87. L'Eglise prêche
et inculque l'obéissance et le respect envers l'autorité terrestre, qui tient
de Dieu sa noble origine; elle s'en tient à l'enseignement du divin Maître qui
a dit : Rendez à César ce qui est à César (Matth., XXII, 21) ; elle n'a pas de
visées d'usurpation et chante dans sa liturgie: non eripit mortalia, qui regna
dat caelestia. (Hymne de la fête de l'Epiphanie.) Elle
ne débilite pas les énergies humaines, mais les élève à tout ce
qui est magnanime et généreux, et forme des caractères qui ne transigent pas
avec la conscience. Ce n'est pas à elle, qui a civilisé les peuples, qu'on reprochera d'avoir
retardé l'humanité dans la voie du progrès, dont au contraire elle se félicite et se réjouit avec une
maternelle fierté. Le but de son activité a été merveilleusement exprimé
par les anges sur le berceau du Verbe incarné, quand ils
chantèrent: Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux
hommes de bonne volonté. (Luc., II, 14.) Cette paix,
que le monde ne peut donner, a été laissée comme un héritage à ses disciples
par le divin Rédempteur lui-même: Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix
(Io, XIV, 27), et c'est en suivant la sublime doctrine du Christ, résumée par
lui-même dans le double précepte de l'amour de Dieu et du prochain, que des
millions d'âmes l'ont obtenue, l'obtiennent et l'obtiendront. Depuis bientôt
deux mille ans, l'histoire - si sagement appelée par un grand orateur romain magistra
vitae (Cic., Orat., I, II, IX) - démontre à quel point est vraie la parole de
l'Ecriture, qu'il n'y aura jamais de paix pour celui qui résiste à Dieu (Job.,
IX, 4.) Car seul le Christ est la " pierre angulaire ". (Eph., II,
20), sur laquelle l'homme et la société peuvent
trouver stabilité et salut.
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