24. Le temps actuel,
Vénérables Frères, ajoutant aux déviations doctrinales du passé de nouvelles
erreurs les a poussées à des extrémités d'où ne pouvaient s'ensuivre
qu'égarement et ruine. Et avant tout il est certain
que la racine profonde et dernière des maux que Nous déplorons dans la société
moderne est négation et le rejet d'une règle de moralité universelle, soit dans
la vie individuelle, soit dans la vie sociale et dans les relations
internationales: c'est-à-dire la méconnaissance et l'oubli, si répandus de nos
jours, de la loi naturelle elle-même, laquelle trouve son fondement en Dieu,
créateur tout-puissant et père de tous, suprême et absolu législateur,
omniscient et juste vengeur des actions humaines. Quand Dieu est renié, toute
base de moralité s'en trouve ébranlée du même coup, et l'on voit s'étouffer ou
du moins s'affaiblir singulièrement la voix de la nature, qui enseigne même aux
ignorants et aux tribus non encore arrivées à la civilisation ce qui est bien
et ce qui est mal, le licite et l'illicite, et fait sentir à chacun la
responsabilité de ses actions devant un juge suprême.
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