Commentaire:
Les trois principaux incidents de
ce conte figurent dans divers autres récits populaires.
I. Berte au grand pied, Geneviève de Brabant, la Fille sans mains (ci-après),
nombre d'autres individus des deux sexes conduits dans un bois pour être
égorgés, sont laissés en vie par la compassion des meurtriers.
2. Nombre de personnages, sans compter Sigurd, sont tirés d'embarras et guidés
dans leurs entreprises, parce qu'ils comprennent le langage des animaux.
L'intelligence du langage des animaux tient une grande place dans les contes
des Slaves.
3. Les personnages proscrits arrivant à un haut rang et pardonnant à leurs
ennemis sont plus nombreux encore, depuis le Joseph de la Genèse. Quelques-unes
des circonstances de la reconnaissance du père et du fils figurent dans la
légende du pape Grégoire le Grand.
Le cadre de notre conte est le
même que celui des Drei Sprachen, n° 33, des frères Grimm. Le début et
le dénouement sont à peu près les mêmes, mais les détails diffèrent à partir du
voyage du jeune homme. Divers incidents de notre conte se retrouvent dans deux
récits recueillis par M. Luzel : Histoire de Christie et Le Pape
Innocent, dans Mélusine, col. 299 et 374. Voir aussi les remarques
de M. Koehler, placées à la suite de ce dernier conte (col. 384). Mais le récit
le plus rapproché du nôtre est celui que M. Sébillot a inséré dans les Contes
des paysans et des pêcheurs, sous ce titre : L'enfant qui entend le
langage des bêtes. Dans toutes les traditions populaires, les oiseaux sont
considérés comme connaissant le présent et l'avenir.
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