46. Vénérables
Frères, si l'oubli de la loi de charité universelle, qui seule peut consolider
la paix en éteignant les haines et en atténuant les rancœurs et les
oppositions, est la source de maux très graves pour la pacifique vie en commun
des peuples, il est une autre erreur non moins dangereuse pour le bien-être des
nations et la prospérité de la grande société humaine qui rassemble et embrasse
dans ses limites toutes les nations: c'est l'erreur contenue dans les
conceptions qui n'hésitent pas à délier l'autorité civile de toute espèce de
dépendance à l'égard de l'Etre suprême, cause première et maître absolu, soit
de l'homme soit de la société, et de tout lien avec la loi transcendante qui
dérive de Dieu comme de sa première source. De telles conceptions accordent à
l'autorité civile une faculté illimitée d'action, abandonnée aux ondes changeantes
du libre arbitre ou aux seuls postulats d'exigences historiques contingentes et d'intérêts s'y rapportant.
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