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Texte
Un des jeunes
peintres les plus justement célèbres de ce temps-ci, à qui l’on disait : « Vous
devriez faire le portrait de Mme Adam », répondit : « Mme Adam ? Jamais ! Mme
Adam appartient à Bonnat ou à Carolus Duran . »
Je serais volontiers tenté de faire comme le spirituel artiste, et de m’écrier
à mon tour : « Pour esquisser cette physionomie originale et complexe, très
fine et très puissante à la fois, très grande dame et en même temps très femme,
il faudrait la plume d’or d’un Théophile Gautier, ou d’un Paul de Saint-Victor,
ou d’un Goncourt. »
A défaut de ces éminents docteurs de beauté, voici un léger croquis assez
prestement troussé par le chroniqueur en titre d’un de nos grands journaux
parisiens :
« La première fois que je vis Mme Adam, je fus vivement frappé par sa grande
beauté. Cette beauté est restée la même : l’oeil, d’un gris bleuté et plein de
lumière, est aussi éclatant, la bouche aussi ferme et l’ovale aussi pur ; elle
a dans les joues ces deux fossettes qui font que, quand elle rit, elle semble
rire deux fois. Mince et très élancée, la taille est tellement souple que la
femme semble plus grande qu’elle ne l’est en réalité. La voix est douce et
métallique. Quand elle parle, le mot sonne ferme et bien timbré. Elle raconte
avec un charme infini. Je ne sais pas qui lui a vendu de l’esprit, mais, à coup
sûr, on ne lui a pas volé son argent ; ce sont ses auditeurs qui redoivent. A
travers tout cela, une façon de se pencher en arrière et de regarder très haut qui
lui sied à merveille. »
Le portrait ne laisse pas d’être assez fidèle ; tout au plus a-t-il besoin
d’être complété et rehaussé par quelques retouches.
Ce que surtout le peintre ne semble pas avoir suffisamment mis en relief, c’est
cette sorte de crânerie élégante et spirituelle particulière à son modèle, et
qui est comme la marque de sa personnalité.
Quand Mme Adam entre dans un salon ou dans une loge de théâtre avec cette
allure rapide qui lui est familière, et qu’elle répond aux saluts empressés qui
l’accueillent par un geste de la main et quelques paroles gracieuses et
imagées, tous ceux qui sont là se retournent ; et, s’il en est qui ne la
connaissent point, on les voit aussitôt se pencher sur leurs voisins pour
demander qui elle est ; instinctivement, tout le monde sent que c’est
quelqu’un.
Ajoutons qu’elle a les plus bras du monde, les épaules et la taille d’une
déesse de marbre, et que personne ne porte plus haut et plus loin l’art de
s’habiller, ce qui n’est pas sans rendre son voisinage terriblement redoutable
pour ses ennemies, - car une femme aussi en vue a toujours quelques bonnes
petites ennemies.
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Cette crânerie de
bon goût et de bonne compagnie, que nous donnions comme l’attrait le plus
piquant de la physionomie de Mme Adam est également un des caractères les plus
frappants de son talent littéraire.
On sait, en effet, que Mme Adam a publié sous le nom de Juliette Lamber, - son
nom de jeune fille, - un nombre assez considérable d’ouvrages d’un genre élevé
et délicat.
C’est en 1858 qu’elle débuta, avec ses Idées anti-proudhonniennes sur
l’amour, la femme et le mariage, courageuse et spirituelle réponse aux
brutales théories du célèbre polémiste, bientôt suivie de brochures de
circonstances, pleine de verve et d’enthousiasme juvénile : La Papauté dans
la question italienne, et Garibaldi, sa vie d’après des documents
inédits.
Toutefois ce ne fut qu’en 1860 que Mme Juliette Lamber prit pied définitivement
sur le territoire purement littéraire, avec Mon Village, tableau fidèle
et original des moeurs, des préjugés, des petites passions, des joies et des
larmes du village, avec une note philosophique et finement pratique qui le
relève singulièrement.
Le Mandarin, qui parut la même année, est un voyage humoristique à
travers Paris et les idées parisiennes, rempli de fines remarques et d’aperçus
originaux.
Les Récits d’une paysanne, qui vinrent après, nous offrent une suite de
petits poèmes rustiques, écrits par une femme qui aime la nature et la
comprend.
Mme Juliette Lamber, en effet, - et ce n’est pas le côté le moins piquant de
cette Parisienne achevée – est une paysanne, une paysanne picarde, comme elle
le rappelle volontiers. Elle est née à Verberie, dans l’arrondissement de
Senlis, et elle a passée toute son enfance à Chauny, chef-lieu de canton du
département de l’Aisne, où son père exerçait la profession de médecin.
Vers 1862, une dangereuse affection des voies respiratoires étant venue
compromettre gravement sa santé, on l’envoya passer la mauvaise saison à
Cannes. Le pays lui sembla si beau, qu’elle y retourna chaque hiver et finit
même par l’adopter à peu près exclusivement. Et comme, pour cet esprit à la
fois prime-sautier et laborieux, l’admiration se traduisait par un besoin
impérieux de confier au papier ses impressions, elle fit pour le ciel éclatant
de la Provence et les flots bleus de la Méditerranée ce qu’elle avait fait
naguère pour les horizons brumeux des plaines picardes. De là ces deux
charmants volumes du Voyage autour du Grand-Pin et de Dans les Alpes,
dont Paul de Saint-Victor a dit : « Ce qui donne un attrait tout particulier à
ces deux ouvrages, c’est que l’auteur a vécu de la vie des champs, qu’il en a
réfléchit la calme lumière, qu’il en exhale les parfums salubres. »
L’Éducation de Laure, qui suivit, est un roman philosophique, mais un
roman philosophique qui n’a rien de lourd ni de pédantesque.
Saine et sauve, au contraire, est une étude de moeurs mondaines et en
même temps une leçon de haute moralité, donné avec beaucoup de bonne grâce.
Nous arrivons maintenant au Siège de Paris, journal d’une Parisienne,
ouvrage de circonstance, dont l’accent sincère et ému, tout vibrant de
patriotisme, assura le succès.
Personne n’était plus désigné que l’auteur pour écrire l’histoire de ces
tristes évènements, car personne n’avait été en meilleure position pour les
bien voir.
En effet, Mme Juliette Lamber avait épousé, quelques années auparavant, un
homme politique aussi connu que respecté dans le parti républicain, M. Edmond
Adam, qui devint préfet de police du gouvernement de la Défense nationale, puis
député de la Seine, et mourut sénateur inamovible en juillet 1877.
Ainsi placée dans les coulisses du grand drame, elle assista, témoin discret
mais non point impassible, à tout ce qui fut fait, ou plutôt à tout ce qui fut tenté,
et vit défiler devant elle tous les hommes qui jouèrent un rôle au gouvernement
ou dans la presse, durant ces cruels jours d’épreuve.
Aussi a-t-on pu dire du livre de Mme Juliette Lamber que c’était la peinture la
plus originale et la plus saisissante qui ait été faite de l’héroïque et
douloureux siège de Paris.
Après cette excursion en dehors de la littérature pure, son véritable domaine,
Mme Juliette Lamber publia les Récits du golfe Juan, recueil de nouvelles
ciselées avec amour et tout imprégnées des délicieux parfums de la campagne
provençale.
Puis vint Jean et Pascal, roman d’une vigueur et d’une puissance
incomparables, à travers les pages duquel, comme le vent dans les chênes, passe
le souffle de la patrie.
Dans Laide et dans Grecque, qui vinrent ensuite, Mme Juliette
Lamber explora de nouveaux filons avec une merveilleuse souplesse de talent ;
le premier de ces deux remarquables ouvrages est un hommage à l’amour du beau,
que l’auteur possède à un haut degré ; le second est un véritable poème
dramatique en prose, où les plus nobles sentiments sont exposés dans le langage
le plus élevé.
Le théâtre, cette mise en oeuvre des fantaisies les plus osées de
l’imagination, devait attirer un esprit aussi hardi que celui de Mme Juliette
Lamber : aussi saisit-elle avec empressement la première occasion qui s’offrit
à elle d’aborder la scène. Sa Galathée, adaptation très savante et très
réussie d’après le texte de Basiliadis, un jeune poète grec contemporain, fut
jouée avec un succès retentissant au théâtre des Nations par Mounet-Sully, Paul
Mounet, son frère, et Mlle Baretta.
Mise en goût par l’heureuse issue de cette première introduction en France
d’une littérature à peu près complètement inconnue jusqu’alors, l’auteur de Galathée
écrivit ensuite toute une série d’études sur les poètes grecs contemporains,
qui fut comme une révélation, non seulement chez nous, mais dans toute
l’Europe.
Ce volume est le dernier qu’ait publié Mme Juliette Lamber ; mais, s’il faut en
croire les bruits discrets des coulisses littéraires, nous verront paraître
prochainement sous la même signature une oeuvre nouvelle, d’une délicatesse et
d’une originalité toutes particulières, et qui fera certainement une grande
sensation.
L’heure n’est donc pas encore venue d’asseoir un jugement définitif sur cet
éminent écrivain, et nous devrons nous contenter, après avoir rapidement passé
en revue les nombreux ouvrages sortis de sa plume, de dire quelques mots des
principales qualités qui lui ont conquis un rang distingué dans notre
littérature contemporaine.
Mme Juliette Lamber, ainsi qu’on l’a vu, a successivement abordé les genres les
plus divers, mais partout elle a porté les mêmes ressources et la même finesse
d’imagination, la même sensibilité délicate et toujours simple du coeur, le
même amour passionné de la nature, la même pureté, la même ardeur des élans
patriotiques. Comme écrivain, personne ne possède une langue plus chaude, une
plus grande justesse, une plus grande propriété de l’expression ; chez
personne, nous ne voyons, en plus heureuse abondance, ces mots trouvés plutôt
que cherchés qui font images et évoquent les choses devant les yeux du lecteur.
Comme penseur enfin, on ne saurait trop louer chez elle la noblesse, parfois bien
hardie, des sentiments et des idées, et cette manière, à la fois intrépide et
gracieuse, de penser et d’écrire à la française, avec infiniment d’esprit et
plus encore d’émotion.
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Le genre élevé et
délicat, dont l’auteur de Grecque s’est fait une loi de ne pas sortir,
ne s’adresse qu’à un public d’élite ; aussi pouvons-nous dire qu’en dehors du
monde littéraire, la personnalité de Mme Adam est plus généralement connue que
celle de Juliette Lamber.
C’est en 1871, au lendemain de la guerre, que Mme Adam ouvrit son célèbre
salon, dans ce somptueux appartement du boulevard Poissonnière, tout rempli de
meubles anciens, de tableaux, de gravures et de bibelots précieux, qu’elle
habite encore aujourd’hui.
Mme Adam n’avait pas seulement les rares qualités personnelles indispensables
pour jouer ce rôle difficile : un esprit incomparable, une affabilité parfaite,
un charme exquis et – sa beauté ; elle possédait en outre au plus haut degré le
sens rapide des choses de la politique, et un dévouement complet, absolu, aux
idées de progrès. Aussi le salon du boulevard Poissonnière devint-il rapidement
l’un des centres d’action les plus vivants du parti républicain. Sous le règne
de l’ordre moral, il prit même l’importance d’un ardent foyer de résistance :
c’est là qu’aux heures les plus critiques les esprits troublés accouraient
reprendre leur équilibre, que les irrités venaient chercher du calme et les
découragés du courage.
Le triomphe éclatant de ses idées et de ses amis, tout en ajoutant
considérablement à l’influence personnelle de Mme Adam, ne laissa pas de
modifier sensiblement la composition de son salon. Un de ses principaux
attraits ne tarda pas en effet à lui être enlevé par suite de la dispersion des
plus éminentes personnalités du parti ou de leur absorption par les situations
officielles qui retenaient les uns dans leur cabinet ministériel, les autres
dans leurs ambassades plus ou moins lointaines, les autres sur leur fauteuil
présidentiel.
En revanche, le monde artistique et littéraire, attiré par la réputation
d’esprit de Mme Adam, par son amour bien connu pour les arts, prit peu à peu
dans la maison une place prépondérante, sans distinction de parti.
Certes, on trouverait difficilement à Paris et en Europe un pareil
milieu, dont tous les hôtes aient un nom célèbre, ou tout au moins fort connu ;
où l’on puisse coudoyer, le même soir, à côté de nombreux hommes politiques,
députés, sénateurs, ministres, restés fidèles quand même à l’amie des mauvais
jours, des hommes de lettres, des poètes, des auteurs dramatiques comme
Tourgueneff, Dumas, Daudet, Leconte de Lisle, de Banville, de Bornier, Paul
Déroulède, Jean Aicard, Henry Gréville, Ulbach, Theuriet, Claretie ; des
peintres comme Bonnat, Henner, Laurens, Carolus Duran, Jules Breton, Detaille,
Bastien-Lepage ; des sculpteurs comme Paul Dubois, Guillaume, Chapu, Falguière,
Mercié, Millet ; des savants comme Janssen, Robin, Berthelot, Lauth, Pouchet,
Dr Labbé, Trélat ; des grands industriels ou des grands financiers comme les
Heine, les Arlès-Dufour, les Koechlin-Schwartz, les siegfried, les Turgan, les
de Reinach, et tant d’autres que nous oublions.
Et cependant, nous ne serions point surpris que quelques vieux amis de la
maison ne regrettassent parfois l’ancienne intimité des fameux mercredis, où
l’on pouvait pénétrer dans le grand salon rouge sans risque d’être étouffer
dans l’antichambre incessamment encombrée par la foule des allants et des
venants, et où l’on avait, entre onze heures et minuit, l’inappréciable bonne
fortune de voir le plus illustre de nos hommes d’état sous l’aspect quelque peu
inattendu du plus simple, du plus spirituel et du plus naturellement gai des
mortels.
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Mais, plus que
ses travaux littéraires, la direction de son salon ne pouvait suffire à
satisfaire l’activité intellectuelle et morale de Mme Adam : il lui fallut
chercher un aliment à cet amour du travail, qui est chez elle non seulement une
passion, mais un besoin. Cet aliment, elle ne tarda pas à la trouver dans la
fondation d’une grande revue politique et littéraire, largement ouverte aux
idées de progrès et de liberté.
Certes, il fallait une rare intrépidité pour entreprendre d’élever autel contre
autel, à côté, sinon en face , de la Revue des Deux Mondes, et l’on
conçoit que les amis les plus dévoués de Mme Adam aient tout fait pour l’en
détourner. Mais le principal caractère de cette nature essentiellement
intrépide, ainsi que nous avons eu plus d’une fois l’occasion de le constater
au cours de cette étude, c’est précisément de ne point s’arrêter aux
difficultés, non plus qu’au côté périlleux des choses. Mme Adam ne brave pas le
danger, elle le dédaigne.
Là où les hommes du métier les moins timorés eussent reculés avec
terreur, elle passa outre sans hésitation ; et, chose vraiment étonnante,
elle réussit pleinement, absolument, du premier coup, là où les gens les plus
habiles et les plus expérimentés eussent peut-être échoués piteusement.
La Nouvelle Revue, dont le premier numéro parut le 1er octobre 1879,
vient d’entrer dans sa troisième année, et son avenir est assuré désormais.
C’est qu’indépendamment de son grand talent d’écrivain et de sa haute
influence, Mme Adam semble avoir été naturellement douée pour la direction
d’une pareille entreprise : non seulement elle possède un coup d’oeil d’une
sûreté, d’une rapidité merveilleuses, une intelligence, une puissance
d’assimilation et de pénétration véritablement extraordinaire ; mais elle a
encore et par-dessus tout, l’art de manier, de gouverner les hommes, d’une main
à la fois ferme et très douce. Ce que M. Buloz père obtenait avec sa brutalité
légendaire, Mme Adam l’obtient avec un mot aimable, avec un sourire : et tel
auteur qui sortait jadis de la Revue des Deux Mondes furieux, humilié et
ne respirant que par vengeance, sort aujourd’hui de la Nouvelle Revue
charmé, plein d’espoir et tout prêt à remercier, alors même que sa copie
lui a été rendue.
Enfin Mme Adam porte avec elle dans toutes les entreprises qu’elle tente un
bonheur tout particulier qui en assure infailliblement la réussite ; pour nous
servir d’une expression familière mais topique, elle a la veine, cette
capricieuse divinité sans laquelle les chances les plus sérieuses de succès
avortent misérablement. C’est ainsi qu’après s’être assuré, par ses hautes
relations, des collaborateurs de premier ordre, parmi lesquels nous citerons
seulement les noms de Littré, de Berthelot, de Flaubert, de Sacher-Masoch,
d’Henry Gréville, de Ouida, de Sully-Prud’homme, d’Henry de Bornier, de Leconte
de Lisle, il lui est tombe du ciel des bonnes fortunes exceptionnelles, comme
cette étude anonyme sur la guerre turco-russe, dont la publication eut un si
grand retentissement dans toute l’Europe ; comme les lettres inédites de
Mérimée à Panizzi ; comme cette étonnante correspondance , également inédite, de
George Sand sur les évènements de 1848, qui révéla au monde littéraire
une face complètement inconnu de notre grand romancier ; ou encore comme cette
piquante étude biographique sur Alphonse Daudet par son frère.
Il est vrai que ces bonnes fortunes-là n’arrivent qu’à ceux qui les méritent et
qui les attirent. Mme Adam remporte victoire sur victoire, non pas seulement
parce qu’elle est née sous une heureuse étoile, mais surtout parce qu’elle
cherche, parce qu’elle force, parce qu’elle conquiert la chance – ou la veine –
et que personne mieux qu’elle ne sait en tirer parti.
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Nous avons essayé
de peindre Mme Adam sous ses trois aspects d’écrivains, de femme du monde et de
directeur de revue ; mais on ne la connaîtrait pas toute entière, si nous
n’ajoutions qu’il n’est point de femme plus délicatement obligeante et plus
généreusement charitable. Le nombre de gens à qui elle a rendu service, nous
pourrions dire de ceux qu’elle a sauvés, dépasse toute croyance ; et sa
réputation, est si bien établie sur ce point, qu’il n’est pas de budget ni de
bonne volonté qui pussent suffirent aux demandes qu’on lui adresse des côtés
les plus divers. N’est-ce pas pour cela que cette femme supérieure à tant de
points de vue, et que sa supériorité même désignait davantage aux attaques, a
toujours été respectée dans sa personne et dans sa vie par les adversaires les
plus acharnés de ses idées ? Et n’aurait-on quelque raison de répondre à ceux
qui s’étonneraient de ce singulier privilège : « C’est que Mme Adam n’est pas
seulement la femme la plus véritablement et la plus complètement remarquable de
Paris, mais qu’elle en est aussi la meilleure ? »
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