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SCÈNE 4
Les mêmes
ZAÏRE
(sans voir Tacmas)
Quoi, Zaïre ose aimer!
TACMAS
(à part)
Quel funeste secret vient-elle de m'apprendre?
Mais contraignons un transport indescret!
Le nom de mon rival reste encore à surprendre.
(à Zaïre)
Belle esclave, je viens vous offrir mon secours.
Vous aimez ... à mes soins, confiez vos amours!
ZAÏRE
Peut-on aimer dans l'esclavage?
C'est en augmenter la rigueur.
Le plaisir fuit un coeur
Que la fortune outrage.
TACMAS
On doit aimer dans l'esclavage,
C'est en adoucir la rigueur.
Le plaisir dédommage un coeur
Que la fortune outrage.
ZAÏRE
Cessez ce vain discours!
TACMAS
(la retenant)
Pardonnez à mon zèle ...
Attendez ... accordez du moins quelques moments
À des tableaux où l'art excelle!
(à part, se fouillant)
Montrons-lui mon portrait!
Dans ces regards charmants,
Je pourrai, sans soupçon, lire ses sentiments.
(à Zaïre, lui montrant le portrait)
Voyez cette peinture!
ZAÏRE
(interdite)
Ah! que me montrez-vous?
(à part)
Je ne l'ai que trop vu.
TACMAS
(à part)
Ciel! quel affreux augure!
Mon portrait semble attirer son courroux ...
Et j'entends son coeur qui soupire ...
Elle forme des voeux ... Un autre les inspire!
Qui peut-être l'objet de mes transports jaloux?
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