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LES DÉLIQUESCENCES
LIMINAIRE
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Et tout le reste est littérature.
PAUL VERLAINE.
En une mer,
tendrement folle, alliciante et berceuse combien ! de menues exquisités
s'irradie et s'irise la fantaisie du présent Aède. Libre à la plèbe littéraire,
adoratrice du banal déjà
vu, de nazilloter à loisir son grossier ron-ron. Ceux-là en effet qui
somnolent en l'idéal béat d'autrefois, à tout jamais exilés des multicolores
nuances du rêve auroral, il les faut déplorer et abandonner à leur ânerie
séculaire, non sans quelque haussement d'épaules et mépris. Mais l'Initié épris
de la bonne chanson bleue et grise, d'un gris si bleu et d'un bleu si gris, si
vaguement obscure et pourtant si claire, le melliflu décadent dont l'intime
perversité, comme une vierge enfouie emmi la boue, confine au miracle, celui-là
saura bien, - on suppose, - où rafraîchir l'or immaculé de ses Dolences. Qu'il
vienne et regarde. C'est avec, sur un rien de lait, un peu, oh ! très peu de
rose, la verte à peine phosphorescence des nuits opalines, c'est les limbes de
la conceptualité, l'âme sans gouvernail vaguant, sous l'éther astral, en des
terres de rêve, et puis, ainsi qu'une barque trouée, délicieusement fluant
toute, dégoulinant, faisant ploc ploc, vidée goutte par goutte au gouffre
innommé ; c'est la très douce et très chère musique des coeurs à demi
décomposés, l'agonie de la lune, le divin, l'exquis émiettement des soleils
perdus. Oh ! combien suave et câlin, ce : bonsoir, m'en vais, l'ultime
farewel de tout l'être en déliquescence, fondu, subtilisé, vaporisé en la
caresse infinie des choses ! Combien épuisé cet Angelus de Minuit aux désolées
tintinnabulances, combien adorable cette mort de tout !
Et maintenant, angoissé lecteur, voici s'ouvrir la maison de miséricorde, le
refuge dernier, la basilique parfumée d'ylang-ylang et d'opoponax, le mauvais
lieu saturé d'encens.
Avance, frère ; fais tes dévotions.
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