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Albert Glatigny
Les Folies-Marigny

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  • SCÈNE PREMIÈRE. MARS, seul.
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SCÈNE PREMIÈRE.

MARS, seul.

Bon voyage, bonhomme Hiver ! ne reviens pas !
Le manteau de brouillard dont tu m'enveloppas
Se déchire aux rayons du soleil ; la verdure
Va poindre, le bourgeon sort de l'écorce dure.
C'est un printemps encor qui se met en chemin,
Et le plus beau de tous, le printemps de demain,
Celui qui verse aux coeurs l'espoir à pleine tasse !
Mais, d'abord, il siérait que je me présentasse.
Mesdames et Messieurs, Théophile Gautier,
Ce parfileur de mots si docte en son métier,
Raconte, en une fraîche et riante odelette,
Comment le mois de Mars prépare la toilette
Nouvelle du printemps, et dans chaque buisson
Serine au choeur ailé des oiseaux leur chanson !
Or c'est moi qui suis Mars ! et, précurseur des roses,
J'efface nuitamment les empreintes moroses
Dont le pied de l'hiver souilla le vert sentier.
Je ravive les tons pâlis de l'églantier
Et je repeins à neuf la coupole céleste !
Lutin joyeux, je vais à droite, à gauche, leste,
Dérobant un rayon, ranimant une fleur,
Faisant courir sur tout un souffle de chaleur.
O larmes des jets d'eau, sources cristallisées,
O gais bosquets, orgueil de mes Champs-Élysées,
Réveillez-vous ! je veux entendre le clic-clac
Des cochers mordorés qui reviennent du lac !
Que la foule circule et que les harmonies
Des concerts, de la brise et des massifs fleuris,
Célèbrent à la fois le Printemps de Paris !

CHANSON.

 

I
 
Sur les toits bleus où s'accroche
Un gai rayon de soleil,
Le moineau franc, ce gavroche,
Se pavane, aux dieux pareil !
Dans la lumière tremblante
Court sa chanson insolente.
Mansarde et trou de souris
S'ouvrent à l'aube galante :
C'est le Printemps de Paris !
 
II
 
Sur le pont des bateaux-mouches
On verra Mimi-Pinson
Et les belles peu farouches
Qui ne font point de façon,
En plein midi, sans mystère,
Se diriger vers Cythère.
Tous nos chagrins sont guéris ;
J'aime, je ne puis le taire :
C'est le Printemps de Paris !
 
III
 
Ah ! que Lycoris s'en aille
Avec Gallus dans les bois
Chercher la fleur qui tressaille
Au contact des petits doigts ;
Le seul printemps qui m'enflamme
Le coeur et me grise l'âme,
L'Avril à qui je souris,
Celui-là seul que j'acclame,
C'est le Printemps de Paris !


 




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