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EPILOGUE
Vingt-quatre heures après l'exécution accomplie par le marquis; Mme de Zermès
et sa respectable amie, la baronne de Sainte-Marie, toutes deux parfaitement
remises de leur émotion de la veille, prenaient place dans le train de grande
vitesse courant vers le Havre.
Un navire était en partance pour l'Australie, et Amélie avait appris que, dans
ce pays doré, les maris ne se montrent pas fort difficiles sur le choix de
leurs compagnes.
La baronne aimait trop Amélie pour se détacher d'elle. Mme de Zermès lui
devait cinq mille francs, et ces cinq mille francs étaient hypothéqués sur les
charmes de la plus que jamais jolie veuve.
Le baron de B... fit d'abord un plongeon de quelques jours. On le crut mort ou
tout au moins expatrié ; mais Paris n'a pas son deuil à porter ; le baron a
reparu dans le monde, et il a repris son commerce, qu'il espère bien voir
fructifier
Avis à ceux qui ont besoin d'amis à l'heure ou au mois ou qui désirent posséder
à leur table quelques causeurs aimables et convenablement vêtus.
La veuve Ulcorbani a changé de nom et se nomme à cette heure la marquise della
Mérida.
Elle ne pleure plus ; elle, est d'une gaîté folle, et le baron la présente
comme la fille majeure d'un riche Brésilien.
Ses deux cousines sort devenues ses deux jeunes soeurs.
Quant à M. Dubois, il porte encore la livrée du marquis et se promet bien de ne
plus la quitter. Cependant, comme on ne sait ce qui peut arriver, il continue à
apprendre par coeur les chroniques de la Patrie.
Le commandeur a retrouvé ses deux amis Jobert et Claude Petit, lesquels lui ont
pardonné généreusement son incartade, et tous trois se promettent une heureuse
existence pour l'avenir, dès que les portes de la prison se seront ouvertes
devant eux.
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