1880-mouto | murs-vraim
Partie
1 I | écriture.~Un soir d'octobre 1880, je me promenais par les
2 | 4
3 II | suis-je voulu avant d'être ? Y a-t-il eu un moment où j'existais
4 II | trompe, s'il croit réaliser l'abnégation. Pas de sensation qui ne
5 III| assis dans mon fauteuil d'acajou à clous dorés, au velours
6 II | devrait les féconder en s'accouplant avec elles ; et le phénomène,
7 I | locataires des chambres voisines, accourus en chemise, le combattaient
8 II | que je les vois. Je n'en accuse que moi-même, ou le destin.~*~**~
9 II | faisant le bien ?~*~**~Tout acte est vain dans son mobile :
10 II | indifférents et que les actes sont inutiles, tout est
11 II | amoureux ? je ne sais. Tous ces actes-là sont bien d'un amoureux
12 II | objet : car nous sommes actifs dans la sensation, quoi
13 II | assez bon poour que son action fût toujours utile à ceux
14 II | sentiments qui font mes actions, et ce n'est pas moi qui
15 II | pensées se querelle et m'admire. Je parle de lui à tout
16 II | ne sais. Assurément son affection n'y parviendrait pas ; elle
17 I | était, nous expliqua-t-il, agenouillé sur un tapis, devant le
18 II | Je le regarde vivre et agir avec une curiosité indifférente.
19 II | résultat. Sans doute, je n'agis que par vanité, et je suis
20 I | des ombres bizarres s'y agitaient, et j'entendais un tumulte
21 II | tombés sur le dos ? Ils agitent désespérément les pattes
22 | Ah
23 II | malgré moi, et sans que je l'aie voulu. Il a de naissance
24 III| revu depuis ce temps-là. D'ailleurs, je l'ai peu regretté ;
25 II | aimer. Ne pas pouvoir être aimé de celle-ci, ce serait encore
26 II | songe. Mais, que diable ! j'aimerais encore mieux n'avoir pas
27 | air
28 | ait
29 II | incident extérieur ne peut ajouter à l'ennui que me donne ma
30 III| le garçon (qui se nommait Alexandre et qui nous servait fort
31 III| les notes de notre ami. J'allai jusqu'au bout : c'était
32 | aller
33 III| étranges serpents de fer s'allongeant pour boire côte à côte à
34 I | chose de hagard, et dans l'allure quelque chose d'abandonné.
35 II | durant deux heures, passant alternativement du genou gauche sur le droit,
36 II | avoir, - quelle année nous amènera le 4 août où vous déposerez
37 II | chose, et ce serait de m'amuser plus souvent. ~*~**~Celui-ci
38 II | ennuis que me procure l'analyse de mes petitesses morales.
39 II | moins, les privilégiés de l'ancien régime ont eu un bon mouvement :
40 II | moi d'en avoir, - quelle année nous amènera le 4 août où
41 I | à Caen, il y a quelques années, que j'ai connu l'auteur
42 | ans
43 II | année nous amènera le 4 août où vous déposerez votre
44 I | On se coudoyait dans l'apaisement du soir. Çà et là des bourgeois
45 I | coude, je ne pouvais encore apercevoir sa maison ; mais je voyais
46 II | désirant tout le mal. Il ne s'aperçoit pas de mon égoïsme ; il
47 I | ramassé sur le tapis sans être aperçu. Vers ou prose, ce devait
48 III| apprit ce qu'on a coutume d'appeler une triste nouvelle. D'après
49 II | Voici un personnage que j'appelle «moi», mais qui existe malgré
50 II | par hasard, je la vois appliquée. M. Leconte de Lisle a du
51 II | se flatter de rien ôter d'appréciable à la somme du mal universel.
52 III| nous servait fort bien) m'apprit ce qu'on a coutume d'appeler
53 II | arrêter», me dit mon guide Aristote. Hé, mon ami, puisqu'il
54 I | demandèrent du feu, et je m'arrêtai pour les satisfaire. Je
55 I | le long des trottoirs, s'arrêtant ici et là sous le gaz des «
56 III| pensionnaires de la table.~J'arrivai à l'hôtel, et je commençai
57 | as
58 II | ainsi cruel à l'égal d'un assassin ?~*~**~Il est des heures
59 III| de mieux à faire. J'étais assis dans mon fauteuil d'acajou
60 II | toujours inquiet ? Je ne sais. Assurément son affection n'y parviendrait
61 II | douce. Il me semble qu'on s'attache ainsi plus encore au jeune
62 II | il y a d'égoïsme dans cet attachement maladif : s'il mourait,
63 III| mon repas. Au moment où j'attaquais l'inévitable ragoût de mouton,
64 II | ou le destin.~*~**~Je n'atteindrai pas l'idéal, et je ne puis
65 II | il se trompe, s'il croit atteindre l'objet. Kant a raison :
66 II | Aussi je l'écrase sans attention et sans scrupule. Elle souffre,
67 III| je me mis à considérer attentivement le toit d'en face. Deux
68 II | votre nature : la sottise s'atténue par le travail ; les mauvais
69 II | moment où j'existais sans attributs, et où il m'a été donné
70 I | années, que j'ai connu l'auteur des notes qui suivent. Il
71 II | qui seront reconnus être authentiquement des imbéciles ou des gredins
72 | autour
73 II | et ne s'en émouvront pas autrement...»~ ~
74 | avaient
75 II | il fallait s'arrêter, qu'avais-je à faire à me mettre en route
76 II | que moi, et voilà tout. Qu'avait-il fait pour naître avec un
77 | avant
78 II | conduit au mal. Voilà bien des avantages que le destin lui donne
79 II | mirages du passé ou de l'avenir.~*~**~On dit : «A qui la
80 II | et à sentir sur moi son aversion que son indifférence. L'
81 II | et il ne divertit pas les aveugles.~*~**~Tout phénomène sensible
82 II | retourner vers le réel. Avez-vous vu se débattre des crabes
83 II | du tout son inférieur. L'avons-nous fait exprès ? La même fatalité
84 II | point ce qu'on nomme un bellâtre, et tous ses besoins en
85 II | III~HEURES DE TRISTESSE~ ~Berkeley a raison : celui qui étudie
86 II | celui-là, c'est une chose bête : l'ennui.~ ~II~HEURES DE
87 I | empourprées, des ombres bizarres s'y agitaient, et j'entendais
88 II | de ses éclats de rire me blesse comme un poignard. Je voudrais
89 II | fond, tous ses bonheurs me blessent au coeur, mais j'ai besoin
90 II | un mouvement, de peur de blesser quelque chose dans le mystère.~*~**~
91 II | pourrais être chacal, rosier ou bloc de fer, et j'y aurais précisément
92 II | droit de l'enfermer dans des bocaux sombres où il périrait d'
93 III| de fer s'allongeant pour boire côte à côte à quelque citerne.
94 II | parle. Au fond, tous ses bonheurs me blessent au coeur, mais
95 I | apaisement du soir. Çà et là des bourgeois me demandèrent du feu, et
96 III| notre ami. J'allai jusqu'au bout : c'était dimanche, il pleuvait,
97 | bras
98 II | façon de regard mouillé et brillant qui est heureuse aussi,
99 I | ouverte, et la cheminée brûlait. C'était une très modeste
100 I | le feu, et s'occupant à brûler de vieux papiers. Il tenait
101 II | sais quoi, et comme une brume sur ma pensée et sur les
102 I | caves et aux moustaches brunes. Il avait dans la physionomie
103 I | le laissait se consumer. Brusquement, la flamme était montée
104 I | dans l'apaisement du soir. Çà et là des bourgeois me demandèrent
105 II | frappent l'oreille d'un cadavre aussi bien que celle d'un
106 I | surmontée d'une glace au cadre de bois rouge. Mais les
107 I | I~ ~TRISTAN~ ~C'est à Caen, il y a quelques années,
108 I | hasard ; s'il allait au café, c'était miracle. On ne
109 I | sous mon bras. C'était un cahier assez mince, sans doute
110 II | pensées se compliquent d'un calcul vaniteux que je ne puis
111 I | dire ; et je savourais le calme et le rassurement d'être
112 II | du destin qui l'a rendu capable de l'écrire.~*~**~Puisque
113 II | provisions de noisettes, caresser toutes les femmes et flatter
114 II | comme une grande pitié sans cause, et comme un grand amour
115 I | doute un de ceux qui avaient causé l'incendie ; et je l'avais
116 II | matérielles qui peuvent causer le bonheur s'unissent pour
117 I | maigre et pâle, aux yeux caves et aux moustaches brunes.
118 II | lâcheté-là. On m'enferme dans une cellule au haut d'une tour et l'
119 | cent
120 II | suis, et que je suis une certaine chose plutôt qu'une autre.
121 II | n'a pas de fin ? Demain, ceux-là même qui croyaient t'aimer
122 II | Noël : je pourrais être chacal, rosier ou bloc de fer,
123 I | terrain. Les locataires des chambres voisines, accourus en chemise,
124 II | On me dit : «Vous pouvez changer votre nature : la sottise
125 II | voisin, sans prétexte et sans chapeau. - En suis-je amoureux ?
126 II | roturier fût exclu de certaines charges ? Mais c'en est une aussi
127 II | vaniteux que je ne puis chasser et dont je me désespère.
128 I | chambres voisines, accourus en chemise, le combattaient en jetant
129 II | pas fait pour elle. J'ai cherché partout la justice, et je
130 II | réduisent à se parfumer les cheveux, parce qu'il aime les parfums
131 II | souffre à voir souffrir un chien. Ses cris, l'expression
132 II | femmes et flatter tous les chiens. Il est égoïste par naïveté
133 II | méritants. Car le mérite est une chimère, et tout est vain.~*~**~
134 II | et où il m'a été donné de choisir moi-même ma nature ? Non.
135 II | contemplent avec effarement ce ciel lointain qui n'est pas fait
136 I | et c'est par suite d'une circonstance très particulière que je
137 II | plus. En vain toutes les circonstances matérielles qui peuvent
138 III| boire côte à côte à quelque citerne. Cette contemplation m'occupa
139 II | titres pour redevenir des citoyens comme les autres. Messieurs
140 III| mon fauteuil d'acajou à clous dorés, au velours rouge
141 II | sensation est le produit de la collaboration du sujet et de l'objet :
142 I | accourus en chemise, le combattaient en jetant de l'eau à pleines
143 II | longtemps dans ma propre compagnie.~* **~Je n'ai jamais entendu
144 II | que toutes mes pensées se compliquent d'un calcul vaniteux que
145 II | Il me semble que je ne comprends rien tout à fait, qu'il
146 II | que sa victime. Et j'ai compris que la douleur est ton essence
147 II | la quitter». Oui ; mais comptez-vous pour rien la douleur ? et
148 II | bien, et j'en ai une qui me conduit au mal. Voilà bien des avantages
149 II | cette pitié et cet amour se confondent dans son âme en un seul
150 I | de prudence, et l'on prit congé de lui. Lorsque je fus seul
151 I | était miracle. On ne lui connaissait pas un camarade intime,
152 II | on a, ne pouvant plus le connaître, pour ceux qui l'éprouvent
153 I | quelques années, que j'ai connu l'auteur des notes qui suivent.
154 II | élevait et qui n'étaient consacrés à aucun dieu...~*~**~Celle-ci
155 II | plaisir ; je ne peux plus m'en consoler par l'orgueil. Puisque nul
156 I | mains, et il le laissait se consumer. Brusquement, la flamme
157 III| à quelque citerne. Cette contemplation m'occupa le reste de la
158 II | pouvoir se redresser, et contemplent avec effarement ce ciel
159 II | enfermer, et cela même ne me contenterait pas, car je souffrirais
160 I | vaincu, et il pouvait nous en conter l'origine.~Il était, nous
161 II | elle me refroidirait au contraire, car ce que j'aime, c'est
162 II | les plus vertueux de la contrée.~ ~III~HEURES DE TRISTESSE~ ~
163 I | en moi, ni dans ma tenue, correcte et effacée, ni dans ma pensée,
164 II | innocents dont j'aurai mangé les côtelettes.~*~**~Je souffre à voir
165 I | Noël. La rue faisant un coude, je ne pouvais encore apercevoir
166 I | réverbères poly-branches. On se coudoyait dans l'apaisement du soir.
167 | coup
168 II | Vous n'y êtes pas : il me coupe la tête.~*~**~On me dit : «
169 II | aurait-on le droit de la couper ? Le méchant, c'est de l'
170 II | que j'ai ce qu'il faut de courage pour cette lâcheté-là. On
171 I | chambre. S'il allait au cours, c'était hasard ; s'il allait
172 II | sensation, quoi qu'en ait dit M. Cousin. Les ondes sonores frappent
173 II | Avez-vous vu se débattre des crabes tombés sur le dos ? Ils
174 II | ceux des passagers qui craignent le mal de mer ne regardent
175 II | car j'étais assez fou pour craindre qu'elle ne fût dans la chambre
176 II | réalité objective et de création subjective, mêlées dans
177 II | le lier à moi, et de me créer une supériorité sur lui,
178 II | lui. Mais une fourmi ne crie pas et mon oeil n'est point
179 II | il périrait d'ennui ? Le criminel, c'est de l'arsenic qui
180 II | voir souffrir un chien. Ses cris, l'expression de sa figure
181 II | Demain, ceux-là même qui croyaient t'aimer ne sauront plus
182 I | jetant de l'eau à pleines cruchées. Tristan, qui seul était
183 II | pas une issue : c'est un cul-de-sac.~*~**~Il me semble qu'on
184 I | être du Tristan, et j'étais curieux d'en lire. Peut-être pourrait-on
185 III| à domicile, d'un peu de cyanure de potassium. Et en fait
186 III| tout proches dans la même dalle, et l'on eût dit d'étranges
187 II | fâcheux dont je voudrais me débarrasser, c'est moi : et je sens
188 II | le réel. Avez-vous vu se débattre des crabes tombés sur le
189 II | est vain.~*~**~Dois-je me décider à faire le mal par dépit
190 II | Hélas ! je sens le découragement me saisir en songeant à
191 II | faire, et l'amour d'une déesse m'embarrasserait, car je
192 | déjà
193 III| camarade Tristan Noël avait déjeuné le matin, à domicile, d'
194 III| chambre. J'avais l'habitude de déjeuner à midi, seul, après tous
195 II | temps qui n'a pas de fin ? Demain, ceux-là même qui croyaient
196 II | étrangère, et nous n'avons à lui demander que son amour ; mais l'homme
197 II | dans la question, je ne lui demanderais qu'une chose, et ce serait
198 I | Çà et là des bourgeois me demandèrent du feu, et je m'arrêtai
199 II | décider à faire le mal par dépit de n'être pas désintéressé
200 II | On dit : «A qui la vie déplaît, il est toujours loisible
201 II | amènera le 4 août où vous déposerez votre esprit pour redevenir
202 | depuis
203 II | plaindre. Ah ! que le cas de M. Déroulède me semble plus intéressant !
204 I | avoir longtemps erré, je descendais la rue qu'habitait Tristan
205 II | puis chasser et dont je me désespère. A quoi bon pourtant me
206 II | sur le dos ? Ils agitent désespérément les pattes sans pouvoir
207 II | intéressant ! Celui-là est assez déshérité de la nature pour avoir
208 II | par dépit de n'être pas désintéressé en faisant le bien ?~*~**~
209 II | fais tout le bien en lui désirant tout le mal. Il ne s'aperçoit
210 II | terme à mon ennui. Je ne désire rien, je ne veux rien, je
211 II | rencontrent pas un organisme destiné à les recevoir. La Rochefoucauld
212 II | certains soirs, l'être le plus détaché des choses humaines sent
213 II | probablement ne sera jamais déterminée. Toute sensation est le
214 II | de telle façon qu'il le détruise. Je voudrais que tous les
215 I | aperçu. Vers ou prose, ce devait être du Tristan, et j'étais
216 | devant
217 II | inspirent : sentiment qui deviendrait peut-être sauvage dans une
218 II | a raison : celui qui se dévoue pour ses sentiments n'est
219 II | est égoïste par naïveté et dévoué par réflexion. Je ne l'aime
220 II | l'élément intérieur qui devrait les féconder en s'accouplant
221 II | et j'y songe. Mais, que diable ! j'aimerais encore mieux
222 II | de trouble dans l'esprit. Diderot est incohérent parce qu'
223 II | et en nous elle se fait différente au gré de nos diverses natures.
224 II | est reculer seulement la difficulté. Il reste toujours à expliquer
225 III| jusqu'au bout : c'était dimanche, il pleuvait, et je n'avais
226 II | récompense les êtres en raison directe de leur valeur : la raison
227 | dis
228 II | différente au gré de nos diverses natures. Nous avons tous
229 II | une belle chose, et il ne divertit pas les aveugles.~*~**~Tout
230 II | et tout est vain.~*~**~Dois-je me décider à faire le mal
231 III| avait déjeuné le matin, à domicile, d'un peu de cyanure de
232 II | La même fatalité nous domine tous deux. Il a été plus
233 II | Nature tu m'as donné le don de juger la vie, et qui
234 | donc
235 III| fauteuil d'acajou à clous dorés, au velours rouge orné de
236 II | des crabes tombés sur le dos ? Ils agitent désespérément
237 II | sauvage dans une nature douce. Il me semble qu'on s'attache
238 II | la naissance. On naissait duc et pair ? Mais vous naissez
239 II | je suis resté à genoux durant deux heures, passant alternativement
240 II | porte s'ouvrit : j'eus un éblouissement, je ne pus rien distinguer
241 I | une grande lueur rouge en éclaira le mur. Je hâtai le pas :
242 II | épingle, et chacun de ses éclats de rire me blesse comme
243 II | de sa douleur. Aussi je l'écrase sans attention et sans scrupule.
244 II | qui l'a rendu capable de l'écrire.~*~**~Puisque nous subissons
245 I | de quelques pages de son écriture.~Un soir d'octobre 1880,
246 II | que ce soit trop des cent éditions de son livre pour le venger
247 I | dans ma tenue, correcte et effacée, ni dans ma pensée, tranquille
248 II | redresser, et contemplent avec effarement ce ciel lointain qui n'est
249 II | Il est des heures où je m'effraie de me sentir ainsi à tâtons
250 II | suis-je ainsi cruel à l'égal d'un assassin ?~*~**~Il
251 II | nature pour avoir droit aux égards des hommes, et je ne trouve
252 II | rien distinguer et je m'élançai à la poursuite de mon voisin,
253 II | solliciter : il me manque l'élément intérieur qui devrait les
254 II | temples vides qu'Hadrien élevait et qui n'étaient consacrés
255 | elles
256 II | Les trésors d'un radjah m'embarrasseraient, car je ne saurais qu'en
257 II | imposent à moi. Pourquoi donc m'embarrasserais-je de cet intrus ? Peu importe
258 II | et l'amour d'une déesse m'embarrasserait, car je ne saurais comment
259 II | phénomène, qui essaye en vain d'émouvoir mon coeur, est comme un
260 II | tourneront encore, et ne s'en émouvront pas autrement...»~ ~
261 II | bien. Le meurtre universel emplit le temps et l'espace ; et
262 II | puisse parvenir à certains emplois.~*~**~Au moins, les privilégiés
263 I | fenêtres de Tristant étaient empourprées, des ombres bizarres s'y
264 II | Kant a raison : celui qui enchaîne ses pensées n'est en rapport
265 II | n'aurais que faire de l'enchaîner ainsi. La logique est un
266 II | pour cette lâcheté-là. On m'enferme dans une cellule au haut
267 II | vois bien que nous sommes enfermés dans le problème. Ton Dieu
268 | Enfin
269 I | On lui serra la main en l'engageant à plus de prudence, et l'
270 II | ma propre sottise, et aux ennuis que me procure l'analyse
271 I | bizarres s'y agitaient, et j'entendais un tumulte intérieur. Je
272 II | ce n'est pas moi qu'on entendra le plaindre. Ah ! que le
273 II | compagnie.~* **~Je n'ai jamais entendu sans étonnement une marche
274 I | Il passait des journées entières enfermé dans sa chambre.
275 II | toujours utile à ceux qui l'entourent.~*~**~Hélas ! je sens le
276 I | et je montai l'escalier envahi par la fumée. La chambre
277 II | point l'amour ; c'est l'envie qu'on a, ne pouvant plus
278 II | à lui qu'on a le plus à envier. La femme au fond nous est
279 II | ou peut-être d'un eunuque envieux.~*~**~Celui-là est joli
280 II | joyeuse, ni stoïcienne, ni épicurienne : elle est la vie ; et en
281 II | sourires me pique comme une épingle, et chacun de ses éclats
282 II | connaître, pour ceux qui l'éprouvent et celles qui l'inspirent :
283 II | maladif : s'il mourait, j'éprouverais, je le sens, plus de soulagement
284 I | matin, après avoir longtemps erré, je descendais la rue qu'
285 I | mon cigare et je montai l'escalier envahi par la fumée. La
286 II | au trou de ma serrure. J'essayais de la voir à travers la
287 II | elles ; et le phénomène, qui essaye en vain d'émouvoir mon coeur,
288 II | compris que la douleur est ton essence et que le meurtre est ta
289 II | subtil que le mien ? Et n'est-ce point à lui à rougir de
290 I | pressait vaguement autour de l'estrade, sous les grappes de lumière
291 II | nécessairement et de toute éternité. Il est nécessairement parfait».
292 II | n'ai jamais entendu sans étonnement une marche militaire. Cette
293 II | La femme au fond nous est étrangère, et nous n'avons à lui demander
294 III| dalle, et l'on eût dit d'étranges serpents de fer s'allongeant
295 I | nommait Tristan Noël et était étudiant en droit. C'était un grand
296 II | Berkeley a raison : celui qui étudie ses sensations n'est en
297 II | jaloux, - ou peut-être d'un eunuque envieux.~*~**~Celui-là est
298 II | cette porte s'ouvrit : j'eus un éblouissement, je ne
299 | eût
300 II | injustice qu'un roturier fût exclu de certaines charges ? Mais
301 II | et il vous en fait ses excuses ? - Vous n'y êtes pas :
302 II | a-t-il eu un moment où j'existais sans attributs, et où il
303 II | choses, qui peut-être n'existent pas, qui ne sont en tout
304 I | origine.~Il était, nous expliqua-t-il, agenouillé sur un tapis,
305 II | inférieur. L'avons-nous fait exprès ? La même fatalité nous
306 II | souffrir un chien. Ses cris, l'expression de sa figure me touchent :
307 II | moi-même. Aucun incident extérieur ne peut ajouter à l'ennui
308 II | mes petitesses morales. Le fâcheux dont je voudrais me débarrasser,
309 II | ou ce cerveau certaines facultés que je ne lui ai certes
310 II | et c'est pourquoi je lui fais tout le bien en lui désirant
311 | faisait
312 II | sommes et ce que nous la faisons. Sans doute ma vie à moi
313 II | Hé, mon ami, puisqu'il fallait s'arrêter, qu'avais-je à
314 II | moi-même ma nature ? Non. C'est fatalement que je suis, et que je suis
315 II | avons-nous fait exprès ? La même fatalité nous domine tous deux. Il
316 II | suppose à ma place ce qu'il y faudrait, un être assez bon poour
317 II | Il me semble qu'on fait fausse route. On récompense les
318 III| J'étais assis dans mon fauteuil d'acajou à clous dorés,
319 III| regretté ; c'était un esprit faux.~ ~
320 II | intérieur qui devrait les féconder en s'accouplant avec elles ;
321 II | noisettes, caresser toutes les femmes et flatter tous les chiens.
322 I | mur. Je hâtai le pas : les fenêtres de Tristant étaient empourprées,
323 II | cris, l'expression de sa figure me touchent : et c'est pourquoi
324 II | jeune homme qu'à le jeune fille ; et cela est naturel, car
325 II | songe guère qu'aux jolies filles. Il n'est point ce qu'on
326 III| gouttes de pluie. Ma lecture finie, je me mis à considérer
327 II | sur le gauche, et l'oeil fixé au trou de ma serrure. J'
328 II | ils tiennent les yeux fixés sur l'horizon. Ainsi de
329 I | consumer. Brusquement, la flamme était montée jusqu'au tapis
330 III| au velours rouge orné de fleurs, près des rideaux rouges
331 I | ma pensée, tranquille et flottante, rien qui pût me distinguer
332 | fois
333 II | Étant sage, elle est très folle, et, étant naïve, très hardie.
334 II | Puisque nous subissons forcément l'arbitraire de la nature,
335 II | expliquer l'existence, sous la forme d'un Dieu comme sous celle
336 II | face, car j'étais assez fou pour craindre qu'elle ne
337 I | le jardin public, et la foule s'y pressait vaguement autour
338 II | suis bon pour lui. Mais une fourmi ne crie pas et mon oeil
339 II | comme sur quelque chose de fragile, et je suis, je crois, jaloux
340 II | Cousin. Les ondes sonores frappent l'oreille d'un cadavre aussi
341 I | suivant ma coutume, en fumant un cigare. Ce soir-là était,
342 I | l'escalier envahi par la fumée. La chambre de Tristan était
343 I | congé de lui. Lorsque je fus seul dans la rue, je glissai
344 II | imbéciles ou des gredins fussent nourris par l'État dans
345 I | fort humide, et le feu ne gagnait point de terrain. Les locataires
346 II | meilleure position. Il a gagné le gros lot à cet immense
347 II | arbitraire de la nature, gardons au moins celui de la société,
348 I | arrêtant ici et là sous le gaz des «magasins». Il y avait
349 II | autre jour, je suis resté à genoux durant deux heures, passant
350 II | respectueusement par les gens de plus d'esprit et les
351 I | bois noir, surmontée d'une glace au cadre de bois rouge.
352 I | montée jusqu'au tapis à glands de la cheminée. Le reste,
353 I | fus seul dans la rue, je glissai la main sous mon pardessus
354 I | soirs. Les petites ouvrières glissaient le long des trottoirs, s'
355 II | sauront plus ton nom ; et les globes qui tournaient, tourneront
356 III| opposés recourber leurs goulots tout proches dans la même
357 III| perlaient et suintaient des gouttes de pluie. Ma lecture finie,
358 III| le toit d'en face. Deux gouttières y venaient de deux points
359 I | autour de l'estrade, sous les grappes de lumière des réverbères
360 II | elle se fait différente au gré de nos diverses natures.
361 II | authentiquement des imbéciles ou des gredins fussent nourris par l'État
362 | gros
363 II | joli garçon, et ne songe guère qu'aux jolies filles. Il
364 II | faut s'arrêter», me dit mon guide Aristote. Hé, mon ami, puisqu'
365 I | je descendais la rue qu'habitait Tristan Noël. La rue faisant
366 III| quittai ma chambre. J'avais l'habitude de déjeuner à midi, seul,
367 II | pareil à ces temples vides qu'Hadrien élevait et qui n'étaient
368 I | physionomie quelque chose de hagard, et dans l'allure quelque
369 II | folle, et, étant naïve, très hardie. Je sais bien qu'elle ne
370 I | rouge en éclaira le mur. Je hâtai le pas : les fenêtres de
371 II | enferme dans une cellule au haut d'une tour et l'on trouve
372 II | ceux qui l'entourent.~*~**~Hélas ! je sens le découragement
373 II | tiennent les yeux fixés sur l'horizon. Ainsi de moi dans la vie :
374 III| la table.~J'arrivai à l'hôtel, et je commençai mon repas.
375 II | et rieuse, et, comme dit Hugo, pâle, tout en étant rose.
376 II | plus détaché des choses humaines sent en lui comme une grande
377 I | recouverte de papier fort humide, et le feu ne gagnait point
378 II | encore une grande chose que l'hypocrisie : par elle je suppose à
379 II | par vanité, et je suis un hypocrite. Mais c'est encore une grande
380 | ici
381 II | Je n'atteindrai pas l'idéal, et je ne puis me retourner
382 II | est une aussi grande qu'un imbécile ne puisse parvenir à certains
383 II | être authentiquement des imbéciles ou des gredins fussent nourris
384 II | gagné le gros lot à cet immense jeu de hasard.~*~**~Expliquer
385 II | suis, moi, nécessairement imparfait, et nous nous valons, car
386 II | certes pas données, et qui s'imposent à moi. Pourquoi donc m'embarrasserais-je
387 II | vu que tout mérite m'est impossible, car ce sont mes sentiments
388 II | lassé de moi-même. Aucun incident extérieur ne peut ajouter
389 II | dans l'esprit. Diderot est incohérent parce qu'il était sain ;
390 II | valons, car il est fort indifférent d'être nécessairement n'
391 II | agir avec une curiosité indifférente. Si j'avais à dire un mot
392 II | puisque les sentiments sont indifférents et que les actes sont inutiles,
393 II | de logique dans l'oeuvre indique beaucoup de trouble dans
394 II | très sérieuses : manger d'inépuisables provisions de noisettes,
395 III| moment où j'attaquais l'inévitable ragoût de mouton, le garçon (
396 II | me sens point du tout son inférieur. L'avons-nous fait exprès ?
397 II | homme de génie. C'était une injustice qu'un roturier fût exclu
398 II | servi, combien de moutons innocents dont j'aurai mangé les côtelettes.~*~**~
399 II | sentiment obscur et toujours inquiet ? Je ne sais. Assurément
400 II | dont le bonheur est le plus insolent. Il est tombé sur la meilleure
401 II | éprouvent et celles qui l'inspirent : sentiment qui deviendrait
402 I | laissait faire. Quelques instants après, l'incendie était
403 II | le travail ; les mauvais instincts se surmontent par la volonté».
404 II | et que chacun d'eux est l'instrument du destin en même temps
405 II | qu'avec les lois de son intelligence : il se trompe, s'il croit
406 II | Déroulède me semble plus intéressant ! Celui-là est assez déshérité
407 II | de sentiment qui ne soit intéressé. Je ne vois que moi quand
408 II | air persuadée qu'il y a un intérêt quelconque à aller quelque
409 I | connaissait pas un camarade intime, et c'est par suite d'une
410 I | Il parlait peu, avec des intonations singulières, comme un homme
411 II | embarrasserais-je de cet intrus ? Peu importe ce qu'il est
412 II | indifférents et que les actes sont inutiles, tout est vain pour moi,
413 II | leur valeur : la raison inverse serait plus juste, et je
414 I | indifférence, et pourtant sans ironie, de la prose qui lui semblerait
415 II | Ton Dieu n'est pas une issue : c'est un cul-de-sac.~*~**~
416 I | y avait musique dans le jardin public, et la foule s'y
417 I | un tumulte intérieur. Je jetai mon cigare et je montai
418 I | chemise, le combattaient en jetant de l'eau à pleines cruchées.
419 II | dit-on, si simple de vous jeter par la fenêtre». Je le sais,
420 II | le gros lot à cet immense jeu de hasard.~*~**~Expliquer
421 II | envieux.~*~**~Celui-là est joli garçon, et ne songe guère
422 II | et ne songe guère qu'aux jolies filles. Il n'est point ce
423 I | pour les satisfaire. Je jouissais de me sentir si parfaitement
424 I | ridicule. Il passait des journées entières enfermé dans sa
425 II | est rien, ni triste, ni joyeuse, ni stoïcienne, ni épicurienne :
426 II | juger la vie, et qui la juge n'est pas fait pour elle.
427 II | soit subjective, pas de jugement qui ne soit relatif, pas
428 II | tu m'as donné le don de juger la vie, et qui la juge n'
429 II | raison inverse serait plus juste, et je me réjouis quand,
430 II | J'ai cherché partout la justice, et je ne l'ai trouvée nulle
431 II | croit atteindre l'objet. Kant a raison : celui qui enchaîne
432 II | faut de courage pour cette lâcheté-là. On m'enferme dans une cellule
433 III| ma fenêtre, aux vitres de laquelle perlaient et suintaient
434 II | malade.~*~**~Je suis bien lassé de moi-même. Aucun incident
435 II | je la vois appliquée. M. Leconte de Lisle a du génie, et
436 III| des gouttes de pluie. Ma lecture finie, je me mis à considérer
437 | leur
438 III| incendie de Tristan) je me levai d'assez bonne heure, et,
439 II | mais j'ai besoin de le lier à moi, et de me créer une
440 II | l'espace qui n'a pas de limite et au temps qui n'a pas
441 I | singulières, comme un homme qui lirait avec indifférence, et pourtant
442 II | appliquée. M. Leconte de Lisle a du génie, et ses livres
443 II | des cent éditions de son livre pour le venger du destin
444 II | Lisle a du génie, et ses livres ne se vendent point ; ce
445 I | gagnait point de terrain. Les locataires des chambres voisines, accourus
446 II | et que le meurtre est ta loi, et que nul ne peut se flatter
447 | loin
448 II | avec effarement ce ciel lointain qui n'est pas fait pour
449 II | est en rapport qu'avec les lois de son intelligence : il
450 II | déplaît, il est toujours loisible de la quitter». Oui ; mais
451 | long
452 I | l'on prit congé de lui. Lorsque je fus seul dans la rue,
453 II | position. Il a gagné le gros lot à cet immense jeu de hasard.~*~**~
454 II | belle. Mais le musée du Louvre aussi est une belle chose,
455 I | Tout à coup, une grande lueur rouge en éclaira le mur.
456 I | estrade, sous les grappes de lumière des réverbères poly-branches.
457 II | d'un homme ; les rayons lumineux tombent sur un mur aussi
458 I | ici et là sous le gaz des «magasins». Il y avait musique dans
459 I | garçon de vingt-deux ans, maigre et pâle, aux yeux caves
460 I | registre ouvert dans ses mains, et il le laissait se consumer.
461 I | pouvais encore apercevoir sa maison ; mais je voyais déjà celle
462 II | systématique parce qu'il était malade.~*~**~Je suis bien lassé
463 II | est précisément tout mon malheur. Les trésors d'un radjah
464 II | moutons innocents dont j'aurai mangé les côtelettes.~*~**~Je
465 II | occupations très sérieuses : manger d'inépuisables provisions
466 II | perçant pour saisir les manifestations de sa douleur. Aussi je
467 II | pour me solliciter : il me manque l'élément intérieur qui
468 II | II~ ~LE MANUSCRIT~ ~I~HEURES D'ENNUI~ ~«La
469 II | entendu sans étonnement une marche militaire. Cette musique-là
470 II | toutes les circonstances matérielles qui peuvent causer le bonheur
471 III| m'occupa le reste de la matinée. A midi, je quittai ma chambre.
472 II | pourrai-je sortir de ce moi maudit et voir au dehors ? L'Être
473 II | tous notre vie, bonne ou mauvaise, suivant ce que nous sommes
474 II | droit de la couper ? Le méchant, c'est de l'ivraie qui saigne.
475 II | insolent. Il est tombé sur la meilleure position. Il a gagné le
476 II | de création subjective, mêlées dans une proportion qui
477 | mer
478 II | doute, mais ne sont pas plus méritants. Car le mérite est une chimère,
479 II | hommes de mérite, - qui ne méritiez pas plus que moi d'en avoir, -
480 II | une tour et l'on trouve merveilleux que je me plaigne de mon
481 II | citoyens comme les autres. Messieurs les hommes de mérite, -
482 II | Et la Nature m'a dit :~«Meurs, si tu veux. Qu'importe
483 II | esprit plus subtil que le mien ? Et n'est-ce point à lui
484 II | mal». - Quelle vie ? La mienne ou la vôtre ? La vie en
485 II | sans étonnement une marche militaire. Cette musique-là a l'air
486 I | C'était un cahier assez mince, sans doute un de ceux qui
487 I | allait au café, c'était miracle. On ne lui connaissait pas
488 II | regarde tout au loin, vers les mirages du passé ou de l'avenir.~*~**~
489 II | Tout acte est vain dans son mobile : mais regardons au résultat.
490 I | brûlait. C'était une très modeste cheminée de bois noir, surmontée
491 I | Je jetai mon cigare et je montai l'escalier envahi par la
492 I | Brusquement, la flamme était montée jusqu'au tapis à glands
493 II | un fait de grande portée morale. Que m'importe pourtant
494 II | analyse de mes petitesses morales. Le fâcheux dont je voudrais
495 II | heureux, une façon de regard mouillé et brillant qui est heureuse
496 II | attachement maladif : s'il mourait, j'éprouverais, je le sens,
497 II | moi, et je n'ai plus qu'à mourir».~Et la Nature m'a dit :~«
498 I | pâle, aux yeux caves et aux moustaches brunes. Il avait dans la
499 III| attaquais l'inévitable ragoût de mouton, le garçon (qui se nommait
500 II | aurai servi, combien de moutons innocents dont j'aurai mangé
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