Ce fut dernièrement une révélation assez inattendue que
celle de la fabrication des chapeaux – et, qui plus est, des chapeaux « haut de
forme » - dans la bonne ville d’Yvetot. On ne s’attendait guère à cette
nouvelle gloire que l’hommage d’un impeccable « huit reflets », à M. André de
Fouquières, chef du protocole et maître des élégances, cadeau des chapeliers
yvetotais, fit connaître à tout l’univers.
Yvetot est donc né coiffé, car sa réputation chapelière, pour n’être point
usurpée, ne lui est pas moins venue de sa voisine et rivale, la pauvre ville de
Caudebec. Il ne lui a pas suffi d’enlever à Caudebec son titre de capitale du
Pays de Caux, sa sous-préfecture et jusqu’à sa fabrique de moutarde, Yvetot,
avec ses quatre fabriques modernes de chapeaux, a définitivement fait
disparaître la réputation, qui fut si brillante, des fameux « chapeaux de
Caudebec ». N’est-ce pas sous le Directoire, si on en croit la Statistique
de la Seine-Inférieure, du préfet Beugnot, qu’un industriel au nom
prédestiné, M. Hommets, transporta de Caudebec à Yvetot la fabrique de
chapeaux, qui exportait alors ses produits au Sénégal, en Amérique et dans les
colonies espagnoles ?
Grandeur et décadence, qu’il est peut-être intéressant d’étudier un instant,
grâce à quelques documents et pièces d’archives, puisqu’on se plaint que
l’étude de nos anciennes industries, ait jusqu’à présent été sacrifiée, ce qui,
du reste n’est pas absolument exact…
*
**
|