Commentaire:
Le conte s'arrête-t-il là ? N'y
a-t-il pas une suite expliquant les sentiments et la conduite des habitants du
château des Margriettes ? La conteuse n'en sait pas davantage. Elle ne sait pas
non plus pourquoi ce pays s'appelle le pays des Margriettes ou pâquerettes
rouges.
Quoi qu'il en soit, nous sommes
ici en face d'une des plus gracieuses versions de l'histoire de Psyché. Tirée
d'une condition inférieure, devenue l'épouse d'un haut personnage, le perdant
par l'effet d'une curiosité bien naturelle et parvenant à le reconquérir, c'est
Psyché, placée dans un milieu différent, entourée de tout autres circonstances.
On trouvera dans les Contes lorrains de M. Cosquin une longue et savante
dissertation sur les contes dont l'histoire de Psyché est le type. Nous y
renvoyons le lecteur, ne pouvant la résumer ici. Notre conte, du reste, tout en
rappelant au début divers contes : La Belle et la Bête, entr'autres, les
noix, noisettes et marrons, produisant des prodiges quand on les casse, etc.,
offre plusieurs traits originaux ; le cochon, par exemple, servant de guide
inconscient à la jeune femme vers le château des Marguerites. L'autorisation de
coucher trois nuits avec un personnage, à la suite des présents merveilleux
d'une fée, se retrouve dans un conte du Pentamerone. Ce qui donne à
notre récit un caractère local, c'est surtout le trô, qui n'est guère
employé que dans notre pays, que nous sachions du moins.
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