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Scène 3
BÉATRIX
Ah! mon père!
ROBERT
(à part)
Marcel!
LA FOULE, LES SOLDATS
Le prévôt!
ÉTIENNE MARCEL
Je m'étonne de vous trouver ici, ma fille, expliquez-moi!
BÉATRIX
Mon père, nous allions toutes deux à l'église...
Des hommes m'entourant tout à coup m'ont surprise,
Et déjà m'insultaient.
Des gens du roi!
J'étais au milieu d'eux, frissonnante, éperdue!
Mais ce jeune seigneur ici m'a défendue.
ÉTIENNE MARCEL
(à part)
Les gens du Roi! toujours!
(à Robert)
Messire, votre main
ROBERT
(un peu hésitant)
La voici! je ne puis pourtant haïr cet homme!
ÉTIENNE MARCEL
Saurai-je à qui je parle, et comment on vous nomme?
ROBERT
Robert de Loris, écuyer du Dauphin!
BÉATRIX
Ciel!
ÉTIENNE MARCEL
Ecuyer du Dauphin! Retirez-vous, ma fille.
ROBERT
Ah! mon nom l'a blessé!
(à Pierre lui montrant Béatrix)
Vois! une larme brille dans ses yeux; qu'elle est belle!
Et que j'ai bien raison de l'aimer!
ÉTIENNE MARCEL
(les regardant avec défiance)
Je pressens une autre trahison!
Cet homme l'aime peut-être!
Valet de cour, il ira s'égayer avec son maître
Des maux qu'il nous causera.
BÉATRIX
Il nous soupçonne peut-être!
Et sa main nous frappera,
S'il doit quelque jour connaître
Un amour qu'il maudira
ROBERT
Il nous soupçonne peut-être!
Et sa main nous frappera,
S'il doit quelque jour connaître
Un amour qu'il maudira
BÉATRIX
(à Marcel)
Adieu, mon père!
(à Robert)
Adieu, messire!
(Elle s'éloigne avec Marion.)
ROBERT
Adieu!
Mais à mon tour, maître, je me retire;
Mon devoir m'appelle au palais.
ÉTIENNE MARCEL
(avec froideur)
Que Dieu vous garde!
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