|
5 - DEVOIRS
DES POUVOIRS PUBLICS ET DES GROUPES PROFESSIONNELS
L'autorité
civile est gravement tenue de veiller sur ces nouvelles techniques; mais cette
attention ne peut se limiter à la défense des intérêts politiques elle doit
aussi sauvegarder la morale publique basée sur la loi naturelle qui, selon le
Sainte Ecriture, est écrite dans tous les coeurs.22
Cette même
vigilance de l'Etat ne peut être considérée comme une injuste oppression de la
liberté individuelle, car elle concerne non les personnes mais avant tout la
société à laquelle ces techniques s'adressent.
"Il est
bien vrai que l'esprit de notre temps -- comme Nous l'avons dit dans une autre
occasion -- susceptible plus qu'il ne convient au sujet de l'intervention des
pouvoirs publics, préfèrerait une défense qui partît directement de la
collectivité";23 mais cette intervention sous forme de contrôle
exercé par les groupes professionnels intéressés eux-mêmes, ne supprime pas le
devoir de vigilance de la part des autorités compétentes, même s'il peut
heureusement prévenir leur intervention et éviter des inconvénients d'ordre
moral.
C'est pourquoi,
sans préjuger de la compétence de l'Etat, Notre Prédécesseur d'heureuse mémoire
et Nous-même avons encouragé l'action préservative des groupes professionnels.
Seul un intérêt
positif et solidaire pour les techniques de diffusion et leur bon usage, aussi
bien de la part de l'Eglise que de celle de l'Etat et de la profession,
permettra aux techniques elles-mêmes de devenir des instruments constructifs de
formation pour la personnalité de qui en use, tandis que si elles sont laissées
sans contrôle ou direction précise, elles favoriseront l'abaissement du niveau
culturel et moral des masses.
|