69. Aujourd'hui,
Vénérables Frères, tous observent avec effroi l'abîme où ont mené les erreurs
que nous
venons de dépeindre, avec leur mise en pratique et
leurs conséquences. Elles sont tombées, les
orgueilleuses illusions sur un progrès indéfini, et
celui qui ne serait pas réveillé encore, le tragique présent le secouerait avec
les paroles du prophète: Sourds, entendez, et aveugles, regardez (Is., XLII,
18). Ce qui semblait extérieurement de l'ordre n'était que désordre envahissant
: bouleversement dans les règles de la vie morale, lesquelles s'étaient
détachées de la majesté de la loi divine et avaient corrompu tous les domaines
de l'activité humaine. Mais laissons le passé et
tournons les yeux vers cet avenir, qui, selon les promesses des puissants de ce
monde, au lendemain des luttes sanglantes d'aujourd'hui, consistera en un
nouvel ordre fondé sur la justice et sur la prospérité. Cet avenir sera-t-il vraiment différent, sera-t-il
surtout meilleur ? Les traités de paix, le nouvel
ordre international à la fin de cette guerre, seront-ils animés de justice et
d'équité envers tous, de cet esprit qui délivre et pacifie, ou seront-ils une
lamentable répétition des erreurs anciennes et récentes ?
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