3-immen | immob-zigza
Chapitre
501 TextUniq| cirage liquéfié de l'eau ; l'immobile et blanc paysage évoque
502 TextUniq| Butte-aux-Cailles, la menaçante immondice de la rue Jeanne-d'Arc,
503 TextUniq| et fantastique ou d'une impossible ville de l'Orient, fourrée
504 TextUniq| silencieuse apparition d'un improbable site dont le souvenir effare,
505 TextUniq| chutes, par s'interner dans l'inavouable boue d'un fructueux commerce ? ~ ~
506 TextUniq| mythologiquement, on se la figure, incarnée en une fillette à peine
507 TextUniq| araignée, calcinés comme par un incendie ; puis d'incohérentes chaumines,
508 TextUniq| par un incendie ; puis d'incohérentes chaumines, sans étage, grêlées
509 TextUniq| comme un fond de cheminée incrusté de suie ; deux personnes
510 TextUniq| de feuilles mortes et d'indescriptibles résidus qui la glacent,
511 TextUniq| bouges dont la vicieuse indigence effraye. Pour retrouver
512 TextUniq| Paris, tombée dans l'affût industriel des racoleurs ; spoliée
513 TextUniq| lucarnes, dont les cadres inégaux culbutent, des chaussettes
514 TextUniq| décèle l'horreur d'une misère infime ; mais cette misère n'a
515 TextUniq| c'est fini, d'inutiles ingénieurs l'ont enfermée dans un souterrain,
516 TextUniq| des fabriques se dressent inondés de froides lueurs ; des
517 TextUniq| culbutent, des chaussettes inouïes, qui par leur pointure étonnent,
518 TextUniq| extraordinaire voyage dans un Paris insoupçonné commence. Au milieu de cette
519 TextUniq| commence. Écrouée dans d'interminables geôles, elle apparaîtra
520 TextUniq| chutes en chutes, par s'interner dans l'inavouable boue d'
521 TextUniq| prise de pitié, la Ville intervienne et réclame la morte qu'elle
522 TextUniq| maintenant, c'est fini, d'inutiles ingénieurs l'ont enfermée
523 TextUniq| des allures de bastides italiennes, la Bièvre coule, scarifiée
524 | jamais
525 TextUniq| par des places de clous, jambonnées par des fumées de poêle ;
526 TextUniq| maîtres ces hôtels entourés de jardins verts et galonnés d'un ruban
527 TextUniq| vert-de-gris, de cendre bleue, de jaune de tartre et de brun loutre ;
528 TextUniq| menaçante immondice de la rue Jeanne-d'Arc, la funèbre ribote de
529 TextUniq| elle n'entrait point, elle jouait, çà et là, sur son parcours,
530 TextUniq| une naïade toute petite, jouant encore à la poupée, sous
531 TextUniq| plus si quelques gamins jouent à la bloquette auprès du
532 TextUniq| devenue mégissière, et, jours et nuits, elle lave l'ordure
533 TextUniq| ignoble bassesse, ni la joviale crapule des quartiers qui
534 TextUniq| la Bièvre bouillonnait, joyeuse, sur des pierres, tandis
535 TextUniq| vieux arbres, et par le judas d'une ouverture condamnée,
536 TextUniq| dans des tunnels, sortant, juste pour respirer, de terre,
537 TextUniq| formidablement enceintes, traînent de juteuses espadrilles chez des marchands
538 TextUniq| qui vit et meurt dans ce labyrinthe, sans en sortir. Ce hameau,
539 TextUniq| de peaux, teintureries de laine, de poils de chèvre et de
540 TextUniq| des morceaux de sac et des lambeaux de bâche remplacent les
541 TextUniq| différente, de cette humble et lamentable esclave, l'ancienne Bièvre !
542 TextUniq| Texte~A GEORGES LANDRY ~La Bièvre représente aujourd'
543 TextUniq| sur les rêves d'une Italie languissante ou d'un Orient torride ;
544 TextUniq| des milliers de peaux de lapin racornies s'entrechoquent
545 TextUniq| dirait, de ses appentis en lattes, de ses maisons de salive
546 TextUniq| de l'abbaye Saint-Victor, lavait les pieds du vieux cloître,
547 TextUniq| était jadis réservée aux lavandières, évoque à elle seule toute
548 TextUniq| et, jours et nuits, elle lave l'ordure des peaux écorchées,
549 TextUniq| en battant le linge ; ce lavoir des anciens temps est aujourd'
550 TextUniq| bord d'un chemin, et de légères passerelles reliaient, sur
551 TextUniq| de mouches vertes par des lentilles d'eau ; des fleurs étoilaient
552 TextUniq| entre eux par des fils sur lesquels flottent des draps. ~C'est
553 TextUniq| propriétés», mais si on lève la tête, on aperçoit au-dessus
554 TextUniq| à gauche, de maisons qui lézardent, bombent et cahotent. Aucun
555 TextUniq| des bras demeuré presque libre de la Bièvre paraît ; un
556 TextUniq| chaussettes en gros fil, lie de vin, émaillées de reprises
557 TextUniq| vieillards se retournent qui lient des ceps de vigne serpentant
558 TextUniq| que ferme maintenant une ligne de bâtisses neuves ; les
559 TextUniq| fouillis de sorbiers et de lilas, de platanes et de trembles ;
560 TextUniq| frétillent sur le cirage liquéfié de l'eau ; l'immobile et
561 TextUniq| porte de la Tournelle. ~Liserant les murs et les tours de
562 TextUniq| les métiers de la haute lisse. ~A droite, la ruelle est
563 TextUniq| le fronton de laquelle on lit en caractères effacés ces
564 TextUniq| de la halle aux cuirs se livrent à la chasse au nègre, la
565 TextUniq| le soir, les artisans qui logent dans ces masures prennent
566 TextUniq| ces mots : «Respect à la loi et aux propriétés», mais
567 TextUniq| Ecclésiastique et suzeraine, elle longeait le couvent des Cordelières,
568 TextUniq| est plus la hantise des loques héraldiques et des temps
569 TextUniq| sur le pas de portes à loquet, des vieillards se retournent
570 | lorsqu
571 TextUniq| usine, les emphatiques et lourds dômes du Panthéon et du
572 TextUniq| jaune de tartre et de brun loutre ; des piles de tan soufflent
573 TextUniq| dès qu'on les touche. Aux lucarnes, dont les cadres inégaux
574 TextUniq| dressent inondés de froides lueurs ; des vermicelles d'argent
575 TextUniq| traits d'argent. Ce site lunaire est habité par une population
576 TextUniq| anciens temps ; ce sont de lyriques guenilles, des haillons
577 TextUniq| même aux assouplissantes macérations des cuirs. Des apprentis,
578 TextUniq| ordure des peaux écorchées, macère les toisons épargnées et
579 TextUniq| sillées de fils bleus ; des machines à vapeur ronronnent, et,
580 TextUniq| et de cygne, d'une cité magique, parée de villas, aux silhouettes
581 TextUniq| halle aux cuirs occupent en maîtres ces hôtels entourés de jardins
582 TextUniq| de l'eau en deuil qui, malade, sent la fièvre et pleure. ~
583 TextUniq| de ses eaux ; dès que la malheureuse paraît, les Yankees de la
584 TextUniq| chancis, mous, dont les marches plient et suintent l'eau
585 TextUniq| humide, un souffle fade de marécage ; puis, si l'on continue
586 TextUniq| boîtes cabossent ; sur les marges des croisées, du linge,
587 TextUniq| disent, dans les cuves où marinent l'alun et le tan ; là, encore,
588 TextUniq| jadis. C'est l'hôtel du marquis de Mascarini, maintenant
589 TextUniq| énorme et trapue, aux vantaux martelés de clous, donne accès dans
590 TextUniq| est l'hôtel du marquis de Mascarini, maintenant encombré par
591 TextUniq| artisans qui logent dans ces masures prennent le frais sur le
592 TextUniq| sont des brosses couleur de mauve ! et l'autre, celle qui
593 TextUniq| partout des enseignes : veaux mégis et morts-nés, chabraques
594 TextUniq| rives, elle est devenue mégissière, et, jours et nuits, elle
595 TextUniq| charpentes et les terrasses des mégissiers, au-dessus desquelles se
596 TextUniq| allégresse des aubes et la mélancolie des soirs, des ouvriers
597 TextUniq| employés dans ce passage même aux assouplissantes macérations
598 TextUniq| la Butte-aux-Cailles, la menaçante immondice de la rue Jeanne-d'
599 TextUniq| chaînes, les modèles et les métiers de la haute lisse. ~A droite,
600 TextUniq| les mouillent, qui les «mettent en humeur», ainsi qu'ils
601 TextUniq| arbres, elle a dû aussitôt se mettre à l'ouvrage et s'épuiser
602 TextUniq| toutes parts ; en l'air, des milliers de peaux de lapin racornies
603 TextUniq| présent est accomplie. Les millionnaires de la halle aux cuirs occupent
604 TextUniq| la Bièvre coule, un bras mince, enserré par des usines
605 TextUniq| de marchand de vin, à la mine pluvieuse, à la devanture
606 TextUniq| de fatigue, sous l'arche minuscule d'un petit pont ! ~Jadis,
607 TextUniq| Cordelières, dans la cour des Miracles de la peausserie. Et, soudain,
608 TextUniq| putride. ~Symbole de la misérable condition des femmes attirées
609 TextUniq| ensouples et les chaînes, les modèles et les métiers de la haute
610 TextUniq| le passage Moret devient modernement sordide. L'on dirait, de
611 TextUniq| surgit à deux pas des avenues modernes. La rue arbore d'anciens
612 TextUniq| réverbérait les entretiens des moines qui se promenaient sur le
613 | moins
614 | mois
615 TextUniq| de nitre, fleuronnés de moisissures, rosacés de toiles d'araignée,
616 TextUniq| on arrive à une porte à moitié fermée et sur le fronton
617 TextUniq| une haie de peupliers, des montées et des descentes de volets
618 TextUniq| grillées bambochent ; des morceaux de sac et des lambeaux de
619 TextUniq| effraye. Pour retrouver la morne rivière, il faut passer
620 TextUniq| les pinces de l'alun, les morsures de la chaux et des caustiques.
621 TextUniq| dans des poteaux de bois mort, de l'eau en deuil qui,
622 TextUniq| roule des amas de feuilles mortes et d'indescriptibles résidus
623 TextUniq| temps nobiliaires à jamais morts. C'est l'évocation d'une
624 TextUniq| enseignes : veaux mégis et morts-nés, chabraques et scieries
625 TextUniq| en caractères effacés ces mots : «Respect à la loi et aux
626 TextUniq| et près d'un marchand de mottes, l'on tombe dans une rue
627 TextUniq| séchoirs, les parapets en moucharabis des fabriques se dressent
628 TextUniq| petits étangs granulés de mouches vertes par des lentilles
629 TextUniq| peaux sur une douve, qui les mouillent, qui les «mettent en humeur»,
630 TextUniq| faut remonter la rue du Moulin-des-Prés et s'engager dans la rue
631 TextUniq| escaliers vermoulus, chancis, mous, dont les marches plient
632 TextUniq| teinturiers, des apprêteurs, ont mué les boudoirs en bureaux
633 TextUniq| enchevêtraient leurs tiges munies d'épines courbes et roses
634 TextUniq| on aperçoit au-dessus des murailles de vieux arbres, et par
635 TextUniq| herbe ; des buissons de mûres enchevêtraient leurs tiges
636 TextUniq| eaux, accompagnait de son murmure les offices et les hymnes,
637 TextUniq| hérissée d'artichauts trop mûrs dont les têtes sont des
638 TextUniq| vallée qui porte son nom, et, mythologiquement, on se la figure, incarnée
639 TextUniq| fillette à peine pubère, en une naïade toute petite, jouant encore
640 TextUniq| enclos retourné à l'état de nature, mais une odeur de terre
641 TextUniq| elle. Cernée par d'âpres négociants qui se la repassent, mais,
642 TextUniq| se livrent à la chasse au nègre, la traquent et l'exterminent,
643 TextUniq| fumée blanche volaient et se nichaient dans des arbustes, dont
644 TextUniq| de grands murs, rongés de nitre, fleuronnés de moisissures,
645 TextUniq| héraldiques et des temps nobiliaires à jamais morts. C'est l'
646 TextUniq| caisse ; l'absorption du noble passé par la roturière richesse
647 TextUniq| haut, des flocons de fumée noire rampent en haut des cheminées
648 TextUniq| tan ; là, encore, dans de noirs souterrains ou dans des
649 | nom
650 | Nous
651 TextUniq| évocation d'une Floride, noyée dans un duvet d'eider et
652 TextUniq| de terrasses, toute une nuée de peaux couleur de neige,
653 TextUniq| mégissière, et, jours et nuits, elle lave l'ordure des
654 TextUniq| seigneurial aspect persiste. Au numéro 3, une porte cochère, énorme
655 TextUniq| millionnaires de la halle aux cuirs occupent en maîtres ces hôtels entourés
656 TextUniq| voit plus le jour que par l'oeil en fonte des tampons d'égout
657 TextUniq| accompagnait de son murmure les offices et les hymnes, réverbérait
658 TextUniq| boulevard Saint-Marcel, l'on opprime encore l'agonie de ses eaux ;
659 TextUniq| forment comme la populace oubliée d'un roi de Thunes, détourne
660 TextUniq| arbres, et par le judas d'une ouverture condamnée, des fusées de
661 TextUniq| dû aussitôt se mettre à l'ouvrage et s'épuiser aux horribles
662 TextUniq| grenouilles ; un cheval blanc paissait ; près d'une chèvre, une
663 TextUniq| se bouchent ; partout des palis clos, des renfoncements
664 TextUniq| une passerelle bordée de palissades ; cette passerelle enjambe
665 TextUniq| emphatiques et lourds dômes du Panthéon et du Val-deGrâce. ~La rue
666 TextUniq| du Pot-au-Lait. Dans ces parages écartés, elle fut autrefois
667 TextUniq| brisait soudain, et devenue parallèle à la Seine, descendait dans
668 TextUniq| jouait, çà et là, sur son parcours, avec de petits moulins
669 TextUniq| dans le goût vieillot des parcs auliques. ~La rue des Gobelins
670 TextUniq| cygne, d'une cité magique, parée de villas, aux silhouettes
671 TextUniq| représente aujourd'hui le plus parfait symbole de la misère féminine
672 TextUniq| piles de tan soufflent leur parfum acéré d'écorce, des bannes
673 TextUniq| vêtements d'herbes et de ses parures d'arbres, elle a dû aussitôt
674 TextUniq| l'absorption du noble passé par la roturière richesse
675 TextUniq| un chemin, et de légères passerelles reliaient, sur son dos,
676 TextUniq| de terre, au milieu des pâtés de maisons qui l'écrasent.
677 TextUniq| avec des pilotis, sur ses pauvres bords. Là, des hangars abritent
678 TextUniq| cour des Miracles de la peausserie. Et, soudain, à un détour,
679 TextUniq| habité par les ouvriers de peausseries et des teintures. Aux fenêtres,
680 TextUniq| paysage où les resserres des peaussiers affectent, avec leurs carcasses
681 TextUniq| et là, quelques enfants pêchaient des grenouilles ; un cheval
682 TextUniq| desquels s'élevait un cabaret peint en rouge ; les trains de
683 TextUniq| guenilles, des haillons peints par Rembrandt, de délicieuses
684 TextUniq| chaussés de sabots, grouillent, pêle-mêle avec des chiens ; des femmes,
685 TextUniq| brusque ; des tridents, des pelles, des brouettes, des râteaux,
686 TextUniq| qu'un plomb qui bout, de pellicules. ~Mais combien attrayantes
687 TextUniq| couloir qui s'achemine en pente, l'on se heurte à un nouveau
688 TextUniq| une porte sans battant, percée dans le mur noir, ouvre
689 TextUniq| sans en sortir. Ce hameau, perdu au fond de l'immense ville,
690 TextUniq| remplacent les carreaux perdus ; des briques bouchent d'
691 TextUniq| dont le seigneurial aspect persiste. Au numéro 3, une porte
692 TextUniq| incrusté de suie ; deux personnes ne peuvent passer de front.
693 TextUniq| des pierres, tandis qu'à perte de vue dans le ciel s'étageaient
694 TextUniq| derrière les Gobelins, dans un pestilentiel fumet de vase, on la voit,
695 TextUniq| pubère, en une naïade toute petite, jouant encore à la poupée,
696 TextUniq| attrayantes sont ses deux petites berges ! celle qui longe
697 TextUniq| trébuchent sur une terre pétrie de frasier et amollie par
698 | peut
699 TextUniq| suie ; deux personnes ne peuvent passer de front. Les murs
700 TextUniq| bouillonnait, joyeuse, sur des pierres, tandis qu'à perte de vue
701 TextUniq| vase, on la voit, seule, piétinant dans sa boue, au clair de
702 TextUniq| culs-de-sac et ses venelles, ses pignons bousculés, ses toits qui
703 TextUniq| et de brun loutre ; des piles de tan soufflent leur parfum
704 TextUniq| qui empiètent, avec des pilotis, sur ses pauvres bords.
705 TextUniq| les cuirs bruts, subit les pinces de l'alun, les morsures
706 TextUniq| maisons avariées et des pins de cimetière, écimés et
707 TextUniq| puis elle s'amusait à piquer, la tête en bas, le clocher
708 TextUniq| le long des bâtisses en pisé dont on voit les poutres. ~
709 TextUniq| jusqu'à ce que, prise de pitié, la Ville intervienne et
710 TextUniq| sans étage, grêlées par des places de clous, jambonnées par
711 TextUniq| petits moulins dont elle se plaisait à tourner les roues ; puis
712 TextUniq| chambre, des pots de fleurs plantés d'on ne sait quelles tiges ;
713 TextUniq| sorbiers et de lilas, de platanes et de trembles ; pas un
714 TextUniq| maisons de salive et de plâtre, des voitures de saltimbanque,
715 TextUniq| ajourées et leurs toits plats, des allures de bastides
716 TextUniq| boue, au clair de lune, pleurant, hébétée de fatigue, sous
717 TextUniq| malade, sent la fièvre et pleure. ~Sans doute, cette étonnante
718 TextUniq| mous, dont les marches plient et suintent l'eau gardée,
719 TextUniq| la glacent, ainsi qu'un plomb qui bout, de pellicules. ~
720 TextUniq| une ombre sans heures, et plongent des peaux, les «chipent»,
721 TextUniq| un petit mur, l'on peut plonger dans ces promenades semées
722 TextUniq| marchand de vin, à la mine pluvieuse, à la devanture éraillée,
723 TextUniq| devanture éraillée, frappée de pochons de fange, puis ce boyau
724 TextUniq| jambonnées par des fumées de poêle ; et, le soir, les artisans
725 TextUniq| teintureries de laine, de poils de chèvre et de cachemyre ;
726 TextUniq| Paris où elle n'entrait point, elle jouait, çà et là,
727 TextUniq| chaussettes inouïes, qui par leur pointure étonnent, se balancent sous
728 TextUniq| abritant de gémissantes pompes, des portes basses, au fond
729 TextUniq| habitants, qui forment comme la populace oubliée d'un roi de Thunes,
730 TextUniq| lunaire est habité par une population autochtone qui vit et meurt
731 TextUniq| croûte de terre formant porche, la Bièvre disparaît à nouveau
732 TextUniq| les boulevards Arago et de Port-Royal, et de l'autre longe la
733 TextUniq| la réalité refoule les postulations vers les contrées des au-delà,
734 TextUniq| ouvriers qui écument l'horrible pot-au-feu des cuves, qui râtissent
735 TextUniq| Fontaine-à-Mulard et de la rue du Pot-au-Lait. Dans ces parages écartés,
736 TextUniq| fer emmanchées dans des poteaux de bois mort, de l'eau en
737 TextUniq| pont ! ~Jadis, près de la poterne des Peupliers, elle avait
738 TextUniq| les pavés, les murs sont poudrés à frimas. C'est, au coeur
739 TextUniq| petite, jouant encore à la poupée, sous les saules. ~Comme
740 TextUniq| d'un colossal égout. ~Et pourtant, combien était différente,
741 TextUniq| en pisé dont on voit les poutres. ~Cette ruelle se meurt,
742 TextUniq| maintenant, à peine, dans des préaux, au plein air ; l'ancienne
743 TextUniq| coiffées de tôle, sont précédées, au dehors, d'escaliers
744 TextUniq| vergers et de ses bois, et se précipitait dans le fleuve, près de
745 TextUniq| logent dans ces masures prennent le frais sur le pas des
746 TextUniq| Saint-Marceau, puis filait à travers prés sous des saules, se brisait
747 TextUniq| roturière richesse du temps présent est accomplie. Les millionnaires
748 TextUniq| dans la contemplation et la prière, là où la rivière coulait
749 TextUniq| derniers râles, jusqu'à ce que, prise de pitié, la Ville intervienne
750 TextUniq| ouvre sur un corridor de prison, noir comme un fond de cheminée
751 TextUniq| saltimbanque, dételées et privées de roues. Ces boîtes, coiffées
752 TextUniq| ruelle des Gobelins, si proche ; ce n'est plus la hantise
753 TextUniq| l'ombre et éclate en une prodigieuse eau-forte ; l'admirable
754 TextUniq| éternelle neige, une neige produite par le râclage envolé des
755 TextUniq| côtoie la Bièvre ; et cela se prolonge jusqu'aux derrières de la
756 TextUniq| on peut plonger dans ces promenades semées de boulingrins et
757 TextUniq| entretiens des moines qui se promenaient sur le bord gazonné de ses
758 TextUniq| Respect à la loi et aux propriétés», mais si on lève la tête,
759 TextUniq| seule toute une antique province, avec ses pavés encadrés
760 TextUniq| Peupliers, elle avait encore pu garder quelques semblants
761 TextUniq| s'enfonce dans une ombre puante ; la rue Croulebarbe continue,
762 TextUniq| en une fillette à peine pubère, en une naïade toute petite,
763 TextUniq| d'usine, l'eau exténuée, putride. ~Symbole de la misérable
764 TextUniq| grelottes le long de ses quais empâtés de fange. ~L'aspect
765 TextUniq| ni la joviale crapule des quartiers qui l'avoisinent ; ce n'
766 TextUniq| fleurs plantés d'on ne sait quelles tiges ; puis, à gauche,
767 | quelque
768 TextUniq| emblématique image de ces races abbatiales, de ces vieilles
769 TextUniq| une neige produite par le râclage envolé des peaux. La nuit,
770 TextUniq| étoile, formée de coins et de racoins. L'on a devant soi de grandes
771 TextUniq| dans l'affût industriel des racoleurs ; spoliée de ses vêtements
772 TextUniq| milliers de peaux de lapin racornies s'entrechoquent dans des
773 TextUniq| âpreté au gain, un abus de rage ; dans l'espace compris
774 TextUniq| étouffant ses derniers râles, jusqu'à ce que, prise de
775 TextUniq| des flocons de fumée noire rampent en haut des cheminées d'
776 TextUniq| hermine. Ce n'est plus le rappel de l'ancien Paris, suggéré
777 TextUniq| blanchisseuses, enfouies, au ras de l'eau, jusqu'aux aisselles,
778 TextUniq| pelles, des brouettes, des râteaux, des roues de rémouleur,
779 TextUniq| pot-au-feu des cuves, qui râtissent des peaux sur une douve,
780 TextUniq| d'un Orient torride ; la réalité refoule les postulations
781 TextUniq| que le Paris contemporain recèle. ~C'est une allée de guingois,
782 TextUniq| la Ville intervienne et réclame la morte qu'elle ensevelit,
783 TextUniq| des tampons d'égout qui la recouvrent. ~Plus loin, il est vrai,
784 TextUniq| a alors contre elle une recrudescence d'âpreté au gain, un abus
785 TextUniq| Là où la vie humaine se recueillait dans la contemplation et
786 TextUniq| draps. ~C'est la ruelle des Reculettes, un vieux passage de l'ancien
787 TextUniq| dont l'image brisée se réflétait encore dans sa glace brune ;
788 TextUniq| Orient torride ; la réalité refoule les postulations vers les
789 TextUniq| fond de l'immense ville, regorge d'ouvriers, employés dans
790 TextUniq| cimetière, écimés et secs, rejoints entre eux par des fils sur
791 TextUniq| et de légères passerelles reliaient, sur son dos, la route sans
792 TextUniq| dans le passage Moret, qui relie la ruelle des Gobelins à
793 TextUniq| rue de Tolbiac, bâtie sur remblai, a rompu l'horizon que ferme
794 TextUniq| des haillons peints par Rembrandt, de délicieuses hideurs
795 TextUniq| dans ses détours, il faut remonter la rue du Moulin-des-Prés
796 TextUniq| des râteaux, des roues de rémouleur, gisent de toutes parts ;
797 TextUniq| et des lambeaux de bâche remplacent les carreaux perdus ; des
798 TextUniq| tourbillon de drapeaux blancs qui remuent le ciel, tandis que, plus
799 TextUniq| admirable Paris d'antan renaît, avec ses sentes tortueuses,
800 TextUniq| partout des palis clos, des renfoncements abritant de gémissantes
801 TextUniq| âpres négociants qui se la repassent, mais, d'un commun accord,
802 TextUniq| de dilection, un lieu de repos, un retour d'enfance, une
803 TextUniq| GEORGES LANDRY ~La Bièvre représente aujourd'hui le plus parfait
804 TextUniq| un retour d'enfance, une reprise de la campagne où elle était
805 TextUniq| lie de vin, émaillées de reprises de couleur, épaisses comme
806 TextUniq| autre, celle qui était jadis réservée aux lavandières, évoque
807 TextUniq| mortes et d'indescriptibles résidus qui la glacent, ainsi qu'
808 TextUniq| caractères effacés ces mots : «Respect à la loi et aux propriétés»,
809 TextUniq| tunnels, sortant, juste pour respirer, de terre, au milieu des
810 TextUniq| souterrains ou dans des gorges resserrées d'usine, l'eau exténuée,
811 TextUniq| Dans ce paysage où les resserres des peaussiers affectent,
812 TextUniq| parc voisin s'arrête. Il ne reste plus, jusqu'à l'avenue des
813 TextUniq| portes, des Y rouillés de fer retiennent les murs que côtoie la Bièvre ;
814 TextUniq| dilection, un lieu de repos, un retour d'enfance, une reprise de
815 TextUniq| un bruit dans cet enclos retourné à l'état de nature, mais
816 TextUniq| loquet, des vieillards se retournent qui lient des ceps de vigne
817 TextUniq| indigence effraye. Pour retrouver la morne rivière, il faut
818 TextUniq| les offices et les hymnes, réverbérait les entretiens des moines
819 TextUniq| la brune, alors que les réverbères à huile se balancent et
820 TextUniq| hyperboréens, greffés sur les rêves d'une Italie languissante
821 TextUniq| Jeanne-d'Arc, la funèbre ribote de l'avenue d'Italie et
822 TextUniq| noble passé par la roturière richesse du temps présent est accomplie.
823 TextUniq| la populace oubliée d'un roi de Thunes, détourne des
824 TextUniq| l'emprisonnent à tour de rôle, le long de ses rives, elle
825 TextUniq| Tolbiac, bâtie sur remblai, a rompu l'horizon que ferme maintenant
826 TextUniq| Çà et là, de grands murs, rongés de nitre, fleuronnés de
827 TextUniq| des machines à vapeur ronronnent, et, au travers des vitres,
828 TextUniq| fleuronnés de moisissures, rosacés de toiles d'araignée, calcinés
829 TextUniq| munies d'épines courbes et roses comme des griffes ; le paysage
830 TextUniq| absorption du noble passé par la roturière richesse du temps présent
831 TextUniq| élevait un cabaret peint en rouge ; les trains de ceinture
832 TextUniq| anciennes portes, des Y rouillés de fer retiennent les murs
833 TextUniq| craie, délayée de suie, elle roule des amas de feuilles mortes
834 TextUniq| jardins verts et galonnés d'un ruban noir par la Bièvre. Plus
835 TextUniq| corde, les pieds chaussés de sabots, grouillent, pêle-mêle avec
836 TextUniq| bambochent ; des morceaux de sac et des lambeaux de bâche
837 TextUniq| traversait la grande rue Saint-Marceau, puis filait à travers prés
838 TextUniq| Censier et le boulevard Saint-Marcel, l'on opprime encore l'agonie
839 TextUniq| ville. ~Née dans l'étang de Saint-Quentin, près de Trappes, elle court,
840 TextUniq| de fleurs plantés d'on ne sait quelles tiges ; puis, à
841 TextUniq| lattes, de ses maisons de salive et de plâtre, des voitures
842 TextUniq| fenêtres évoquent les fastueux salons du temps jadis. C'est l'
843 TextUniq| couvrent d'eschares et de salpêtre et de fleurs de dartres ;
844 TextUniq| plâtre, des voitures de saltimbanque, dételées et privées de
845 TextUniq| bousculés, ses toits qui se saluent et se touchent ; c'est,
846 TextUniq| peaux diaprées de taches de sang et sillées de fils bleus ;
847 TextUniq| pour savonner dans cette sauce, tout au plus si quelques
848 TextUniq| desquelles, dans un jour saumâtre, serpentent de gluants escaliers
849 TextUniq| descendent maintenant pour savonner dans cette sauce, tout au
850 TextUniq| italiennes, la Bièvre coule, scarifiée par les acides. Globulée
851 TextUniq| rue des Gobelins. ~Ici, la scène change ; le décor d'une
852 TextUniq| morts-nés, chabraques et scieries de peaux, teintureries de
853 TextUniq| alignait des cordes pour sécher du linge ; la Bièvre bouillonnait,
854 TextUniq| de cimetière, écimés et secs, rejoints entre eux par
855 TextUniq| Mais ce n'est pas tout ; ce séculaire vestige du vieux Paris confine
856 TextUniq| fabriques, mais dont le seigneurial aspect persiste. Au numéro
857 TextUniq| et devenue parallèle à la Seine, descendait dans l'enclos
858 TextUniq| encore pu garder quelques semblants de gaîté, quelques illusions
859 TextUniq| plonger dans ces promenades semées de boulingrins et de corbeilles,
860 TextUniq| eau en deuil qui, malade, sent la fièvre et pleure. ~Sans
861 TextUniq| heurte à un nouveau coude, la sente s'élargit et s'éclaire,
862 TextUniq| d'antan renaît, avec ses sentes tortueuses, ses culs-de-sac
863 TextUniq| évoque l'idée d'une Venise septentrionale et fantastique ou d'une
864 TextUniq| lient des ceps de vigne serpentant le long des bâtisses en
865 TextUniq| dans un jour saumâtre, serpentent de gluants escaliers en
866 TextUniq| disparu sous la bourrasque des siècles, le couvent des Cordelières,
867 TextUniq| une solitude immense, la silencieuse apparition d'un improbable
868 TextUniq| magique, parée de villas, aux silhouettes dessinées sur le noir de
869 TextUniq| diaprées de taches de sang et sillées de fils bleus ; des machines
870 TextUniq| avoisinent ; ce n'est pas le sinistre délabrement de la Butte-aux-Cailles,
871 TextUniq| de racoins. L'on a devant soi de grandes bâtisses chevronnées,
872 TextUniq| fumées de poêle ; et, le soir, les artisans qui logent
873 TextUniq| un coin de vieille ville, solennelle et sombre, surgit à deux
874 TextUniq| touchent ; c'est, dans une solitude immense, la silencieuse
875 TextUniq| vitres, l'on voit, sous les solives où des volants courent,
876 | sommes
877 TextUniq| de Thunes, détourne des songes hyperboréens, greffés sur
878 TextUniq| verdure, des fouillis de sorbiers et de lilas, de platanes
879 TextUniq| Moret devient modernement sordide. L'on dirait, de ses appentis
880 TextUniq| loin, il est vrai, elle sort de ses geôles, et, divisée
881 TextUniq| étouffe dans des tunnels, sortant, juste pour respirer, de
882 TextUniq| brune ; c'était, en quelque sorte, pour elle, un coin de dilection,
883 TextUniq| dans ce labyrinthe, sans en sortir. Ce hameau, perdu au fond
884 TextUniq| couleur, épaisses comme des souches. ~La Bièvre a désormais
885 TextUniq| odeur de terre humide, un souffle fade de marécage ; puis,
886 TextUniq| loutre ; des piles de tan soufflent leur parfum acéré d'écorce,
887 TextUniq| que des vitraux dénoncent, sourit avec ses hautes fenêtres,
888 TextUniq| ingénieurs l'ont enfermée dans un souterrain, casernée sous une voûte,
889 TextUniq| là, encore, dans de noirs souterrains ou dans des gorges resserrées
890 TextUniq| improbable site dont le souvenir effare, lorsqu'à trois pas,
891 TextUniq| déroulant, tout le long de sa spirale, des boutiques de marchands
892 TextUniq| industriel des racoleurs ; spoliée de ses vêtements d'herbes
893 TextUniq| épargnées et les cuirs bruts, subit les pinces de l'alun, les
894 TextUniq| rappel de l'ancien Paris, suggéré par la ruelle des Gobelins,
895 TextUniq| dont les marches plient et suintent l'eau gardée, dès qu'on
896 TextUniq| et, divisée en deux bras, suit le chemin de la Fontaine-à-Mulard
897 TextUniq| et sans trêve. ~Pour la suivre dans ses détours, il faut
898 TextUniq| au-dessus desquelles se superposaient, séparés par des tuyaux
899 | sûr
900 TextUniq| ville, solennelle et sombre, surgit à deux pas des avenues modernes.
901 TextUniq| est, à coup sûr, le plus surprenant coin que le Paris contemporain
902 TextUniq| vieux Paris confine à des surprises plus extraordinaires encore. ~
903 TextUniq| Bièvre ! Ecclésiastique et suzeraine, elle longeait le couvent
904 TextUniq| cages, des peaux diaprées de taches de sang et sillées de fils
905 TextUniq| coudrets, emplâtrés de chaux, tachés de vert-de-gris, de cendre
906 TextUniq| s'épuiser aux horribles tâches qu'on exigeait d'elle. Cernée
907 TextUniq| corbeilles, entourées de buis, taillées dans le goût vieillot des
908 TextUniq| par l'oeil en fonte des tampons d'égout qui la recouvrent. ~
909 TextUniq| désormais accaparée par les tanneurs, bruit, sans haleine et
910 TextUniq| devant la manufacture de tapisserie et s'engager dans la rue
911 TextUniq| cendre bleue, de jaune de tartre et de brun loutre ; des
912 TextUniq| chabraques et scieries de peaux, teintureries de laine, de poils de chèvre
913 TextUniq| ouvriers de peausseries et des teintures. Aux fenêtres, des femmes
914 TextUniq| marchands de chaussures, des teinturiers, des apprêteurs, ont mué
915 TextUniq| artichauts trop mûrs dont les têtes sont des brosses couleur
916 TextUniq| Texte~A GEORGES LANDRY ~La Bièvre
917 TextUniq| populace oubliée d'un roi de Thunes, détourne des songes hyperboréens,
918 TextUniq| culottes attachés sur les tibias avec une corde, les pieds
919 TextUniq| moisissures, rosacés de toiles d'araignée, calcinés comme
920 TextUniq| peaux écorchées, macère les toisons épargnées et les cuirs bruts,
921 TextUniq| Val-deGrâce. ~La rue de Tolbiac, bâtie sur remblai, a rompu
922 TextUniq| Ces boîtes, coiffées de tôle, sont précédées, au dehors,
923 TextUniq| plantée de chrysanthèmes et de tomates, hérissée d'artichauts trop
924 TextUniq| marchand de mottes, l'on tombe dans une rue bizarre, avec
925 TextUniq| dès son arrivée à Paris, tombée dans l'affût industriel
926 TextUniq| dignitaires qui sont peu à peu tombées et qui ont fini, de chutes
927 TextUniq| hangars abritent d'immenses tonneaux, d'énormes foudres, de formidables
928 TextUniq| languissante ou d'un Orient torride ; la réalité refoule les
929 TextUniq| renaît, avec ses sentes tortueuses, ses culs-de-sac et ses
930 TextUniq| eau gardée, dès qu'on les touche. Aux lucarnes, dont les
931 TextUniq| toits qui se saluent et se touchent ; c'est, dans une solitude
932 | tour
933 TextUniq| couleur de neige, tout un tourbillon de drapeaux blancs qui remuent
934 TextUniq| près de la porte de la Tournelle. ~Liserant les murs et les
935 TextUniq| dont elle se plaisait à tourner les roues ; puis elle s'
936 TextUniq| Liserant les murs et les tours de Paris où elle n'entrait
937 TextUniq| formidablement enceintes, traînent de juteuses espadrilles
938 TextUniq| cabaret peint en rouge ; les trains de ceinture filaient au-dessus
939 TextUniq| noir de la nuit, en des traits d'argent. Ce site lunaire
940 TextUniq| de Saint-Quentin, près de Trappes, elle court, fluette, dans
941 TextUniq| porte cochère, énorme et trapue, aux vantaux martelés de
942 TextUniq| à la chasse au nègre, la traquent et l'exterminent, épuisant
943 TextUniq| desséchés, la prairie morte. Le travail de la Bièvre, désormais
944 TextUniq| couvent des Cordelières, traversait la grande rue Saint-Marceau,
945 TextUniq| est bordée d'étables qui trébuchent sur une terre pétrie de
946 TextUniq| le mur du verger garni de treilles, plantée de chrysanthèmes
947 TextUniq| de l'abbaye dans l'azur tremblant de ses eaux, accompagnait
948 TextUniq| lilas, de platanes et de trembles ; pas un bruit dans cet
949 TextUniq| bruit, sans haleine et sans trêve. ~Pour la suivre dans ses
950 TextUniq| leur odeur brusque ; des tridents, des pelles, des brouettes,
951 TextUniq| ou du moins la vue de ses tristes habitants, qui forment comme
952 TextUniq| souvenir effare, lorsqu'à trois pas, le long de casernes
953 | trop
954 TextUniq| becs de gaz et bat, sur les trottoirs, en gueulant, son plein. ~
955 TextUniq| campagnarde étouffe dans des tunnels, sortant, juste pour respirer,
956 TextUniq| chevronnées, qui se cognent, les unes contre les autres, et se
957 TextUniq| bras mince, enserré par des usines qui empiètent, avec des
958 TextUniq| Gobelins où cette eau de vaisselle s'engouffre, en bourdonnant,
959 TextUniq| dômes du Panthéon et du Val-deGrâce. ~La rue de Tolbiac, bâtie
960 TextUniq| court, fluette, dans la vallée qui porte son nom, et, mythologiquement,
961 TextUniq| cochère, énorme et trapue, aux vantaux martelés de clous, donne
962 TextUniq| fils bleus ; des machines à vapeur ronronnent, et, au travers
963 TextUniq| un pestilentiel fumet de vase, on la voit, seule, piétinant
964 TextUniq| clous, donne accès dans une vaste cour où de hautes fenêtres
965 TextUniq| partout des enseignes : veaux mégis et morts-nés, chabraques
966 TextUniq| ses culs-de-sac et ses venelles, ses pignons bousculés,
967 TextUniq| paysage évoque l'idée d'une Venise septentrionale et fantastique
968 TextUniq| tuyaux et de gargouilles, de ventres gonflés et de toits fous.
969 TextUniq| condamnée, des fusées de verdure, des fouillis de sorbiers
970 TextUniq| celle qui longe le mur du verger garni de treilles, plantée
971 TextUniq| de froides lueurs ; des vermicelles d'argent frétillent sur
972 TextUniq| au dehors, d'escaliers vermoulus, chancis, mous, dont les
973 | vers
974 TextUniq| emplâtrés de chaux, tachés de vert-de-gris, de cendre bleue, de jaune
975 TextUniq| étangs granulés de mouches vertes par des lentilles d'eau ;
976 TextUniq| hôtels entourés de jardins verts et galonnés d'un ruban noir
977 TextUniq| pas tout ; ce séculaire vestige du vieux Paris confine à
978 TextUniq| racoleurs ; spoliée de ses vêtements d'herbes et de ses parures
979 TextUniq| un amas de bouges dont la vicieuse indigence effraye. Pour
980 TextUniq| de portes à loquet, des vieillards se retournent qui lient
981 TextUniq| effondre, et un coin de vieille ville, solennelle et sombre,
982 TextUniq| races abbatiales, de ces vieilles familles, de ces castes
983 TextUniq| buis, taillées dans le goût vieillot des parcs auliques. ~La
984 TextUniq| retournent qui lient des ceps de vigne serpentant le long des bâtisses
985 TextUniq| une cité magique, parée de villas, aux silhouettes dessinées
986 TextUniq| attirées dans le guet-apens des villes, la Bièvre n'est-elle pas
987 TextUniq| population autochtone qui vit et meurt dans ce labyrinthe,
988 TextUniq| fond de chapelle que des vitraux dénoncent, sourit avec ses
989 TextUniq| ronronnent, et, au travers des vitres, l'on voit, sous les solives
990 TextUniq| toute la gaieté du parc voisin s'arrête. Il ne reste plus,
991 TextUniq| salive et de plâtre, des voitures de saltimbanque, dételées
992 TextUniq| essaims de fumée blanche volaient et se nichaient dans des
993 TextUniq| sous les solives où des volants courent, des ouvriers qui
994 TextUniq| montées et des descentes de volets et de cages, des escalades
995 TextUniq| souterrain, casernée sous une voûte, et elle ne voit plus le
996 TextUniq| le plus extraordinaire voyage dans un Paris insoupçonné
997 TextUniq| de gluants escaliers en vrilles ; en l'air, des fenêtres
998 TextUniq| malheureuse paraît, les Yankees de la halle aux cuirs se
999 | yeux
1000 TextUniq| Alors, la ruelle élargit ses zigzags et le vieux bâtiment, bosselé
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