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SCÈNE 3
Zima, fille du chef de la nation sauvage,
Alvar, Damon, Adario caché
ALVAR
(à Zima)
Ne puis-je vous fléchir par ma persévérance?
DAMON
(à Zima)
Ne vous lassez-vous point de votre indifférence?
ZIMA
Vous aspirez tous deux à mériter mon choix;
Apprenez que l'amour sait plaire dans nos bois!
Nous suivons sur nos bord l'innocente nature,
Et nous n'aimons que d'un amour sans art.
Notre bouche et nos yeux ignorent l'imposture;
Sous cette riante verdure,
S'il éclate un soupir, s'il échappe un regard,
C'est du coeur qu'il part.
DAMON, ALVAR
Vous décidez pour moi; j'obtiens votre suffrage.
Ah! Quel heureux instant!
ALVAR
La nature qui seule attire votre hommage
Nous dit qu'il faut être constant.
DAMON
Elle prouve à nos yeux qu'il faut être volage.
La terre, les cieux et les mers
Nous offrent tour à tour cent spectacles divers;
Les plus beaux jours entr'eux ont de la différence;
N'est-il défendu qu'à nos coeurs
De goûter les douceurs
Que verse partout l'inconstance?
(à Zima)
Voilà vos sentiments ... dans vos sages climats
L'inconstance n'est point un crime.
ZIMA
Non, mais vous oubliez, ou vous ne savez pas
Dans quel temps l'inconstance est pour nous légitime.
Le choeur change à son gré dans cet heureux
séjour;
Parmi nos amants, c'est l'usage
De ne pas contraindre l'amour;
Mais dès que l'hymen nous engage,
Le choeur ne change plus dans cet heureux séjour.
ALVAR
(montrant Damon)
L'habitant des bords de la Seine
N'est jamais moins arrêté
Que lorsque l'hymen l'enchaîne;
Il se fait un gonneur de sa légèreté;
Et pour l'épouse la plus belle
Il rougirait d'être fidèle.
DAMON
(montrant Alvar)
Les époux les plus soupçonneux
Du Tage habitent les rives,
Là, mille beautés plaitives
Reçoivent de l'hymen des fers et non des noeuds;
Vous ne voyez jamais autour de ces captives
Voltiger les Ris et les Jeux.
Belle Zima, craignez un si triste esclavage!
ALVAR
(à Zima)
Cédez, cédez enfin à mes soins empressés!
ZIMA
Je ne veux d'un époux ni jaloux ni volage.
(à l'espagnol)
Vous aimez trop,
(au français)
Et vous, vous n'aimez pas assez.
ALVAR
Que vois-je?
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