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| Quintus Septimius Florens Tertullianus Traité du baptême IntraText CT - Lecture du Texte |
XI. Quelqu'un dira peut-être : le Seigneur est venu sans qu'il ait néanmoins baptisé ; car nous lisons, « ce n'était pas cependant Jésus qui baptisait, c'étaient seulement ses disciples29. » Il semble pourtant qu'il avait été prédit par Jean que Jésus baptiserait lui-même de ses propres mains. Je réponds que les paroles de Jean doivent être étendues selon une manière de parler assez commune.[p134] On dit, par exemple, l'empereur a publié un édit ; le gouverneur a fait souffrir la flagellation à un tel. Est-ce que l'empereur publie lui-même ? est-ce que le gouverneur donne lui-même les coups ? Le maître est toujours censé agir, lorsque ses gens exécutent ses ordres. C'est de la même sorte qu'il faut expliquer ces paroles : Il vous baptisera, c'est-à-dire, vous serez baptisés ou par lui ou en lui30. Quelques autres seront encore surpris que Jésus-Christ ne baptisât pas lui-même ; mais quel aurait pu être son baptême? Eût-ce été celui de la pénitence? Qu'aurait-il eu affaire de précurseur? Eût-ce été un baptême pour la rémission des péchés? mais il ne lui en coûterait qu'un mot pour les remettre. Eût-ce été un baptême administré en son propre nom? il prenait trop de soin de se cacher sous le voile de l'humilité. Enfin, aurait-il baptisé dans le Saint-Esprit? lorsque cet Esprit n'était pas encore descendu du Père; ou au nom de l'Église? quand les apôtres n'avait pas encore commencé de la former. C'étaient donc les apôtres qui baptisaient en qualité de ministres de Jésus, ainsi que son précurseur l'avait fait auparavant; et ils ne conféraient que le baptême de Jean ; on ne doit pas s'imaginer qu'ils en donnassent un autre ; car il n'y en a point d'autre que celui que Jésus-Christ institua ensuite , et qui ne pouvait encore alors être administré par les disciples, puisque le Seigneur n'était point parvenu au plus haut degré de sa gloire, et qu'il n'avait pas encore établi l'efficacité du baptême sur sa passion et sur sa résurrection. Or notre mort ne devait être détruite que par sa passion, et notre vie rétablie que par sa résurrection.