96. Ce que Nous avons exposé jusqu'ici de cette
très étroite union du Corps mystique du Christ avec son Chef Nous semblerait
incomplet si Nous n'ajoutions au moins quelques mots sur la sainte Eucharistie,
par laquelle une telle union trouve comme son sommet en cette vie
mortelle. Car, par la volonté du Christ Notre-Seigneur, ce lien
admirable, qu'on n'exaltera jamais assez, qui nous unit entre nous et avec
notre divin Chef, est manifesté d'une manière spéciale aux fidèles par le
Sacrifice eucharistique. Là, en effet, les ministres sacrés ne tiennent pas
seulement la place de notre Sauveur, mais de tout le Corps mystique et de
chacun des fidèles; là encore, les fidèles eux-mêmes, unis au prêtre par des
vœux et des prières unanimes, offrent au Père Eternel l'Agneau immaculé, rendu
présent sur l'autel uniquement par la voix du prêtre; ils le lui offrent par
les mains du même prêtre, comme une victime très agréable de louange et de
propitiation, pour les nécessités de toute l'Eglise. Et de même que le divin
Rédempteur mourant sur la Croix s'est offert, comme Chef de tout le genre
humain, au Père Eternel, ainsi, en cette offrande pure164, non
seulement il s'offre comme Chef de l'Eglise, au Père céleste, mais en lui-même
il offre aussi ses membres mystiques, puisqu'il les renferme tous, même les
plus faibles et les plus infirmes, dans son Cœur très aimant.
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