73. Que si nous comparons le Corps mystique avec
ce qu'on appelle corps moral, il faut alors remarquer que la différence est
grande, et même d'importance et de gravité extrêmes. Dans le corps moral en
effet, il n'y a pas d'autre principe d'unité que la fin commune et, au moyen de
l'autorité sociale, la commune poursuite de cette même fin; dans le Corps
mystique dont Nous parlons, au contraire, à cette commune poursuite s'ajoute un
autre principe intérieur qui, existant vraiment dans tout l'organisme aussi
bien que dans chacune des parties, et y exerçant son activité, est d'une telle
excellence que, par lui-même, il l'emporte sans aucune mesure sur tous les
liens d'unité qui font la cohésion d'un corps physique ou social. Ce principe,
Nous l'avons dit, n'est pas de l'ordre naturel, mais surnaturel; bien mieux,
c'est en lui-même quelque chose d'absolument infini et incréé, à savoir
l'Esprit de Dieu qui, selon saint Thomas, " un et unique, remplit toute
l'Eglise et en fait l'unité "116.
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