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Texte
Salammbô va
paraître prochainement sur l’écran de l’Opéra de Paris.
C’est la consécration définitive et populaire de l’oeuvre magistrale de Gustave
Flaubert, dans de magnifiques conditions artistiques de présentation. Il y
avait longtemps déjà - presque dès l’apparition des projections
cinématographiques - qu’on avait songé à évoquer la Carthage antique,
reconstituée par Flaubert. En 1913, en Italie on s’y risqua mais le résultat
obtenu fut décevant.
Aujourd’hui, l’entreprise, a été plus méditée et mieux préparée par un
admirateur enthousiaste de Gustave Flaubert, le romancier Pierre Marodon, qui a
réussi à obtenir de notre concitoyenne Mme Franklin-Groult, nièce du maître,
les autorisations nécessaires.
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Pour remplir sa
tâche, il s’est contenté de restituer surtout l’oeuvre de Flaubert, elle-même «
Flaubert, a-t-il écrit, fut mon guide, mon guide constant et persuasif, mon
seul inspirateur de formes décoratives, de rythmes et de mouvements... On dira
ce qu’on voudra de mon film mais je revendique hautement cette qualité : la
conscience, le respect de l’oeuvre littéraire. »
Et Pierre Marodon, raconte que la plupart des décors furent établis à Paris,
puis envoyés par pièces détachées par chemin de fer, jusqu’en Autriche. Et
savez-vous pourquoi en Autriche ? Parce qu’en France, on ne trouve pas les
masses nécessaires de figuration, qui parfois se sont élevées jusqu’à dix mille
personnages. Ce n’est chose possible qu’à Vienne ou Berlin, où les chômeurs
sont légion et où on peut rassembler facilement des milliers de figurants. Il
raconte aussi que la Carthage qu’il a ressuscitée comprend, dans sa partie
haute, dix-sept rues, et que la reconstitution du Palais d’Hamilcar couvrirait
à peu près la superficie de la place de la Concorde, avec ses quatre terrasses,
reliées par des escaliers monumentaux à faire rêver Gémier. Ce sont dans ses
décors étonnants que se dérouleront les grands épisodes du roman : le Repas des
Mercenaires, l’apparition de Salammbô, le défi de Mathô et de Narr’Havas, la
Bataille de Melkar, le Défilé de la Hache, le vol du Zaïmph, les scènes
au Temple de Moloch, le supplice de Mathô et les noces de Salammbô.
Pour ce film très curieux, il a été écrit par Florent Schmitt le compositeur d’Antoine
et Cléopâtre et de la Tragédie de Salomé, une partition inédite qui
soulignera l’oeuvre de Flaubert enfin triomphante.
Pour se rendre compte de l’emprise grandissante de Salammbô sur les
foules de plus en plus nombreuses, il est bon de se rappeler comment fut
accueillie à Rouen et à Paris, l’oeuvre que depuis dix années, Flaubert avait
méditée dans sa retraite de Croisset, vivant seul, isolé et travaillant dans un
silence farouche.
Pendant longtemps on s’était demandé quel serait l’ouvrage, tenu ainsi en
préparation par Gustave Flaubert. A peine Tony Revillon, connu comme
chroniqueur politique du journal La Presse, avait affirmé que le sujet
de ce roman, baptisé Les Mercenaires, serait emprunté à l’histoire de
Carthage. Flaubert lui-même aimait à se garder de toute indication sur le sujet
qu’il traitait. On se souvient de sa réponse un peu cinglante au sénateur
Cordier, avec lequel il entretenait, du reste, de bonnes relations. Faisant
voyage Flaubert, qui de Paris rentrait à Croisset, Cordier lui ayant
demandé ce qu’étaient ces Carthaginois, dont on parlait tant, Gustave
Flaubert lui aurait répondu : « Ce sont les Rouennais de l’Antiquité ». Cette
indécision sur l’oeuvre de Flaubert en préparation, le mystère dont elle
s’entourait et que n’avaient pu percer, ni Sainte-Beuve, ni son secrétaire,
Jules Levallois, ni Cuvillier-Fleury, dans Les Débats, ne fut pas
étrangère au succès de Salammbô, quand le livre parut à point nommé pour
détromper toute la gent littéraire.
En général, on demeura fort étonné, stupéfait même du genre choisi et du sujet
traité. Cette surprise, comme l’a remarqué Théophile Gautier dans un article du
Moniteur du 22 décembre 1862, contribua même puissamment au succès du
livre. Trois éditions en furent enlevées en deux mois. Puis la bataille
littéraire s’engagea.
Bien entendu, ainsi qu’on pouvait le prévoir, la discussion se fixa sur l’étude
archéologique du livre. La plupart des critiques, qui ne connaissaient rien de
la question, tandis que Flaubert avait longtemps parcouru l’Afrique du Nord,
l’avait aimée et l’avait même bien comprise, blâmèrent fort Flaubert d’avoir
voulu reconstituer, étudier « ce qui n’existait pas ». Froehner, l’excellent
Froehner, qui vient de mourir, attaqua très violemment l’érudition
flaubertienne. Est-il besoin de rappeler que Flaubert, avec une vivacité
nourrie de textes nombreux, répondit à son contradicteur, avec une véhémence spirituelle,
dans la Revue moderne et dans l’Opinion nationale ?
La discussion n’est pas encore close entre les archéologues, à propos de Salammbô.
De nos jours, les uns tiennent toujours que le roman est un tissu d’erreurs et
de contre-sens. Tour à tour, Martial Douel, dans Au pays de Salammbô,
avec une préface de René Cagnat, tout en reconnaissant la vérité descriptive
des paysages de Flaubert, a signalé quelques erreurs archéologiques, que
Ledrain a soulignées aussi en l892, dans une chronique de l’Eclair. D’autre
part, Pierre de Trevières, dans la Grande Revue, a appuyé encore plus
vivement sur la disproportion flagrante entre l’effort de composition et le
travail documentaire.
Plus originale est l’étude de Maurice Pézard sur Salammbô et l’archéologie punique,
parue au Mercure de France en 1908. L’auteur y soutient une thèse fort
curieuse qui peut se résumer ainsi : Salammbô fut une erreur de Flaubert. Sa
bonne foi et sa sincérité sont cependant hors de doute. Le travail énorme et
vain qu’il entassa dans l’occurrence était digne d’un meilleur sort.
« Ce n’est
pas que Flaubert n’ait pas été documenté, dit Maurice Pézard, mais il ne
l’était pas comme il eut fallu. Pour essayer de reconstituer dans sa
vérité une époque disparue, il ne suffit pas de puiser dans des ouvrages même
sérieux ; il est nécessaire d’avoir soi-même étudié la langue, les monuments,
la civilisation du peuple que l’on veut célébrer ; il importe de ne faire qu’un
avec lui et d’oublier sa propre race. Nourri presque exclusivement de latin et
de grec, comme on l’était à son époque, c’est dans Polybe, Théophraste, Pline,
Strabon, Pausanias et tutti quanti que Flaubert se trouva tout
naturellement porté à se documenter sur le milieu qu’il voulut prendre. Or les
Romains et les Grecs, si fins chez eux, se sont montrés en général les plus
ridicules des hommes, quand ils ont voulu voyager à l’étranger et gravement ils
ont enregistré toutes les fables et les contes de nourrice qu’ils entendirent.
»
Flaubert, au dire de Maurice Pézard n’aurait enfanté qu’une civilisation
bizarre et somptueuse, mais qui n’avait rien de punique que le nom. Il n’avait
oublié qu’une simple chose, en effet, c’est que Carthage étant une ville sémitique,
seuls les Sémites pouvaient lui donner sur elle des renseignements
vraisemblables.
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Cette ignorance
des sources sémitiques de Salammbô, est-elle bien exacte ? D’autres
archéologues accordent au contraire à Flaubert, une extraordinaire prescience
des notions, que les fouilles entreprises depuis la publication de Salammbô
ont permis d’acquérir sur la civilisation punique. Toute une école d’érudits
américains s’est spécialement attachée à pénétrer la documentation religieuse
de Salammbô. Elle aussi, a rendu hommage à la sagacité de Flaubert. Dans
les Sources of the religious element Flaubert’s Salammbô, Arthur
Hamilton, en 1917, a particulièrement étudié les divinités puniques, et A.
Coleman, dans Salammbô and the Bible, montre que de très nombreux
détails de costume féminin, d’usages, de coiffures, d’instruments de musique,
d’architecture, furent empruntés par Flaubert à la Bible, qui est bien un livre
sémitique !
Somme toute, il s’agissait moins d’exactitude archéologique, que d’art pur et
si la peinture était belle, si la forme en était irréprochable, si l’évocation
était magique, qu’importaient quelques vétilles archéologiques ! A l’exemple de
la critique sérieuse un peu déroutée la parodie, la caricature, la mode, se
jetèrent sur l’oeuvre nouvelle et s’empressèrent de la déchirer, sans essayer
même de la comprendre. Les journaux locaux se montrèrent tout au moins plus
avertis et plus respectueux de l’oeuvre du maître. Alfred Darcel était un
archéologue, un voyageur ayant trop exploré l’Orient, pour ne pas rendre dans
le Journal de Rouen, un hommage mérité à l’immense effort de Gustave
Flaubert. Ici même furent publiés plusieurs fragments de Salammbô,
notamment l’entrée de la prêtresse de Tanit parmi les Mercenaires. Quelques
jours après l’apparition du volume, en 1862, le Journal de Rouen
reproduisait aussi l’étude merveilleuse de Théophile Gautier dont nous avons
déjà parlé. Au Nouvelliste de Rouen, dirigé déjà par Ch.-F. Lapierre,
Flaubert comptait trop d’amis pour que l’article, où Charles Brainne présentait
Salammbô, ne fut pas fort élogieux. Une attaque saugrenue contre l’homme
et l’oeuvre devait cependant se produire dans un petit journal local.
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Elle vint,
prétentieuse et saugrenue, d’un brave juge de paix rouennais, Ernest Simonin,
qui officiait dans le 4e canton, doyen de la corporation. Ses prétentions
littéraires lui avaient fait publier quelques poésies de circonstances fort
médiocres, des Odes sur l’Italie, le Songe d’un zouave, l’Immortalité
de l’âme, monologue élégiaque (?), qui avaient ouvert à Ernest Simonin, les
portes de notre Académie locale, souvent mieux inspirée.
Sous le titre Salammbô, étude critique en vers, notre agressif juge de
paix lança d’abord son brûlot dans la Chronique de Rouen, imprimée alors
chez Giroux et Renaux, puis la publia ensuite en une brochure in 8° de 19
pages, sur un magnifique papier à la forme.
Prenant comme épigraphe une citation de Boileau :
Un auteur
quelquefois trop plein de son objet,
Jamais sans l’épuiser n’abandonne un sujet.
S’il rencontre un palais, il m’en dépeint la face...
Ernest Simonin,
tout au long de douze cents vers filandreux, s’acharne à critiquer sans verve
et à ridiculiser toute l’oeuvre de Gustave Faubert.
Après vingt
siècles, c’est Carthage qu’il exhume
Fossile retrouvé, moins ses vieux ossements ;
Un massacre inédit plein d’épouvantements
Qui manquait jusqu’alors à sa gloire posthume ;
Un récit suranné, rehaussé d’oripeaux,
Commentaire pompeux habillé d’écarlate ;
Qui n’aura su laisser sur ces mêmes tombeaux
Où s’assit Marius, ni son nom, ni sa date ;
Un tableau tout barbare où d’éternels combats
Assomment le lecteur bien plus que les soldats ;
Une prose qui rend comme un son métallique ;
Mosaïque bizarre en marbre numidique ;
Un conte oriental dont on ne revient pas ;
Phénomène vivant aux portes du trépas ;
Travail cyclopéen, échappé, de la plume,
Après être resté dix ans sous une enclume.
C’est là l’entrée
de jeu du lyrique Simonin ; mais il s’en prend ensuite à chacun des «
bonshommes » créés par Flaubert, et en trace des portraits où il prodigue les
traits émoussés de son dénigrement.
C’est un
savant traité des plus cruels tourments,
Un luxe ingénieux d’horribles châtiments.
C’est le grand Hamilcar sauvant la République
Et l’art ressuscitant une langue punique ;
…………………………………………
C’est l’état de santé du noir serpent Python,
Oracle fort commode ami de la maison ;
C’est un festin sauvage où de vrais cannibales
Font, gorgés de vin grec, d’ignobles saturnales ;
Une arène terrible, où de lourds éléphants
Etreignent l’ennemi sous leurs pieds étouffants :
C’est Mathô satisfait de voir sa prise en cage
Rustre obèse, amoureux comme un Coq de village,
Qui veut, non sans doute, ici faire le beau
Et roucoule fort mal auprès de Salammbô.
Somme toute, Simonin a été déçu. Simonin s’attendait à une « histoire très rare
»
Que son maître, à dessein, gardait comme un avare.
Simonin croyait à une nouvelle Emma Bovary
Dont le
scandale tinte encore à ses oreilles.
Et Simonin n’a
pas été satisfait de la « carthaginoiserie » de Gustave Flaubert. L’oeuvre a
beau être célébrée de tous côtés, Simonin ne croit point à son succès éphémère
lancé par la presse et il en appelle, lui Baptiste-Ernest Simonin, ancien
avocat, juge de paix du 4e canton, à l’avenir vengeur !
Allons,
sonnez plus fort, fanfares de la presse !
Sonnez pour Salammbô tous vos airs d’allégresse ;
Que grâce à vous, sa gloire éblouisse les yeux ;
De ses adorateurs, entretenez la flamme ;
Dressez à votre idole un trône lumineux ;
Faites fumer l’encens qu’exige la réclame.
L’astre n’en aura pas un éclat plus fameux.
C’est en vain que prôné partout dans vos colonnes,
Il voudrait un regard de la postérité ;
Le temps, qui vient déjà de flétrir vos couronnes,
Dira, pour rétablir l’austère vérité :
Il fut plus malheureux encore que Carthage,
Dont la mémoire a pu survivre à son naufrage,
De ce livre bruyant, il n’est rien demeuré ;
L’oubli, l’oubli cruel, l’a vite dévoré.
Vraiment, Simonin
ne fut pas bon prophète, même en son pays ! Un autre Rouennais - mais combien
plus fin que ce pauvre Eugène Simonin ! - Jules Levallois, l’ancien secrétaire
de Sainte-Beuve, qui connaissait bien Flaubert et savait par le menu l’histoire
de la véritable Madame Bovary, a lui aussi, plaisanté, sur un ton moins
vulgaire, les aventures de Salammbô et de ses amants rivaux. Voyons ce
qu’il en dit dans des couplets, qui furent publiés en 1868, dans une petite
brochure, introuvable aujourd’hui, et qui s’intitule Les contemporains
chantés par eux-mêmes.
Ma
chansonnette à Salammbô
Irons-nous chercher noise ?
Laissons dormir dans son tombeau
Cette Carthaginoise.
L’auteur amoureux de son art
N’en a pas mis l’quart
Dans son Amilcar,
Et Mathô n’est qu’un ahuri
Biribi
A la façon de Bovary
Mon ami !
Nous vous signalerons pourtant,
A la plus belle place,
L’épisode fort indécent :
D’un serpent très cocasse
« Ah, dit Salammbô, ce python,
Quoique folichon,
Avait bien du bon,
Mais mieux encor vaut un mari,
Biribi
A la façon de Bovary
Mon ami ! »
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Tout, cela
n’était guère méchant. Mais bientôt les parodies s’en mêlèrent sur tous les
tons, le plus souvent incongrus et grossiers. Mais c’est le revers de la gloire
! Le premier, fut Folammbô ou les Cocasseries Carthaginoises, de
Laurencin et Clairville, qui furent jouées le 1er mai 1863, qui était plus une
sorte de revue comique qu’une véritable parodie. On avait bien estropié les
noms historiques, mais sans tirer de ces substitutions antre chose que des
effets d’un burlesque facile. Hamilcar devenait Arrive tard ; Spendius,
Chippius ; Narr’ Havas, lord Havas. Les incidents inventés par la fantaisie de
Laurencin et de Clairville, n’étaient que drôles. La musique des sphères
célestes que Mathô entend quand il vient enlever le Zaïmph ou voile sacré de la
déesse, est remplacée par une pétarade de pois fulminants que les ravisseurs
écrasent en s’enfuyant. Le voile, palladium de la cité perd, du reste, toute
signification symbolique ; il sert tout au plus à quelques plaisanteries équivoques.
Tanit, dit René Descharme, qui donne une analyse de Folammbô, c’est la
Lune, et quand on découvre le voile qui la couvre, tout le monde peut la
contempler. C’est d’un goût un brin douteux.
Après Folammbô, ce fut la Didon, d’Adolphe Belot, avec la musique
de Blangini, opéra-bouffe, représentée aux Bouffes-Parisiens, où Salammbô
figurait, en 1866, quatre ans après l’apparition du volume, ce qui prouve la
persistance du succès. Puis, ce furent les dessins comiques, les caricatures de
Stop dans le Journal amusant, en 1863, parues ensuite sous le titre Nos
toquades, chez Dentu, eu 1864 ; le croquis de Grévin dans le même journal
en 1863, où Salammbô, accompagné du python sacré, se chamaille avec le paysan
du Pied qui r’mue, la fameuse ronde cauchoise, devenue une scie
parisienne, remise à la mode par Avenel. Puis, ce sont encore les blagues un
peu lourdes de Cham, dans l’Illustration, dans le Charivari. L’hiver,
en 1863, avait été tardif ; le caricaturiste le lui reproche, et l’Hiver répond
: « Ce n’est pas ma faute, je me suis endormi en lisant Salammbô ». Enfin,
il y a les fameux travestissements, inspirés par les costumes de Salammbô
; on en retrouve maints exemplaires dans le Journal amusant de 1867,
dans la Tunique bleue de Salammbô, parue dans l’Almanach de la Vie
parisienne, qui, en 1892, fera encore paraître quelques dessins comiques
sur le costume de la prêtresse de Tanit. Partout alors, Salammbô est
accommodée au goût du jour. On peut encore citer, en effet, le travestissement
bizarre porté le 26 février 1863, par Mme Rimsky-Korsakoff chez le prince
Walewsky, travestissement, qui, dit Henry Céard, était « un monument de comique
et de ridicule », bien qu’exécuté par le couturier Wortz. Quel redoublement de
tapage dans la presse, quand dans un grand bal donné à la cour impériale de
Biarritz, Mme de Metternich, la célèbre ambassadrice d’Autriche, parut elle
aussi en Salammbô, avec les cheveux poudrés d’une poudre violette et la
célèbre chaînette d’or à la cheville.
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Souhaitons que l’oeuvre
puissante, colorée et évocatrice de la Carthage antique, rêvée et revécue par
Gustave Flaubert, puisse bientôt, être représentée à Rouen, dans la ville
brumeuse où elle a été conçue...
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