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Paraissent plusieurs
familiers du Saint-Office, tous vêtus de
noir et masqués; l'un d'eux, qui regarde avec
étonnement et
curiosité autour de lui, remet une bourse pleine d'or à l'un
de ses compagnons. Celui-ci se hâte de la cacher en
recommandant à l'inconnu de ne pas le trahir.
L'inconnu se
tient debout à gauche au milieu d'un groupe de familiers,
pendant que d'autres officiers du SaintOffice amènent par la
droite Dom Sébastien.
JUAM DE SYLVA
(adressant la parole à Dom Sébastien)
Toi qui, par un menzogne impie et téméraire,
venais semer chez nous la discorde et la guerre,
quel est ton nom?
DOM SEBASTIEN
(se couvrant)
Avant de répondre, dis-moi
qui t'a permis d'interroger ton roi!
(se retournant avec noblesse vers l'assemblée)
Je le suis!... Je l'atteste! Et ne peux
reconnaître
à vous, sujets, le droit de juger votre maître!
JUAM DE SYLVA
Réponds!
DOM SEBASTIEN
Permis à vous, qui m'osez enchaîner...
JUAM DE SYLVA
De te condamner...
DOM SEBASTIEN
Non! Mais de m'assassiner...
JUAM DE SYLVA
C'est s'avouer coupable!
DOM SEBASTIEN
(se levant)
Et ton orgueil m'enseigne
qu'en effet je le fus, et d'un crime bien grand;
c'est d'avoir, sous mon règne,
laissé vivre un seul jour ce tribunal de sang!
(se rasseyant)
Je ne répondrai plus!
JUAM DE SYLVA
Le cours de la justice
au gré de l'accusé serait-il suspendu?
Un témoin se présente et doit être entendu!
(montrant Dom Sébastien)
Il prétend démasquer la ruse et l'artifice,
qu'il vienne!
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