111. Il faut donc que nous soient très chers, non
seulement les sacrements dont nous sommes nourris par cette pieuse Mère, non
seulement les solennités où elle nous console et nous réjouit, les chants
sacrés et les rites liturgiques par lesquels elle élève nos âmes vers les
choses du ciel, mais encore les sacramentaux et tous ces différents exercices
de piété par lesquels elle pénètre suavement de l'esprit du Christ et console
l'âme des fidèles. Nous avons le devoir non seulement de répondre, en bons
fils, à son affection maternelle, mais aussi de révérer en elle l'autorité
reçue du Christ qui assujettit nos intelligences à l'obéissance du Christ180;
nous devons enfin obéir à ses lois et à ses préceptes moraux parfois assez
pénibles à notre nature déchue de l'innocence première ; de même, dompter notre
corps rebelle par une pénitence volontaire; bien plus, il nous est recommandé
de nous interdire parfois des plaisirs qui n'ont par ailleurs rien de coupable.
Et il ne suffit pas d'aimer ce Corps mystique en raison du Chef divin et des
célestes privilèges qui en font la gloire; il faut l'aimer également d'une
ardeur efficace, tel qu'il se manifeste dans notre chair mortelle, constitué
comme il l'est d'éléments humains et débiles, même si parfois ceux-ci sont
indignes de la place qu'ils occupent dans ce Corps vénérable.
|