Scène V. Les mêmes; Camoëns, paraissant à la fenêtre, à gauche
CAMOENS
Du silence!
Les destins sont changés; renais à l'espérance,
ô mon maître! ... A ma voix, tout un peuple indigné,
pour délivrer son roi vers ces remparts s'élance!
ZAYDA
Et ce titre... Il
l'abdique... Oui, sa main l'a signé...
pour préserver mes jours!...
CAMOENS
(avec indignation)
Ah! promesse usurpée!...
Qu'arrache la contrainte et que brise l'épée!
(au roi)
De garde à cette tour, un de tes vieux soldats
t'offre, pour te sauver, et son coeur et son bras.
ZAYDA
Oui, la victoire ou le trépas!
CAMOENS, DOM SEBASTIEN et ZAYDA
(à demi-voix)
De la prudente et du mystère,
du sort nous braverons les coups;
car Dieu nous guide et nous éclaire,
et l'amitié veille sur nous!
CAMOENS
A ce balcon, une échelle attachée...
Et du pied de la tour une barque approchée,
vont nous conduire à l'autre bord,
auprès de nos amis!... Partons!
ZAYDA
(les retenant)
Non, pas encore!
CAMOENS
Qu'avez-vous?
ZAYDA
(écoutant)
Du silente... Il me semblait...
CAMOENS
Eh bien?
ZAYDA
(montrant la porte à droite)
Que l'on marchait de ce côté.
CAMOENS
Non... Rien!
CAMOENS, DOM SEBASTIEN et ZAYDA
De la prudence et du mystère,
du sort nous braverons les coups;
car Dieu nous guide et nous éclaire,
et l'amitié veille sur nous!
Ils disparaissent par le balcon à gauche.
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