiment, et écrit quelques lignes à la hâte. Ce sont les dernières dispositions, les derniers voeux d'un soldat mourant ; c'est une prière, un mot d'adieu... un souvenir pour une femme, pour une mère... qu'on remettra à un ami dans le cas où l'on serait tué... Et l'on s'endort, et l'on dort bien, parce qu'avant tout on est homme de courage, parce qu'on a payé sa dette à la nature, à un sentiment vrai, et que le lendemain, au bruit du tambour, il faut être inflexible, froid et dur ; et qu'au milieu des éclats de mitraille, du sifflement des boulets, du craquement des mâts et des cris des mourants, il reste peu de place dans le coeur, pour un sentiment tendre, pour une fraîche pensée d'amour. Ceux-ci du moins peuvent, pendant ces longs quarts qui précèdent le combat, évoquer de riantes images, et vivre quelques heures encore de cette vie de douces fictions ; mais celui sur qui pèse une immense responsabilité ? l'amiral ? oh ! celui-là est bien malheureux, car il n'a pas une pensée à donner à sa vie intérieure, un battement de coeur à ses émotions d'homme ! Dans le silence et la méditation, il lui faut calculer les mille chances d'une bataille meurtrière, les mouvements de l'escadre qu'il commande ; il lui faut de l'audace pour concevoir, du sang-froid pour exécuter. Il ne dort pas, lui, il veille pour tous, car tous sommeillent tranquilles à l'abri de son nom. Aussi, à travers les deux fenêtres de l'arrière de la Syrène, on put voir, à la lueur d'une lampe, un homme, jeune encore, les yeux fixés avec une attention dévorante sur un plan de combat, sourire, et marquer avec égoïsme le poste de sa frégate protégée, au plus fort du péril.
Une autre scène se passait sur l'avant du Breslaw, maître Bouquin et maître Bénard étaient assis chacun sur le bord d'une petite couchette qui bordait leur cabane commune ; entre eux étaient une bouteille et des gobelets de ferblanc.
«Ainsi, c'est convenu, Bénard, dit Bouquin... Dans le cas où je serais dératingué...
- Eh donc ! matelot, je prends Misère avec moi, et, à mon arrivée à Brest, je me marie avec ton épouse... Eh donc !
- Ça t'embêtera peut-être ?...
- Oui, mais une fois marié, je prends de l'air.... Eh donc ! je lui assure ma pension de retraite, pour qu'elle puisse ronger autre chose qu'un vieux felin,... et chasse....
- C'est tout de même délicat de ta part...
- Eh donc ! mon vieux,... t'as presque toujours navigué au commerce, t'as pas droit à une pension ; moi, j'y ai droit, je ne suis pas marié... Si je crève, c'est le ministre qui en profiterait... Eh donc ! vaut mieux que ce soit ton épouse...
- Merci,... Bénard... Tiens, c'est étonnant, je ne peux pas surmonter ça ;... je suis sûr de filer mon câble demain ; deux fois mon couteau s'est ouvert tout seul... Hein ?
- Eh donc ! c'est pas pour t'effrayer, mais c'est pas rassurant...
- Enfin, Dieu est Dieu, mais ça me vexe pour Misère...
- J'en aurai soin... Eh donc ! je te le promets...
- Pauvre petit !... regarde comme il dort...»
Et les deux marins s'approchèrent doucement d'un hamac suspendu dans un coin de la cabane : là, un enfant de dix ans, qui paraissait grêle et chétif, dormait paisiblement ; mais son sommeil, sa figure avait même une expression de douleur et de tristesse, singulière pour un âge aussi tendre...
Maître Bouquin le considéra un instant en silence ;... puis ses yeux se mouillèrent et une larme roula sur la joue de son fils.
«Tiens, dit-il en s'essuyant du revers de sa grosse main goudronnée, je ne suis pas un lâche... Eh bien, Bénard, je voudrais que ce combat n'eût pas lieu...
- Eh donc !... est-ce que je ne suis pas là ?... Matelot ! s'écria Bénard en se jetant dans les bras de Bouquin, et fermant son oeil unique pour qu'il ne vît pas qu'il pleurait aussi...
- C'est égal, Bénard,... mon bon matelot ;... c'est égal... je ne suis pas tranquille !... Ça t'est bien aisé à dire, toi qui es sûr de n'y pas laisser ta peau à cette chienne de danse.
- Ça, c'est vrai, j'ai soufflé trois fois mon fanal, et trois fois je l'ai rallumé en le levant en l'air... Ainsi, je suis sûr de rester. Alors, qu'est-ce que t'as à craindre ?
- Pauvre Misère ! dit Bouquin ; encore, s'il était fort comme les autres mousses ! mais non, si souffrant, si malingre... Quand j'ai le dos tourné, ils le battent tous... Pauvre enfant !... va ! tu es bien nommé Misère...» et il le couvrit soigneusement avec sa veste et sa grosse houpelande de matelot. «Enfin, mon vieux Bénard, adieu et merci, si je ne te revois pas après le bastringue.»
Et ces deux hommes s'embrassèrent cordialement ; après quoi ils s'étendirent sur leur couchette en attendant le point du jour ; car on devait entrer de vive force dans la rade, au lever du soleil.