91. Ce qui vient
d'arriver, et ce qui arrive encore, apparaissait à Notre regard comme une
vision quand, toute espérance n'ayant pas encore disparu, Nous n'avons rien
omis de ce que Nous pouvions tenter, dans la forme que Nous suggéraient Notre
ministère apostolique et les moyens à Notre disposition, pour empêcher le
recours aux armes et maintenir ouverte la voie vers une entente honorable pour
l'une et l'autre partie. Convaincu qu'à l'emploi de la force par l'une d'elles
aurait répondu le recours aux armes par l'autre, Nous avons considéré comme un
devoir - auquel Nous ne pouvions Nous soustraire - de Notre ministère
apostolique et de l'amour chrétien, de mettre tout en œuvre pour épargner à
l'humanité entière et à la chrétienté les horreurs d'une conflagration
mondiale, même au risque de voir Nos intentions et Nos buts mal compris. Nos
avertissements, s'ils furent respectueusement écoutés, ne furent pourtant pas
suivis. Et tandis que Notre cœur de pasteur observe, douloureux et préoccupé,
voilà que surgit devant Nos yeux l'image du Bon Pasteur, et il Nous semble que
Nous devons répéter au monde en son nom la plainte :
Si tu savais... ce qui peut t'apporter la paix ! Mais non, cela est maintenant
caché à tes yeux ! (Luc, XIX, 42.).
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