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| Congrégation pour la Doctrine de la Foi Sur le livre Jesus Symbol of God du père Roger Haight, S.J. IntraText CT - Lecture du Texte |
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I. Méthode théologique Dans la préface de son livre Jesus Symbol of God, l'auteur affirme qu'aujourd'hui, la théologie devrait être exercée en dialogue avec le monde post-moderne, mais devrait également "demeurer fidèle à la révélation originelle et la tradition constante" (p. xii), au sens où les données de la foi constituent la norme et le critère de l'herméneutique théologique. Il affirme également qu'il faut établir une "corrélation critique" (cf. pp. 40-47) entre ces données et les formes et qualités de la pensée post-moderne, caractérisée en partie par une historicité radicale et par une conscience pluraliste (cf. pp. 24, 330-334): "La tradition doit être reçue de façon critique dans la situation d'aujourd'hui" (p. 46). Toutefois, cette "corrélation critique" se traduit de fait en une subordination des contenus de la foi à leur caractère plausible et intelligible dans la culture post-moderne (cf. pp. 49-50, 127, 195, 241, 249, 273-274, 278-282, 330-334). Il est affirmé, par exemple, qu'à cause de la conscience pluraliste d'aujourd'hui, "on ne peut pas continuer d'affirmer encore [...] que le christianisme serait une religion supérieure ou que le Christ serait le centre absolu auquel toutes les autres médiations historiques se réfèrent [...]. Dans la culture post-moderne, il est impossible de penser [...] qu'une religion puisse prétendre être le centre auquel toutes les autres doivent être reconduites" (p. 333). En ce qui concerne, en particulier, la valeur des formules dogmatiques, notamment christologiques dans le contexte culturel et linguistique post-moderne, différent de celui dans lequel elles furent élaborées, l'auteur affirme qu'il ne faut pas les négliger, ni non plus les répéter de manière acritique parce que "dans notre culture, elles n'ont pas la même signification que lorsqu'elles furent élaborées. [...] Par conséquent, il faut se référer aux Conciles classiques et les interpréter également de façon explicite pour notre présent" (p. 16). Mais, en réalité, cette interprétation ne se concrétise pas par des propositions doctrinales qui transmettent le sens immuable des dogmes tel que l'entend la foi de l'Eglise, pas plus qu'elles ne les éclaircissent, en enrichissant leur compréhension. L'interprétation de l'auteur se révèle être, en revanche, une lecture non seulement différente, mais contraire à la véritable signification des dogmes. En ce qui concerne, plus particulièrement, la christologie, l'auteur affirme qu'en vue de dépasser un "positivisme ingénu de la révélation" (p. 173, n. 65), celle-ci devrait être inscrite dans le contexte d'une "théorie générale de la religion en termes d'épistémologie religieuse" (p. 188). Un élément fondamental de cette théorie serait le symbole, en tant qu'instrument historique concret: une réalité créée (par exemple une personne, un objet ou un événement) qui fait connaître et rend présent une autre réalité, qui est dans le même temps à l'intérieur et distincte de l'instrument lui-même, comme la réalité transcendante de Dieu, auquel elle renvoie (cf. pp. 196-198). Le langage symbolique, structurellement poétique, imaginatif et figuratif (cf. pp. 177, 256), exprimerait et produirait une expérience de Dieu déterminée (cf. pp. 11), mais ne fournirait pas d'informations objectives sur Dieu lui-même (cf. pp. 9, 210, 282, 471). Ces positions méthodologiques conduisent à une interprétation gravement réductive et captieuse des doctrines de la foi, donnant lieu à des affirmations erronées. En particulier, l'option épistémologique de la théorie du symbole, telle qu'elle est entendue par l'auteur, mine à sa base le dogme christologique qui, à partir du Nouveau Testament, proclame que Jésus de Nazareth est la personne du Fils/Verbe divin qui s'est fait homme 1.
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1 Cf. Concilium Nicaenum, Professio fidei: DH 125; Concilium Chalcedonense, Professio fidei: DH 301, 302; Concilium Constantinopolitanum II, Canones: DH 424, 426. |
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