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4 - LES
ERREURS AU SUJET DE LA LIBERTÉ DE DIFFUSION
Mais il
est contraire à la doctrine chrétienne et aux fins supérieures des techniques
de diffusion de prétendre en réserver l'usage exclusif à des buts politiques et
de propagande, ou de considérer une si noble chose comme une pure affaire économique.
On ne
peut non plus accepter la théorie de ceux qui, malgré les ruines morales et
matérielle évidentes causées dans le passé par de semblables doctrines,
défendent la "liberté d'expression" non pas dans le sens véritable
que Nous avons indiqué ci-dessus, mais comme la liberté de diffuser sans aucun
contrôle tout ce que l'on veut, fût-ce immoral et dangereux pour les âmes.
L'Eglise,
qui protège et appuie le développement de toutes les vraies valeurs
spirituelles, -- aussi bien les sciences que les arts l'ont eue pour Patronne
et pour Mère, -- ne peut permettre que l'on attente aux valeurs qui ordonnent
l'homme vers Dieu, sa fin dernière. Personne ne doit donc s'étonner que dans
cette matière qui demande, elle aussi, beaucoup de prudence, Elle prenne une
attitude de vigilance, conforme à la recommandation de l'Apôtre: "Eprouvez
toutes choses; retenez ce qui est bon; abstenez-vous de toute apparence de
mal".20
Il faut donc condamner ceux qui osent
affirmer qu'une forme déterminée de diffusion peut être exploitée, mise en
valeur et exaltée, même si elle manque gravement à l'ordre moral, pourvu
qu'elle ait une valeur artistique et technique. "Il est vrai que l'art. --
comme Nous l'avons rappelé à l'occasion du 5 centenaire de la mort de
l'Angelico -- pour être tel, ne doit pas nécessairement remplir une mission
éthique ou religieuse explicite, mais si le langage artistique s'adaptait, dans
ses paroles et ses cadences, à des esprits faux, vides et troubles,
c'est-à-dire s'écartant du dessein du Créateur, si, au lieu d'élever l'esprit
et le coeur à de nobles sentiments, il excitait les passions les plus
vulgaires, il trouverait le plus souvent un accueil favorable, ne fût-ce qu'en
vertu de la nouveauté, qui n'est pas toujours une valeur, et de la faible part
de réel que tout langage contient; mais un tel art se dégraderait, en reniant
son aspect primordial et essentiel, et il ne serait pas universel et éternel
comme l'esprit humain auquel il s'adresse".21
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