76. C'est pourquoi Nous déplorons et Nous
condamnons l'erreur funeste de ceux qui rêvent d'une prétendue Eglise, sorte de
société formée et entretenue par la charité, à laquelle - non sans mépris - ils
en opposent une autre qu'ils appellent juridique. Mais c'est tout à fait en
vain qu'ils introduisent cette distinction: ils ne comprennent pas, en effet,
qu'une même raison a poussé le divin Rédempteur à vouloir, d'une part, que le
groupement des hommes fondé par lui fût une société parfaite en son genre et
munie de tous les éléments juridiques et sociaux, pour perpétuer sur la terre
l'œuvre salutaire de la Rédemption123; et, d'autre part, que cette
société fût enrichie par l'Esprit Saint, pour atteindre la même fin, de dons et
de bienfaits surnaturels. Le Père éternel a voulu qu'elle fût le royaume de son
Fils bien-aimé124; mais pourtant un royaume où tous les croyants
feraient un hommage parfait de leur intelligence et de leur volonté125,
et se conformeraient avec humilité et soumission à Celui qui pour nous s'est
fait obéissant jusqu'à la mort126. Il ne peut donc y avoir aucune
opposition, aucun désaccord réels entre la mission dite invisible du Saint
Esprit et la fonction juridique, reçue du Christ, des Pasteurs et des Docteurs;
car - comme en nous le corps et l'âme - elles se complètent et s'achèvent
mutuellement, elles proviennent d'un seul et même Sauveur, qui n'a pas
seulement dit en insufflant l'Esprit divin : Recevez le
Saint-Esprit127, mais qui a encore ordonné hautement et clairement:
Comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie128 et Celui qui vous
écoute, m'écoute129.
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