90. Vénérables
Frères, l'heure à laquelle vous parvient Notre première Encyclique est, à bien
des égards, une véritable hora tenebrarum (cf. Luc, XXII, 53), où l'esprit de
la violence et de la discorde verse sur l'humanité la sanglante coupe de
douleurs sans nom. Est-il nécessaire de vous assurer que Notre cœur paternel,
dans son amour compatissant, est tout près de ses fils, et plus spécialement de
ceux qui sont éprouvés, opprimés, persécutés ? Les
peuples entraînés dans le tragique tourbillon de la guerre n'en sont peut-être
encore qu'au commencement des douleurs (Matth., XXIV,
8) ; mais déjà dans des milliers de familles règnent la mort et la désolation,
les lamentations et la misère. Le sang d'innombrables êtres humains, même non
combattants, élève un poignant cri de douleur, spécialement sur une nation
bien-aimée, la Pologne qui, par sa fidélité à l'Eglise, par ses mérites dans la
défense de la civilisation chrétienne, inscrits en caractères indélébiles dans
les fastes de l'histoire, a droit à la sympathie humaine et fraternelle du
monde, et attend, confiante dans la puissante intercession de Marie Auxilium
Christianorum, l'heure d'une résurrection en accord avec les principes de la
justice et de la vraie paix.
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