abjec-rempl | renco-yeux
Chapitre
1 III| une aventure absurde et abjecte. Je songeais à la pauvre
2 III| d’entrevoir une aventure absurde et abjecte. Je songeais
3 II | qu’il y a du danger. Tu m’accompagnes, pour me défendre.~Cela
4 I | Quand il pleuvait, elle s’accoudait à la fenêtre et m’y faisait
5 I | nous fumions la pipe avec acharnement.~Chétif, et l’estomac débile,
6 I | de chambre complaisante achetait pour elle chez un libraire
7 I | hautaine qui me comblait d’admiration, elle faisait jaillir la
8 I | bibliothèque de son père étaient, affirmait-elle, des ouvrages expurgées,
9 III| songeais à la pauvre enfant affolée avec une pitié douloureuse
10 II | choses au-dessus de ton âge. Seulement, où je vais,
11 III| de mépris sans doute. D’ailleurs, ayant voyagé, je ne l’avais
12 | ainsi
13 III| dit-elle, c’est vous ?~Et elle ajouta, tristement :~- Autrefois,
14 III| maladie, atténué, attendri, alangui en une frêle et pâle jeune
15 II | chose d’horrible et d’infâme allait sortir, sauter sur moi,
16 II | Mais de quel côté serais-je allé ? dans mon trouble, je n’
17 III| Je mentais joliment, allez !… J’étais sortie pour aller
18 I | recevaient, elles avait des allures surprenantes ; je l’ai vue,
19 III| avoir que seize. Blême, amaigrie, la peau d’une blancheur
20 I | col droit et son corsage d’amazone au gilet de toile écrue,
21 II | escalier sans doute. Et mon amie reparut, défaite, haletante,
22 II | mettre en vers latin les amours d’Héro et de Léandre ; la
23 III| typhoïde.~Toute la camaraderie ancienne me revint au coeur, doucement.
24 I | carrures de vingt-cinquième année. Grande, et me paraissant
25 I | familles, chacune dans son appartement, s’attardaient autour du
26 I | parole : un matin elle m’appela du haut de l’escalier : «
27 II | le trottoir. Elles nous appelaient à voix basse, avec des sons
28 II | avec des mots, comme on appelle les chiens. Au milieu de
29 II | par la rue où des femmes appellent, en avançant la tête ! Je
30 III| Je voulus la voir. Je m’approchai du lit. Elle tourna lentement
31 I | Mal gardée par son père, architecte-inspecteur d’un théâtre de féerie,
32 III| porter des vêtements et de l’argent à cette pauvre Mariette
33 I | inventait des jeux où une armée de reîtres mettait à sac
34 I | auguste, résolu, quoi qu’il arrivât, à remplir mon devoir jusqu’
35 I | dans son appartement, s’attardaient autour du dessert, nous
36 I | donnaient un air garçonnier qui attend et provoque les aventures.~
37 III| longue maladie, atténué, attendri, alangui en une frêle et
38 II | disparut en me disant : « Attends-moi ».~J’étais seul ! Une sueur
39 III| par la longue maladie, atténué, attendri, alangui en une
40 II | orgueil. Ce sont des choses au-dessus de ton âge. Seulement, où
41 I | sentiment d’une fonction presque auguste, résolu, quoi qu’il arrivât,
42 I | fenêtre et m’y faisait venir auprès d’elle pour regarder le
43 II | envelopper, m’emporter. Peut-être aurai-je fui lâchement, oubliant
44 | aurait
45 I | et me paraissant l’être d’autant plus que j’étais, moi, plus
46 I | et ne déserterait pas l’autel. Quant à Antoinette, qui
47 | autour
48 III| elle ajouta, tristement :~- Autrefois, n’est-ce pas, comme j’étais
49 II | debout sur le pas des portes, avançaient la tête, trop grasses, lourdes,
50 II | des femmes appellent, en avançant la tête ! Je m’appuyais
51 | avant
52 III| permettaient d’entrevoir une aventure absurde et abjecte. Je songeais
53 I | qui attend et provoque les aventures.~Et ce n’était pas à fumer
54 I | te surprenait sortant du bain ? » Elle me répondit dans
55 III| Délassements-Comiques, le ballet, les ouvreuses, la lettre, -
56 II | cette pièce ; mais les ballets sont jolis. Comme j’avais
57 | bas
58 II | Elles nous appelaient à voix basse, avec des sons sifflants
59 I | bousculait les maîtresses, battait et embrassait les élèves,
60 I | laissaient voir une nuque bistrée, ses yeux qui regardaient
61 III| paraissait n’en avoir que seize. Blême, amaigrie, la peau d’une
62 II | chute d’un corps sur du bois creux, - sur les marches
63 | bonne
64 I | soir, dans les couloirs des bonnes, et, dès qu’elle sut lire,
65 I | fauteuil, mettre un pied sur le bord de la cheminée, entre la
66 I | sous de tabac, - qu’elle bornait ses hardiesses ! Mal gardée
67 II | sur le fond d’ombre et de boue. Je frissonnais de peur !
68 II | Quand nous eûmes traversé le boulevard Poissonnière, nous entrâmes
69 I | dans un pensionnat ; elle y bouleversa tout ! Elle bousculait les
70 II | grand bruit, un bruit de bousculade, dans la maison où Antoinette
71 I | y bouleversa tout ! Elle bousculait les maîtresses, battait
72 I | remplir mon devoir jusqu’au bout, comme un prêtre malade
73 II | toujours plus vite, le long des boutiques encore éclairées.~Bien qu’
74 I | convoitée à travers les branches par les deux vieillards : «
75 II | une vers l’autre, comme branlantes, noires, avec des fenêtres
76 II | sordide, où pas une croisée ne brillait, poussa une porte entr’ouverte,
77 I | une pipe en terre de brique, où tenaient deux sous de
78 II | des rideaux de mousseline brodée. Des femmes, debout sur
79 | Ça
80 I | honnêtes qui s’y trouvaient çà et là, elle les remplaçait,
81 I | des trappes le maillot des cabotines ; pas surveillée du tout
82 II | par vanité, et feignait de cacher, par discrétion, beaucoup
83 I | alors que je devins son camarade épouvanté et ravi. Elle
84 III| fièvre typhoïde.~Toute la camaraderie ancienne me revint au coeur,
85 I | devenus de très intimes camarades, elle, seize ans, moi, quatorze.
86 I | entre la pendule et le candélabre, en disant : « Ah ! j’ai
87 I | avaient des solidités et des carrures de vingt-cinquième année.
88 II | regardais, elle prit ma casquette de lycéen à la patère de
89 II | les faisaient rire. Elle causa un instant avec celle qui
90 II | eut un tas d’histoires, à cause d’une lettre. Les ouvreuses
91 | celle
92 | ces
93 I | pendant que nos deux familles, chacune dans son appartement, s’
94 I | avec des plénitudes de chair qui gonflaient et tendaient
95 I | retenant des mots et des chansons, écoutant tout ce qui se
96 I | que nous parlions de la chaste Suzanne convoitée à travers
97 I | en disant : « Ah ! j’ai chaud ! » Quand il pleuvait, elle
98 I | un pied sur le bord de la cheminée, entre la pendule et le
99 I | la pipe avec acharnement.~Chétif, et l’estomac débile, le
100 II | mots, comme on appelle les chiens. Au milieu de la rue, une
101 II | l’air d’un grand tas de chiffons, qui va s’ébouler sur le
102 I | elle le savait ; ce qu’on chuchote, elle le criait. Tous les
103 II | Antoinette était entrée ! la chute d’un corps sur du bois creux, -
104 III| peau d’une blancheur de cire, elle était là, comme une
105 II | minutes.~Elle parlait ainsi, clairement à la fois et obscurément,
106 I | intervalles, dans un flic-flac claquant des lèvres, de puissants
107 I | pauvre Mariette, parce que le cocher lui a fait un enfant ! »
108 I | dans les écuries avec les cochers et les palefreniers, retenant
109 III| camaraderie ancienne me revint au coeur, doucement. Je me jetai
110 I | regardait de temps à autre du coin de l’oeil, non sans la pitié
111 I | fanfaronnade hautaine qui me comblait d’admiration, elle faisait
112 I | peu duvetée d’ombre aux commissures des lèvres, et son petit
113 I | qu’une femme de chambre complaisante achetait pour elle chez
114 II | Les ouvreuses sont très complaisantes. Enfin, c’est drôle. Elle
115 II | est bien inutile que tu comprennes. On joue une revue aux Délassements-Comiques.
116 I | du haut de l’escalier : « Conçois-tu cela ? ma mère vient de
117 III| enragé garçon que j’avais connu s’était peu à peu, par la
118 I | dédaigneuse d’un grognard pour un conscrit, elle ne semblait éprouver
119 I | dans le premier dessous à considérer par la fente des trappes
120 I | essayais de faire bonne contenance, digne, plein du sentiment
121 II | explication, Antoinette continuait à parler.~- Voilà. Mais
122 I | comme un prêtre malade continuerait à dire la messe et ne déserterait
123 | contre
124 I | parlions de la chaste Suzanne convoitée à travers les branches par
125 II | Un homme ivre… dans le corridor… Je me suis trompée de maison… »
126 I | son petit col droit et son corsage d’amazone au gilet de toile
127 III| était là, comme une enfant couchée, doucement plaintive. Le
128 II | me mouillait le front, me coulait le long des bras. Il me
129 I | se dit, le soir, dans les couloirs des bonnes, et, dès qu’elle
130 I | fortement. Ses cheveux noirs, coupés court, laissaient voir une
131 I | des rendez-vous dans la cour à demi obscure, ou le gaz
132 II | trompée de maison… » Nous courions toujours. Quand nous fûmes
133 II | entraînant. Nous nous mîmes à courir droit devant nous, comme
134 I | Ses cheveux noirs, coupés court, laissaient voir une nuque
135 II | homme, avec mes cheveux courts et mon col droit. Une des
136 II | antichambre tinta violemment. Je courus et j’ouvris la porte.~-
137 I | reîtres mettait à sac des couvents d’Ursulines, - tout les
138 I | Car Antoinette était une créature robuste. Ses seize ans,
139 II | chute d’un corps sur du bois creux, - sur les marches d’un
140 I | qu’on chuchote, elle le criait. Tous les cynismes de parole :
141 II | Je m’appuyais au mur, crispé, avec un sursaut à chaque
142 III| que je voulais vous faire croire ?… Je mentais joliment,
143 II | étroite, sordide, où pas une croisée ne brillait, poussa une
144 II | été désolée si elle avait cru que je ne comprenais pas.~
145 I | après le déjeuner, avec sa cuisinière et son valet de chambre,
146 I | elle le criait. Tous les cynismes de parole : un matin elle
147 II | seule, parce qu’il y a du danger. Tu m’accompagnes, pour
148 II | demeure place du Caire, la danseuse. Ce n’est pas loin. Nous
149 II | et mon col droit. Une des danseuses s’est mise à rire en me
150 II | elle, sans s’être expliquée davantage. Le lendemain, et les jours
151 I | acharnement.~Chétif, et l’estomac débile, le tabac m’incommodait
152 I | oeil, non sans la pitié dédaigneuse d’un grognard pour un conscrit,
153 II | doute. Et mon amie reparut, défaite, haletante, m’entraînant.
154 II | Tu m’accompagnes, pour me défendre.~Cela me flatta. L’envie
155 II | l’eus plus du tout. Moi, défenseur ! Je me haussais, je marchais
156 I | l’air d’une statue mal dégrossie à qui l’on aurait mis une
157 II | demandant pourquoi elle s’était déguisée de la sorte, et où nous
158 I | tous les matins, après le déjeuner, avec sa cuisinière et son
159 II | interrogeai Antoinette, lui demandant pourquoi elle s’était déguisée
160 II | Monsieur, dis-je, que demandez-vous ?~- Es-tu bête ! répondit
161 II | Enfin, c’est drôle. Elle demeure place du Caire, la danseuse.
162 I | rendez-vous dans la cour à demi obscure, ou le gaz ne s’
163 II | Elle reprit vivement :~- Dépêche-toi. J’ai une course à faire.
164 | depuis
165 III| qu’elle parlait pour la dernière fois :~- Vous vous souvenez
166 III| sourit, avec la tristesse des derniers sourires, en me tendant
167 II | où les lampes luisaient derrière des rideaux de mousseline
168 | dès
169 I | continuerait à dire la messe et ne déserterait pas l’autel. Quant à Antoinette,
170 II | oser. Mais elle eût été désolée si elle avait cru que je
171 I | s’attardaient autour du dessert, nous avions des rendez-vous
172 I | soirées dans le premier dessous à considérer par la fente
173 III| tremblait.~Chose singulière, en devenant moins jeune, elle avait
174 I | nous étions très vite devenus de très intimes camarades,
175 III| III~Plus tard, je crus le deviner. Homme, ayant appris beaucoup
176 I | et ce fut alors que je devins son camarade épouvanté et
177 | devoir
178 I | et, dès qu’elle sut lire, dévorant tous les romans de la bibliothèque
179 I | faire bonne contenance, digne, plein du sentiment d’une
180 II | II~Un dimanche soir, mes parents étaient
181 I | Tous les soirs, après le dîner, pendant que nos deux familles,
182 II | voleurs poursuivis. Elle disait, avec des essoufflements : «
183 II | feignait de cacher, par discrétion, beaucoup de choses. Une
184 II | une porte entr’ouverte, et disparut en me disant : « Attends-moi ».~
185 III| paroles qu’Antoinette avaient dites pendant le chemin, - « La
186 | dix
187 II | étaient au théâtre, les domestiques étaient sortis, et je m’
188 I | gilet de toile écrue, lui donnaient un air garçonnier qui attend
189 | donner
190 I | lisait, la nuit, dans le dortoir, à haute voix, des livres
191 I | un à côté de l’autre, le dos contre la muraille, nous
192 III| enfant affolée avec une pitié douloureuse où il se mêlait un peu de
193 II | complaisantes. Enfin, c’est drôle. Elle demeure place du Caire,
194 II | répondait-elle toute pâle ; et je dus renoncer à savoir pourquoi
195 I | large bouche rouge un peu duvetée d’ombre aux commissures
196 I | pardessus les flaques d’eau. Elle avait une manie :
197 II | tas de chiffons, qui va s’ébouler sur le trottoir. Elles nous
198 II | entrâmes dans une rue moins éclairée, puis dans une ruelle presque
199 II | long des boutiques encore éclairées.~Bien qu’elle se fût refusée
200 I | des mots et des chansons, écoutant tout ce qui se dit, le soir,
201 II | allons-nous-en ! allons-nous-en ! » m’écriai-je. Elle me pris par le bras
202 I | amazone au gilet de toile écrue, lui donnaient un air garçonnier
203 I | ruisseau, jacassant dans les écuries avec les cochers et les
204 II | je ne comprenais pas, en effet ! Seulement, j’avais peur.
205 I | bibliothèque jamais fermée. Effrayés enfin, ses parents la mirent
206 I | bouche, elle lançait, à d’égaux intervalles, dans un flic-flac
207 I | battait et embrassait les élèves, racontait des histoires
208 I | les maîtresses, battait et embrassait les élèves, racontait des
209 II | une course à faire. Je t’emmène.~Et pendant que je la regardais,
210 II | revins peu à peu de mon émotion ; j’interrogeai Antoinette,
211 II | sur moi, m’envelopper, m’emporter. Peut-être aurai-je fui
212 II | de retour, Antoinette s’enferma chez elle, sans s’être expliquée
213 III| doucement plaintive. Le rude et enragé garçon que j’avais connu
214 I | fauteuil, et joueuse de whist enragée au point qu’elle faisait
215 II | brillait, poussa une porte entr’ouverte, et disparut en
216 II | fourra sur la tête, et m’entraîna par les escaliers.~Dans
217 II | reparut, défaite, haletante, m’entraînant. Nous nous mîmes à courir
218 II | boulevard Poissonnière, nous entrâmes dans une rue moins éclairée,
219 | entre
220 II | maison où Antoinette était entrée ! la chute d’un corps sur
221 III| lettre, - me permettaient d’entrevoir une aventure absurde et
222 II | sortir, sauter sur moi, m’envelopper, m’emporter. Peut-être aurai-je
223 II | défendre.~Cela me flatta. L’envie que j’avais eue de rebrousser
224 I | Ses seize ans, dans leur épanouissement précoce, avaient des solidités
225 I | que je devins son camarade épouvanté et ravi. Elle était extraordinaire.
226 I | conscrit, elle ne semblait éprouver aucune gêne ; la tête un
227 II | dis-je, que demandez-vous ?~- Es-tu bête ! répondit le visiteur.~
228 II | tête, et m’entraîna par les escaliers.~Dans la rue, où elle marchait
229 I | et des tangages. Mais j’essayais de faire bonne contenance,
230 II | poursuivis. Elle disait, avec des essoufflements : « Un homme ivre… dans
231 I | Je le prierais de m’essuyer ! »~
232 III| tristement :~- Autrefois, n’est-ce pas, comme j’étais folle ?…
233 I | acharnement.~Chétif, et l’estomac débile, le tabac m’incommodait
234 I | alors aux naseaux d’un jeune étalon.~Car Antoinette était une
235 | été
236 I | du propriétaire, - nous étions très vite devenus de très
237 I | gonflaient et tendaient les étoffes, - l’air d’une statue mal
238 I | des histoires qui eussent étonné des corps de garde, inventait
239 II | sombre. Oh ! elle était étrange et terrible, cette ruelle.
240 II | flatta. L’envie que j’avais eue de rebrousser chemin, je
241 II | homme, vraiment.~Quand nous eûmes traversé le boulevard Poissonnière,
242 II | rebrousser chemin, je ne l’eus plus du tout. Moi, défenseur !
243 I | racontait des histoires qui eussent étonné des corps de garde,
244 | eût
245 II | refusée à me donner aucune explication, Antoinette continuait à
246 II | enferma chez elle, sans s’être expliquée davantage. Le lendemain,
247 I | affirmait-elle, des ouvrages expurgées, et, tous les mots honnêtes
248 I | épouvanté et ravi. Elle était extraordinaire. Ce qu’on ignore, elle le
249 I | regardaient les gens en face et où la franchise était
250 I | tabac m’incommodait d’une façon sensible, me mettait dans
251 III| renvoyée, et qui mourait de faim dans un hôtel garni.~ ~
252 II | femmes, des paroles qui les faisaient rire. Elle causa un instant
253 I | Sèze. On la rendit à sa famille, et ce fut alors que je
254 I | dîner, pendant que nos deux familles, chacune dans son appartement,
255 I | architecte-inspecteur d’un théâtre de féerie, qui passait ses soirées
256 II | tout dire, par vanité, et feignait de cacher, par discrétion,
257 I | pleuvait, elle s’accoudait à la fenêtre et m’y faisait venir auprès
258 II | branlantes, noires, avec des fenêtres où les lampes luisaient
259 I | dessous à considérer par la fente des trappes le maillot des
260 I | vieillards : « Et toi, que ferais-tu, lui dis-je, - car nous
261 I | de la bibliothèque jamais fermée. Effrayés enfin, ses parents
262 I | des robes pardessus les flaques d’eau. Elle avait une manie :
263 II | pour me défendre.~Cela me flatta. L’envie que j’avais eue
264 I | égaux intervalles, dans un flic-flac claquant des lèvres, de
265 III| est-ce pas, comme j’étais folle ?… Et comme c’était bête !…
266 I | plein du sentiment d’une fonction presque auguste, résolu,
267 II | était troublante sur le fond d’ombre et de boue. Je frissonnais
268 II | me pris par le bras et me força à la suivre, violemment.~
269 II | moi, le chapeau à haute forme un peu penché sur l’oreille,
270 I | étroite, - elle se piétait, fortement. Ses cheveux noirs, coupés
271 II | de l’antichambre, me la fourra sur la tête, et m’entraîna
272 I | les gens en face et où la franchise était presque de l’impudence,
273 III| attendri, alangui en une frêle et pâle jeune fille.~- Ah !
274 II | fond d’ombre et de boue. Je frissonnais de peur ! Antoinette, qu’
275 II | Une sueur me mouillait le front, me coulait le long des
276 II | emporter. Peut-être aurai-je fui lâchement, oubliant Antoinette.
277 I | I~Elle fumait la pipe.~Comme nous logions
278 I | aventures.~Et ce n’était pas à fumer la pipe, - une pipe en terre
279 I | contre la muraille, nous fumions la pipe avec acharnement.~
280 | fut
281 II | éclairées.~Bien qu’elle se fût refusée à me donner aucune
282 I | était ; jouant avec les gamins de la rue, qu’elle rossait
283 III| plaintive. Le rude et enragé garçon que j’avais connu s’était
284 I | écrue, lui donnaient un air garçonnier qui attend et provoque les
285 I | tout par sa mère, obèse, gardant le fauteuil, et joueuse
286 I | bornait ses hardiesses ! Mal gardée par son père, architecte-inspecteur
287 III| mourait de faim dans un hôtel garni.~ ~
288 I | cour à demi obscure, ou le gaz ne s’allumait pas encore,
289 I | semblait éprouver aucune gêne ; la tête un peu renversée,
290 I | yeux qui regardaient les gens en face et où la franchise
291 I | son corsage d’amazone au gilet de toile écrue, lui donnaient
292 I | plénitudes de chair qui gonflaient et tendaient les étoffes, -
293 I | de vingt-cinquième année. Grande, et me paraissant l’être
294 II | avançaient la tête, trop grasses, lourdes, molles, l’air
295 III| tendant une longue main grêle, qui tremblait.~Chose singulière,
296 I | la pitié dédaigneuse d’un grognard pour un conscrit, elle ne
297 I | presque de l’impudence, sa grosse et large bouche rouge un
298 I | Antoinette avait poussée à sa guise, la mauvaise plante qu’elle
299 I | avions pris tout de suite l’habitude de nous tutoyer, - si un
300 II | mon amie reparut, défaite, haletante, m’entraînant. Nous nous
301 I | tabac, - qu’elle bornait ses hardiesses ! Mal gardée par son père,
302 II | Moi, défenseur ! Je me haussais, je marchais sur la pointe
303 I | un matin elle m’appela du haut de l’escalier : « Conçois-tu
304 I | bien, avec une fanfaronnade hautaine qui me comblait d’admiration,
305 III| jetai dans une voiture. Hélas ! je venais bien tard. «
306 II | vers latin les amours d’Héro et de Léandre ; la sonnette
307 I | expurgées, et, tous les mots honnêtes qui s’y trouvaient çà et
308 II | inconnu, quelque chose d’horrible et d’infâme allait sortir,
309 III| mourait de faim dans un hôtel garni.~ ~
310 | I
311 I | extraordinaire. Ce qu’on ignore, elle le savait ; ce qu’
312 II | II~Un dimanche soir, mes parents
313 III| III~Plus tard, je crus le deviner.
314 I | franchise était presque de l’impudence, sa grosse et large bouche
315 I | estomac débile, le tabac m’incommodait d’une façon sensible, me
316 II | chaque logis de ce quartier inconnu, quelque chose d’horrible
317 II | quelque chose d’horrible et d’infâme allait sortir, sauter sur
318 I | lectures, par les vrais mots, infâmes. Une fois que nous parlions
319 II | allumait, ne paraissait pas inquiète. Elle répondait à ces femmes,
320 II | faisaient rire. Elle causa un instant avec celle qui rattachait
321 I | elle lançait, à d’égaux intervalles, dans un flic-flac claquant
322 I | très vite devenus de très intimes camarades, elle, seize ans,
323 II | Voilà. Mais il est bien inutile que tu comprennes. On joue
324 I | étonné des corps de garde, inventait des jeux où une armée de
325 II | essoufflements : « Un homme ivre… dans le corridor… Je me
326 I | rossait dans le ruisseau, jacassant dans les écuries avec les
327 I | admiration, elle faisait jaillir la fumée de ses narines
328 III| coeur, doucement. Je me jetai dans une voiture. Hélas !
329 I | des lèvres, de puissants jets de fumée, ou bien, avec
330 I | de garde, inventait des jeux où une armée de reîtres
331 III| faire croire ?… Je mentais joliment, allez !… J’étais sortie
332 II | mais les ballets sont jolis. Comme j’avais quitté mon
333 I | mauvaise plante qu’elle était ; jouant avec les gamins de la rue,
334 II | inutile que tu comprennes. On joue une revue aux Délassements-Comiques.
335 III| encore, une rougeur aux joues, d’une voix si mourante
336 I | gardant le fauteuil, et joueuse de whist enragée au point
337 III| revue depuis trois ans.~Un jour, par un de ses parents,
338 II | davantage. Le lendemain, et les jours qui suivirent, je l’interrogeai, -
339 II | très longue, relevait sa jupe pour rattacher sa jarretière ;
340 | jusqu
341 II | Peut-être aurai-je fui lâchement, oubliant Antoinette. Mais
342 I | cheveux noirs, coupés court, laissaient voir une nuque bistrée,
343 II | avec des fenêtres où les lampes luisaient derrière des rideaux
344 I | pipe de sa bouche, elle lançait, à d’égaux intervalles,
345 I | impudence, sa grosse et large bouche rouge un peu duvetée
346 II | occupais à mettre en vers latin les amours d’Héro et de
347 II | les amours d’Héro et de Léandre ; la sonnette de l’antichambre
348 I | les remplaçait, dans nos lectures, par les vrais mots, infâmes.
349 III| approchai du lit. Elle tourna lentement la tête, me reconnut tout
350 | leur
351 I | manie : les petits poèmes libertins de la bibliothèque de son
352 I | achetait pour elle chez un libraire de la rue de Sèze. On la
353 I | bonnes, et, dès qu’elle sut lire, dévorant tous les romans
354 I | reîtres, c’était elle, - lisait, la nuit, dans le dortoir,
355 III| voir. Je m’approchai du lit. Elle tourna lentement la
356 I | dortoir, à haute voix, des livres qu’une femme de chambre
357 II | allée avec papa, dans une loge sur le théâtre. C’est bête,
358 I | fumait la pipe.~Comme nous logions à Paris, dans la même maison, -
359 II | me semblait que de chaque logis de ce quartier inconnu,
360 II | avançaient la tête, trop grasses, lourdes, molles, l’air d’un grand
361 II | des fenêtres où les lampes luisaient derrière des rideaux de
362 II | elle prit ma casquette de lycéen à la patère de l’antichambre,
363 I | la fente des trappes le maillot des cabotines ; pas surveillée
364 III| en me tendant une longue main grêle, qui tremblait.~Chose
365 | Maintenant
366 II | terrible, cette ruelle. Les maisons se penchaient l’une vers
367 I | tout ! Elle bousculait les maîtresses, battait et embrassait les
368 III| peu à peu, par la longue maladie, atténué, attendri, alangui
369 I | flaques d’eau. Elle avait une manie : les petits poèmes libertins
370 II | défenseur ! Je me haussais, je marchais sur la pointe des pieds,
371 II | escaliers.~Dans la rue, où elle marchait si vite que je pouvais à
372 II | du bois creux, - sur les marches d’un escalier sans doute.
373 I | cynismes de parole : un matin elle m’appela du haut de
374 I | faisait un « mort » tous les matins, après le déjeuner, avec
375 I | avait poussée à sa guise, la mauvaise plante qu’elle était ; jouant
376 III| pitié douloureuse où il se mêlait un peu de mépris sans doute.
377 I | logions à Paris, dans la même maison, - Antoinette était
378 III| vous faire croire ?… Je mentais joliment, allez !… J’étais
379 II | chapeau et que j’appuyais le menton au rebord de velours, j’
380 III| où il se mêlait un peu de mépris sans doute. D’ailleurs,
381 I | malade continuerait à dire la messe et ne déserterait pas l’
382 III| venais bien tard. « Elle se meurt ! » me dit la mère, plus
383 | milieu
384 II | m’entraînant. Nous nous mîmes à courir droit devant nous,
385 II | serons arrivés avant dix minutes.~Elle parlait ainsi, clairement
386 I | Effrayés enfin, ses parents la mirent dans un pensionnat ; elle
387 I | dégrossie à qui l’on aurait mis une robe étroite, - elle
388 II | Une des danseuses s’est mise à rire en me regardant.
389 II | trop grasses, lourdes, molles, l’air d’un grand tas de
390 II | penché sur l’oreille, et le monocle à l’oeil, - avec un paquet
391 II | et j’ouvris la porte.~- Monsieur, dis-je, que demandez-vous ?~-
392 I | point qu’elle faisait un « mort » tous les matins, après
393 II | étais seul ! Une sueur me mouillait le front, me coulait le
394 III| mère avait renvoyée, et qui mourait de faim dans un hôtel garni.~ ~
395 III| aux joues, d’une voix si mourante que je crus qu’elle parlait
396 II | derrière des rideaux de mousseline brodée. Des femmes, debout
397 II | tête ! Je m’appuyais au mur, crispé, avec un sursaut
398 I | autre, le dos contre la muraille, nous fumions la pipe avec
399 II | fanfaronnade qui se pique de mystère. Elle voulait tout dire,
400 I | jaillir la fumée de ses narines qui ressemblaient alors
401 I | ressemblaient alors aux naseaux d’un jeune étalon.~Car Antoinette
402 II | autre, comme branlantes, noires, avec des fenêtres où les
403 I | fortement. Ses cheveux noirs, coupés court, laissaient
404 | non
405 I | était elle, - lisait, la nuit, dans le dortoir, à haute
406 II | après avoir regardé le numéro d’une maison, étroite, sordide,
407 I | court, laissaient voir une nuque bistrée, ses yeux qui regardaient
408 I | rendez-vous dans la cour à demi obscure, ou le gaz ne s’allumait
409 II | clairement à la fois et obscurément, d’un air de fanfaronnade
410 II | étaient sortis, et je m’occupais à mettre en vers latin les
411 II | forme un peu penché sur l’oreille, et le monocle à l’oeil, -
412 II | pas, dit-elle d’un ton d’orgueil. Ce sont des choses au-dessus
413 II | fait semblant de ne pas oser. Mais elle eût été désolée
414 II | aurai-je fui lâchement, oubliant Antoinette. Mais de quel
415 II | brillait, poussa une porte entr’ouverte, et disparut en me disant : «
416 I | étaient, affirmait-elle, des ouvrages expurgées, et, tous les
417 II | violemment. Je courus et j’ouvris la porte.~- Monsieur, dis-je,
418 I | avec les cochers et les palefreniers, retenant des mots et des
419 II | Délassements-Comiques. J’y suis allée avec papa, dans une loge sur le théâtre.
420 II | monocle à l’oeil, - avec un paquet sous le bras, - c’était
421 I | vingt-cinquième année. Grande, et me paraissant l’être d’autant plus que
422 I | retroussement des robes pardessus les flaques d’eau. Elle
423 II | Antoinette continuait à parler.~- Voilà. Mais il est bien
424 I | infâmes. Une fois que nous parlions de la chaste Suzanne convoitée
425 II | Tais-toi ! tais-toi ! parlons d’autre chose ! » répondait-elle
426 I | criait. Tous les cynismes de parole : un matin elle m’appela
427 I | un théâtre de féerie, qui passait ses soirées dans le premier
428 II | un peu. C’était que les passants ne prenaient pas garde à
429 II | casquette de lycéen à la patère de l’antichambre, me la
430 III| seize. Blême, amaigrie, la peau d’une blancheur de cire,
431 II | si vite que je pouvais à peine la suivre, je revins peu
432 II | cette ruelle. Les maisons se penchaient l’une vers l’autre, comme
433 II | chapeau à haute forme un peu penché sur l’oreille, et le monocle
434 I | de la cheminée, entre la pendule et le candélabre, en disant : «
435 I | parents la mirent dans un pensionnat ; elle y bouleversa tout !
436 III| ouvreuses, la lettre, - me permettaient d’entrevoir une aventure
437 II | nous fûmes arrivés sur une petite place, Antoinette, après
438 I | Elle avait une manie : les petits poèmes libertins de la bibliothèque
439 II | envelopper, m’emporter. Peut-être aurai-je fui lâchement,
440 II | théâtre. C’est bête, cette pièce ; mais les ballets sont
441 I | dans un fauteuil, mettre un pied sur le bord de la cheminée,
442 II | marchais sur la pointe des pieds, j’étais presque aussi grand
443 I | robe étroite, - elle se piétait, fortement. Ses cheveux
444 II | air de fanfaronnade qui se pique de mystère. Elle voulait
445 III| enfant couchée, doucement plaintive. Le rude et enragé garçon
446 I | à sa guise, la mauvaise plante qu’elle était ; jouant avec
447 I | bonne contenance, digne, plein du sentiment d’une fonction
448 I | un peu rude, avec des plénitudes de chair qui gonflaient
449 I | j’ai chaud ! » Quand il pleuvait, elle s’accoudait à la fenêtre
450 II | avait un grand chapeau à plume et une robe rouge très longue,
451 II | avec des sons sifflants plutôt qu’avec des mots, comme
452 I | avait une manie : les petits poèmes libertins de la bibliothèque
453 I | joueuse de whist enragée au point qu’elle faisait un « mort »
454 II | haussais, je marchais sur la pointe des pieds, j’étais presque
455 II | eûmes traversé le boulevard Poissonnière, nous entrâmes dans une
456 III| étais sortie pour aller porter des vêtements et de l’argent
457 II | femmes, debout sur le pas des portes, avançaient la tête, trop
458 II | nous, comme des voleurs poursuivis. Elle disait, avec des essoufflements : «
459 II | une croisée ne brillait, poussa une porte entr’ouverte,
460 I | chambre, Antoinette avait poussée à sa guise, la mauvaise
461 II | marchait si vite que je pouvais à peine la suivre, je revins
462 I | dans leur épanouissement précoce, avaient des solidités et
463 I | passait ses soirées dans le premier dessous à considérer par
464 II | était que les passants ne prenaient pas garde à Antoinette ;
465 I | jusqu’au bout, comme un prêtre malade continuerait à dire
466 I | répondit dans un rire : « Je le prierais de m’essuyer ! »~
467 II | que je la regardais, elle prit ma casquette de lycéen à
468 III| les souvenirs de notre promenade à travers de vils quartiers,
469 I | Antoinette était la fille du propriétaire, - nous étions très vite
470 I | garçonnier qui attend et provoque les aventures.~Et ce n’était
471 II | De quoi ? je n’aurais pas pu le dire. Une chose me rassurait
472 I | claquant des lèvres, de puissants jets de fumée, ou bien,
473 I | déserterait pas l’autel. Quant à Antoinette, qui me regardait
474 II | que de chaque logis de ce quartier inconnu, quelque chose d’
475 III| promenade à travers de vils quartiers, les paroles qu’Antoinette
476 I | camarades, elle, seize ans, moi, quatorze. Tous les soirs, après le
477 | quel
478 | quelque
479 II | sont jolis. Comme j’avais quitté mon chapeau et que j’appuyais
480 I | et embrassait les élèves, racontait des histoires qui eussent
481 III| moins jeune, elle avait rajeuni. Maintenant qu’elle avait
482 II | pu le dire. Une chose me rassurait un peu. C’était que les
483 II | un instant avec celle qui rattachait sa jarretière. « Oh ! allons-nous-en !
484 II | longue, relevait sa jupe pour rattacher sa jarretière ; la blancheur
485 I | son camarade épouvanté et ravi. Elle était extraordinaire.
486 II | j’appuyais le menton au rebord de velours, j’avais la tête
487 II | envie que j’avais eue de rebrousser chemin, je ne l’eus plus
488 I | Les soirs où ses parents recevaient, elles avait des allures
489 III| tourna lentement la tête, me reconnut tout de suite et sourit,
490 II | éclairées.~Bien qu’elle se fût refusée à me donner aucune explication,
491 I | nuque bistrée, ses yeux qui regardaient les gens en face et où la
492 II | emmène.~Et pendant que je la regardais, elle prit ma casquette
493 I | Quant à Antoinette, qui me regardait de temps à autre du coin
494 II | s’est mise à rire en me regardant. Moi aussi, j’ai ri. Alors,
495 II | nous allions.~- Ça ne te regarde pas, dit-elle d’un ton d’
496 II | Antoinette, après avoir regardé le numéro d’une maison,
497 I | venir auprès d’elle pour regarder le retroussement des robes
498 II | robe rouge très longue, relevait sa jupe pour rattacher sa
499 I | trouvaient çà et là, elle les remplaçait, dans nos lectures, par
500 I | résolu, quoi qu’il arrivât, à remplir mon devoir jusqu’au bout,
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