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SCÈNE 3
Émilie, Valère (en esclave)
ÉMILIE
Un de ces malheureux approche en soupirant!
Hélas! Son infortune est semblable à la mienne!
Quel transport confus me surprend?
Parlons-lui! Ma patrie est peut-être la sienne.
(abordant Valère)
Étranger, je vous plains ...
(le reconnaissant)
Ah! Valère, c'est vous!
VALÈRE
C'est vous, belle Émilie!
ÉMILIE, VALÈRE
Je vous revois! Que de malheurs j'oublie!
De mon cruel destin je ne sens plus les coups.
ÉMILIE
Par quel sort aujourd'hui jeté sur cette rive ...
VALÈRE
Depuis l'instant fatal qui nous a séparés,
Dans cet climats divers mes soupirs égarés
Vous cherchent nuit et jour ... je vous trouve captive.
ÉMILIE
Et ce n'est pas encore mon plus cruel malheur.
VALÈRE
O ciel! Achevez.
ÉMILIE
Non, suspendez ma douleur!
De votre sort daignez enfin m'instruire!
VALÈRE
Un maître que je n'ai point vu
Dans ce palais m'a fait conduire ...
ÉMILIE
Votre maître est le mien.
VALÈRE
O bonheur imprévu!
ÉMILIE
Valère, quelle erreur peut ainsi vous séduire!
Mon tyran m'aime ...
VALÈRE
O désespoir! Non, vous ne sortirez jamais de ses fers!
Quoi! Valère ne vous retrouve
Que pour vous perdre sans retour?
Notre Tyran vous aime!
ÉMILIE
Et ma douleur le prouve,
Je ne demandais pas ce triomphe à l'amour.
VALÈRE
Ah! Sait-on vous aimer dans ce fatal séjour!
Sur ces bords une âme enflammée
Partage ses voeux les plus doux,
Et vous méritez d'être aimée
Par un coeur qui n'aime que vous.
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