V
Apolline entra. Elle avait l’air tout triste en remettant à Jacques un billet
soigneusement cacheté. Celui-ci le parcourut et le tendit à son ami.
« Docteur, était-il écrit, excusez un mouvement de vivacité. Je conçois que
vous n’ayez pu résister à de si infernales coquetteries et je vous plains plus
que je ne vous blâme ; vous êtes, en vérité, la victime d’une des plus
abominables trahisons qui se puissent imaginer, car, sachez-le bien, c’est
elle, l’infâme, qui m’a excité contre vous…
- Ah ! la belle volée de coups de canne que je vais lui flanquer ! interrompit
Lenflé du Pétard.
« Une prière maintenant, continuait l’épitre. Vous m’obligerez en
quittant au plus tôt cette maison où j’étais heureux de vous recevoir, mais où
vous devez comprendre que votre présence est une gêne pour tous les deux.
Agréer, etc…
«VAN DEN BOURIK ».
- Dès qu’il s’excuse, conclut Lenflé du Pétard, je n’ai plus rien à dire.
Partons !
- Partons ! dit Jacques. Mais tu avoueras, mon cher, qu’il est peu agréable de
voyager avec un monsieur dont l’inconduite vous expose à de pareils
désagréments. Si jamais tu me repinces à te suivre aux centenaires des médecins
fameux !...
- Le fait est que j’ai manqué de tenue, pensa douloureusement le pauvre Lenflé
du Pétard.
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