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| Isabelle Eberhardt Pleurs d'amandiers IntraText - Concordances (Hapax Legomena) |
Paragraphe
1 19 | le cliquetis des bijoux accompagne en cadence la plainte des 2 14 | l'an dernier... Dieu lui accorde sa miséricorde ! ~ 3 18 | ne sont pas à leur place accoutumée. ~ 4 13 | généreux, quoique simple adel encore. A présent, il est 5 17 | bleue qui délaye les formes, adoucit les angles, ouvrant des 6 13 | alors! Comme il enlevait adroitement sa jument noire! Et comme 7 6 | couvrent leurs poitrines affaissées; à chacun de leurs mouvements 8 10 | le Sahara, où les races d'Afrique viennent se mêler. Et elles 9 20 | trop usée, est morte sans agonie, bien doucement, parce que 10 6 | des chaînettes d'argent agrafées dans les mouchoirs de soie 11 8 | yeux ternes, démesurément agrandis par le kehol leurs joues 12 17 | rayons naissants sèment des aigrettes de feu à la cime des dattiers 13 14 | Châlal, et que j'ai tant aimé? T'en souviens tu? Lui aussi, 14 | air 15 14 | Oui... Et Si Ali, le lieutenant, qui, simple 16 | alors 17 13 | du temps où il était mon amant? Quel fringant cavalier 18 7 | caducs qui ont été leurs amants, jadis... tout ce mouvement 19 | ami 20 19 | étrangement, Saâdia et d'autres amoureuses d'antan se lamentent, se 21 4 | de petits miroirs et d'amulettes, ou couronnées de diadèmes 22 14 | sont ainsi... Il est mort l'an dernier... Dieu lui accorde 23 17 | les formes, adoucit les angles, ouvrant des lointains de 24 6 | elles portent de lourds anneaux dans leurs oreilles fatiguées, 25 6 | Depuis des années, devant une masure en boue 26 8 | lèvres rougies, tout cet apparat jette comme une ombre sinistre 27 2 | le printemps et, sous ces apparences de langueur, et de fin attendrie 28 11 | plaintive des moueddhen appelle les croyants, les deux amies 29 9 | Saâdia, à la fine figure aquiline et bronzée, et Habiba, blanche 30 3 | Bou-Saada et, dans la ville arabe, les passants sont rares. 31 4 | forment et se déforment en un arc-en-ciel sans cesse changeant, comme 32 2 | violente, pleine d'amour et d'ardeur, la sève puissante monte 33 21 | sur lesquels on verse des aromates, puis on le couche, le visage 34 6 | de pièces d'or et de pâte aromatique durcie, de lourdes plaques 35 6 | deux vieilles femmes sont assises du matin au soir. Elles 36 11 | songerie, comme si elles attendaient quelqu'un qui ne vient pas... ~ 37 16 | fantômes des jours passés, attendant que l'heure sonne. ~ 38 2 | apparences de langueur, et de fin attendrie des choses, la vie couve, 39 20 | A l'aube, Habiba, trop vieille et 40 | autres 41 13 | je mangeais les yeux de baisers! ~ 42 | bas 43 | bien 44 2 | de la terre, pour éclore bientôt en une ivresse de renouveau. ~ 45 5 | vêtus et encapuchonnés de blanc, aux visages graves et bronzés, 46 9 | aquiline et bronzée, et Habiba, blanche et frêle, charmaient les 47 4 | vif, jaune citron, grenat, bleu de ciel, orange, rouges 48 18 | emporte en un petit tourbillon bleuâtre. Saâdia et Habiba ne sont 49 9 | charmaient les loisirs des Bou-Saadi et des nomades. ~ 50 15 | sonnent étrangement dans leurs bouches à la voix chevrotante, presque 51 6 | années, devant une masure en boue séchée au soleil ami, deux 52 6 | toutes ces parures et les bracelets à clous de leurs chevilles 53 14 | on venait de le nommer brigadier et il m'oubliait déjà... 54 20 | la vie s'était peu à peu brisé en elle. ~ 55 4 | orange, rouges ou blanches brodées de fleurs et d'étoiles multicolores... 56 9 | fine figure aquiline et bronzée, et Habiba, blanche et frêle, 57 5 | blanc, aux visages graves et bronzés, qui débouchent en silence 58 1 | escarpé de l'oued où l'eau bruisse sur les cailloux blancs 59 17 | les montagnes drapées de brume légère. Une lueur pourpre 60 19 | des bijoux accompagne en cadence la plainte des pleureuses. ~ 61 13 | Saâdia, là-bas. Si Châlal, le cadi... Te souviens-tu du temps 62 7 | de mulets, les vieillards caducs qui ont été leurs amants, 63 1 | où l'eau bruisse sur les cailloux blancs et roses. Penchés 64 17 | ville fauve flambe, comme calcinée par une flamme intérieure, 65 17 | éparses, figées en neige candide, des amandiers pensifs. ~ 66 7 | les cortèges de noces, les caravanes de chameaux ou de mulets, 67 1 | larmes blanches sous la caresse du vent... Leur parfum doux 68 7 | un regard pour elles, les cavaliers, les cortèges de noces, 69 | cela 70 18 | frais achève de disperser la cendre du foyer éteint, qu'elle 71 4 | déforment en un arc-en-ciel sans cesse changeant, comme des essaims 72 | cet 73 6 | poitrines affaissées; à chacun de leurs mouvements rares 74 7 | noces, les caravanes de chameaux ou de mulets, les vieillards 75 4 | un arc-en-ciel sans cesse changeant, comme des essaims de papillons 76 15 | Parfois, elles chantent des couplets d'amour qui 77 9 | Habiba, blanche et frêle, charmaient les loisirs des Bou-Saadi 78 1 | évoquant une mélancolie charmante... ~ 79 4 | des essaims de papillons charmants. ~ 80 4 | noires. Tout cela passe, chatoie au soleil, les groupes se 81 10 | contemplent en paix le décor chatoyant de la grande cité où le-Tell 82 6 | rouge et des tresses de cheveux gris teints au henné en 83 6 | bracelets à clous de leurs chevilles et de leurs poignets osseux, 84 15 | leurs bouches à la voix chevrotante, presque éteinte déjà. ~ 85 4 | citron, grenat, bleu de ciel, orange, rouges ou blanches 86 22 | fumée bleue de son éternelle cigarette achève de s'exhaler le peu 87 7 | la fumée bleue de leurs cigarettes, passer les hommes qui n' 88 17 | des aigrettes de feu à la cime des dattiers et les coupoles 89 21 | emportent Habiba vers l'un des cimetières sans clôture où le sable 90 3 | rares. Dans l'oued pourtant, circulent parfois des théories de 91 6 | lourdes plaques d'argent ciselé couvrent leurs poitrines 92 17 | petits murs bas et les troncs ciselés des dattiers... Sur le bord 93 10 | décor chatoyant de la grande cité où le-Tell se rencontre 94 3 | Le silence des cités du Sud règne sur Bou-Saada 95 4 | émeraude, rose vif, jaune citron, grenat, bleu de ciel, orange, 96 21 | l'un des cimetières sans clôture où le sable du désert roule 97 6 | parures et les bracelets à clous de leurs chevilles et de 98 6 | soie de la coiffure. Des colliers de pièces d'or et de pâte 99 1 | obscurs et gardée par ses collines violettes, dort, voluptueuse, 100 4 | la coiffure saharienne, composée de tresses, de mains d'or 101 10 | rapacité d'antan, elles contemplent en paix le décor chatoyant 102 10 | sourient... à la vie qui continue immuable et sans elles, 103 | contre 104 7 | elles, les cavaliers, les cortèges de noces, les caravanes 105 3 | femmes et de fillettes en costumes éclatants. ~ 106 21 | des aromates, puis on le couche, le visage tourné vers l' 107 19 | sur laquelle Habiba est couchée, tel un informe paquet d' 108 15 | Parfois, elles chantent des couplets d'amour qui sonnent étrangement 109 17 | cime des dattiers et les coupoles d'argent des marabouts semblent 110 19 | déchirant le visage à grands coups d'ongles. Et le cliquetis 111 4 | miroirs et d'amulettes, ou couronnées de diadèmes ornés de plumes 112 2 | attendrie des choses, la vie couve, violente, pleine d'amour 113 6 | plaques d'argent ciselé couvrent leurs poitrines affaissées; 114 11 | des moueddhen appelle les croyants, les deux amies se lèvent 115 5 | visages graves et bronzés, qui débouchent en silence des ruelles ocreuses... ~ 116 19 | d'antan se lamentent, se déchirant le visage à grands coups 117 10 | elles contemplent en paix le décor chatoyant de la grande cité 118 4 | groupes se forment et se déforment en un arc-en-ciel sans cesse 119 17 | emplis d'une fumée bleue qui délaye les formes, adoucit les 120 8 | Leurs yeux ternes, démesurément agrandis par le kehol leurs 121 18 | Devant la demeure des deux vieilles amies, 122 17 | oued, les sentiers étroits demeurent dans l'ombre, vagues, comme 123 | Depuis 124 14 | ainsi... Il est mort l'an dernier... Dieu lui accorde sa miséricorde ! ~ 125 17 | soleil rouge monte lentement derrière les montagnes drapées de 126 21 | sans clôture où le sable du désert roule librement sa vague 127 22 | fini... Et Saâdia, seule désormais, a repris sa place. Avec 128 17 | intérieure, tandis que les dessous des jardins, le lit de l' 129 4 | amulettes, ou couronnées de diadèmes ornés de plumes noires. 130 14 | est mort l'an dernier... Dieu lui accorde sa miséricorde ! ~ 131 18 | le vent frais achève de disperser la cendre du foyer éteint, 132 1 | ses collines violettes, dort, voluptueuse, au bord escarpé 133 20 | morte sans agonie, bien doucement, parce que le ressort de 134 1 | caresse du vent... Leur parfum doux plane dans la tiédeur molle 135 17 | lentement derrière les montagnes drapées de brume légère. Une lueur 136 19 | sur l'immobilité raide duquel les bijoux scintillent étrangement, 137 6 | or et de pâte aromatique durcie, de lourdes plaques d'argent 138 12 | Rarement, elles échangent quelques paroles. ~ 139 3 | de fillettes en costumes éclatants. ~ 140 2 | mystérieux de la terre, pour éclore bientôt en une ivresse de 141 8 | vieux visages émaciés et édentés. ~ 142 4 | Têtes coiffées du lourd édifice de la coiffure saharienne, 143 8 | sinistre sur ces vieux visages émaciés et édentés. ~ 144 4 | Mlahfa violettes, vert émeraude, rose vif, jaune citron, 145 17 | dans l'ombre, vagues, comme emplis d'une fumée bleue qui délaye 146 18 | du foyer éteint, qu'elle emporte en un petit tourbillon bleuâtre. 147 21 | des hommes viennent qui emportent Habiba vers l'un des cimetières 148 5 | groupes d'hommes vêtus et encapuchonnés de blanc, aux visages graves 149 13 | c'était alors! Comme il enlevait adroitement sa jument noire! 150 22 | sur les rives de l'oued ensoleillé et dans l'ombre des jardins, 151 21 | corps à grande eau, on l'entoure de linges blancs sur lesquels 152 | entre 153 6 | rouge sombre, dont la laine épaisse forme des plis lourds autour 154 17 | teinte en rose les larmes éparses, figées en neige candide, 155 1 | dort, voluptueuse, au bord escarpé de l'oued où l'eau bruisse 156 4 | cesse changeant, comme des essaims de papillons charmants. ~ 157 | étaient 158 | été 159 18 | disperser la cendre du foyer éteint, qu'elle emporte en un petit 160 15 | voix chevrotante, presque éteinte déjà. ~ 161 19 | tel un informe paquet d'étoffe rouge, sur l'immobilité 162 4 | blanches brodées de fleurs et d'étoiles multicolores... Têtes coiffées 163 17 | de l'oued, les sentiers étroits demeurent dans l'ombre, 164 1 | tiédeur molle de l'air, évoquant une mélancolie charmante... ~ 165 22 | éternelle cigarette achève de s'exhaler le peu de vie qui reste 166 | faire 167 16 | insouciantes, parmi les fantômes des jours passés, attendant 168 8 | par le kehol leurs joues fardées quand même, malgré les rides, 169 6 | anneaux dans leurs oreilles fatiguées, que soutiennent des chaînettes 170 | faut 171 17 | rose les larmes éparses, figées en neige candide, des amandiers 172 9 | jeunes, Saâdia, à la fine figure aquiline et bronzée, et 173 3 | théories de femmes et de fillettes en costumes éclatants. ~ 174 | fin 175 9 | étaient jeunes, Saâdia, à la fine figure aquiline et bronzée, 176 22 | C'est fini... Et Saâdia, seule désormais, 177 22 | des jardins, les amandiers finissent de pleurer leurs larmes 178 17 | toute la vieille ville fauve flambe, comme calcinée par une 179 17 | comme calcinée par une flamme intérieure, tandis que les 180 4 | rouges ou blanches brodées de fleurs et d'étoiles multicolores... 181 6 | sombre, dont la laine épaisse forme des plis lourds autour de 182 4 | au soleil, les groupes se forment et se déforment en un arc-en-ciel 183 17 | fumée bleue qui délaye les formes, adoucit les angles, ouvrant 184 18 | de disperser la cendre du foyer éteint, qu'elle emporte 185 18 | vieilles amies, le vent frais achève de disperser la cendre 186 9 | bronzée, et Habiba, blanche et frêle, charmaient les loisirs 187 13 | il était mon amant? Quel fringant cavalier c'était alors! 188 14 | cavalier hardi et un joli garçon... Comme j'ai pleuré, quand 189 1 | de ses jardins obscurs et gardée par ses collines violettes, 190 13 | noire! Et comme il était généreux, quoique simple adel encore. 191 | grand 192 19 | se déchirant le visage à grands coups d'ongles. Et le cliquetis 193 5 | encapuchonnés de blanc, aux visages graves et bronzés, qui débouchent 194 4 | rose vif, jaune citron, grenat, bleu de ciel, orange, rouges 195 6 | et des tresses de cheveux gris teints au henné en orangé 196 21 | contre les petites pierres grises, innombrables. ~ 197 14 | aussi, c'était un cavalier hardi et un joli garçon... Comme 198 6 | de cheveux gris teints au henné en orangé vif, elles portent 199 16 | passés, attendant que l'heure sonne. ~ 200 11 | Aux heures où la voix lente et plaintive 201 14 | Lui, il riait, il était heureux; on venait de le nommer 202 Ded| Maxime Noiré, le peintre des horizons en feu et des amandiers 203 7 | Immobiles comme de vieilles idoles oubliées, elles regardent, 204 7 | Immobiles comme de vieilles idoles 205 19 | paquet d'étoffe rouge, sur l'immobilité raide duquel les bijoux 206 10 | à la vie qui continue immuable et sans elles, ou à leurs 207 17 | rivière, la lueur du jour incarnadin teinte en rose les larmes 208 19 | Habiba est couchée, tel un informe paquet d'étoffe rouge, sur 209 21 | petites pierres grises, innombrables. ~ 210 16 | Et elles vivent ainsi, insouciantes, parmi les fantômes des 211 11 | prosternent sur une natte insouillée, avec un grand cliquetis 212 17 | en or massif. Pendant un instant, toute la vieille ville 213 19 | A l'intérieur, une plainte tantôt rauque, 214 17 | calcinée par une flamme intérieure, tandis que les dessous 215 2 | pour éclore bientôt en une ivresse de renouveau. ~ 216 7 | qui ont été leurs amants, jadis... tout ce mouvement de 217 4 | vert émeraude, rose vif, jaune citron, grenat, bleu de 218 | je 219 8 | rougies, tout cet apparat jette comme une ombre sinistre 220 9 | Quand elles étaient jeunes, Saâdia, à la fine figure 221 14 | un cavalier hardi et un joli garçon... Comme j'ai pleuré, 222 8 | agrandis par le kehol leurs joues fardées quand même, malgré 223 17 | la rivière, la lueur du jour incarnadin teinte en rose 224 16 | parmi les fantômes des jours passés, attendant que l' 225 13 | enlevait adroitement sa jument noire! Et comme il était 226 8 | démesurément agrandis par le kehol leurs joues fardées quand 227 13 | Regarde, ô Saâdia, là-bas. Si Châlal, le cadi... Te 228 19 | autres amoureuses d'antan se lamentent, se déchirant le visage 229 2 | sous ces apparences de langueur, et de fin attendrie des 230 19 | Autour de la natte sur laquelle Habiba est couchée, tel 231 21 | on lave le corps à grande eau, on 232 10 | chatoyant de la grande cité où le-Tell se rencontre avec le Sahara, 233 17 | montagnes drapées de brume légère. Une lueur pourpre passe 234 11 | Aux heures où la voix lente et plaintive des moueddhen 235 17 | Le soleil rouge monte lentement derrière les montagnes drapées 236 6 | leurs mouvements rares et lents, toutes ces parures et les 237 21 | entoure de linges blancs sur lesquels on verse des aromates, puis 238 11 | croyants, les deux amies se lèvent et se prosternent sur une 239 8 | malgré les rides, leurs lèvres rougies, tout cet apparat 240 21 | le sable du désert roule librement sa vague éternelle contre 241 14 | Oui... Et Si Ali, le lieutenant, qui, simple spahi, était 242 21 | grande eau, on l'entoure de linges blancs sur lesquels on verse 243 17 | dessous des jardins, le lit de l'oued, les sentiers 244 17 | les angles, ouvrant des lointains de mystère entre les petits 245 9 | et frêle, charmaient les loisirs des Bou-Saadi et des nomades. ~ 246 4 | multicolores... Têtes coiffées du lourd édifice de la coiffure saharienne, 247 6 | pâte aromatique durcie, de lourdes plaques d'argent ciselé 248 | m 249 4 | composée de tresses, de mains d'or ou d'argent, de chaînettes, 250 | Maintenant 251 8 | joues fardées quand même, malgré les rides, leurs lèvres 252 13 | regarder en face... lui dont je mangeais les yeux de baisers! ~ 253 17 | les coupoles d'argent des marabouts semblent en or massif. Pendant 254 17 | marabouts semblent en or massif. Pendant un instant, toute 255 6 | Depuis des années, devant une masure en boue séchée au soleil 256 6 | vieilles femmes sont assises du matin au soir. Elles portent des 257 Ded| A Maxime Noiré, le peintre des horizons 258 14 | quand il est parti pour Médéah! Lui, il riait, il était 259 1 | molle de l'air, évoquant une mélancolie charmante... ~ 260 10 | races d'Afrique viennent se mêler. Et elles sourient... à 261 8 | leurs joues fardées quand même, malgré les rides, leurs 262 21 | tourné vers l'Orient. Vers midi, des hommes viennent qui 263 4 | de chaînettes, de petits miroirs et d'amulettes, ou couronnées 264 14 | dernier... Dieu lui accorde sa miséricorde ! ~ 265 1 | doux plane dans la tiédeur molle de l'air, évoquant une mélancolie 266 6 | autour de leur corps de momies. Coiffées selon l'usage 267 | mon 268 17 | monte lentement derrière les montagnes drapées de brume légère. 269 13 | serviteurs pour le faire monter sur sa mule aussi sage que 270 14 | hommes sont ainsi... Il est mort l'an dernier... Dieu lui 271 20 | vieille et trop usée, est morte sans agonie, bien doucement, 272 6 | argent agrafées dans les mouchoirs de soie de la coiffure. 273 11 | voix lente et plaintive des moueddhen appelle les croyants, les 274 7 | amants, jadis... tout ce mouvement de la vie qui ne les touche 275 6 | affaissées; à chacun de leurs mouvements rares et lents, toutes ces 276 13 | pour le faire monter sur sa mule aussi sage que lui, et les 277 7 | caravanes de chameaux ou de mulets, les vieillards caducs qui 278 4 | brodées de fleurs et d'étoiles multicolores... Têtes coiffées du lourd 279 17 | ouvrant des lointains de mystère entre les petits murs bas 280 2 | puissante monte des réservoirs mystérieux de la terre, pour éclore 281 17 | voile de pudeur. Les rayons naissants sèment des aigrettes de 282 17 | larmes éparses, figées en neige candide, des amandiers pensifs. ~ 283 7 | cavaliers, les cortèges de noces, les caravanes de chameaux 284 13 | enlevait adroitement sa jument noire! Et comme il était généreux, 285 Ded| A Maxime Noiré, le peintre des horizons 286 4 | diadèmes ornés de plumes noires. Tout cela passe, chatoie 287 9 | loisirs des Bou-Saadi et des nomades. ~ 288 14 | heureux; on venait de le nommer brigadier et il m'oubliait 289 1 | roses. Penchés comme en une nonchalance de rêve sur les petits murs 290 13 | Regarde, ô Saâdia, là-bas. Si Châlal, 291 1 | fauve vêtue de ses jardins obscurs et gardée par ses collines 292 5 | débouchent en silence des ruelles ocreuses... ~ 293 19 | visage à grands coups d'ongles. Et le cliquetis des bijoux 294 4 | citron, grenat, bleu de ciel, orange, rouges ou blanches brodées 295 6 | gris teints au henné en orangé vif, elles portent de lourds 296 6 | lourds anneaux dans leurs oreilles fatiguées, que soutiennent 297 21 | le visage tourné vers l'Orient. Vers midi, des hommes viennent 298 4 | ou couronnées de diadèmes ornés de plumes noires. Tout cela 299 13 | que lui, et les femmes n'osent plus le regarder en face... 300 6 | chevilles et de leurs poignets osseux, tintent. ~ 301 14 | nommer brigadier et il m'oubliait déjà... Les hommes sont 302 7 | comme de vieilles idoles oubliées, elles regardent, à travers 303 | Oui 304 17 | formes, adoucit les angles, ouvrant des lointains de mystère 305 10 | antan, elles contemplent en paix le décor chatoyant de la 306 4 | changeant, comme des essaims de papillons charmants. ~ 307 19 | couchée, tel un informe paquet d'étoffe rouge, sur l'immobilité 308 | parce 309 10 | Maintenant, riches, parées du produit de leur rapacité 310 1 | caresse du vent... Leur parfum doux plane dans la tiédeur 311 16 | vivent ainsi, insouciantes, parmi les fantômes des jours passés, 312 12 | elles échangent quelques paroles. ~ 313 14 | ai pleuré, quand il est parti pour Médéah! Lui, il riait, 314 6 | rares et lents, toutes ces parures et les bracelets à clous 315 3 | dans la ville arabe, les passants sont rares. Dans l'oued 316 7 | bleue de leurs cigarettes, passer les hommes qui n'ont plus 317 16 | parmi les fantômes des jours passés, attendant que l'heure sonne. ~ 318 6 | colliers de pièces d'or et de pâte aromatique durcie, de lourdes 319 6 | Coiffées selon l'usage du pays, avec des tresses de laine 320 Ded| A Maxime Noiré, le peintre des horizons en feu et des 321 1 | cailloux blancs et roses. Penchés comme en une nonchalance 322 | Pendant 323 17 | neige candide, des amandiers pensifs. ~ 324 | petit 325 21 | vague éternelle contre les petites pierres grises, innombrables. ~ 326 6 | coiffure. Des colliers de pièces d'or et de pâte aromatique 327 21 | éternelle contre les petites pierres grises, innombrables. ~ 328 11 | heures où la voix lente et plaintive des moueddhen appelle les 329 1 | vent... Leur parfum doux plane dans la tiédeur molle de 330 6 | aromatique durcie, de lourdes plaques d'argent ciselé couvrent 331 2 | la vie couve, violente, pleine d'amour et d'ardeur, la 332 14 | joli garçon... Comme j'ai pleuré, quand il est parti pour 333 1 | murs terreux, les amandiers pleurent leurs larmes blanches sous 334 22 | les amandiers finissent de pleurer leurs larmes blanches, en 335 19 | en cadence la plainte des pleureuses. ~ 336 Ded| feu et des amandiers en pleurs. ~ 337 6 | laine épaisse forme des plis lourds autour de leur corps 338 4 | couronnées de diadèmes ornés de plumes noires. Tout cela passe, 339 6 | leurs chevilles et de leurs poignets osseux, tintent. ~ 340 6 | argent ciselé couvrent leurs poitrines affaissées; à chacun de 341 17 | brume légère. Une lueur pourpre passe à la face des choses, 342 3 | sont rares. Dans l'oued pourtant, circulent parfois des théories 343 13 | quoique simple adel encore. A présent, il est vieux... Il lui 344 | presque 345 22 | un sourire de tristesse printanière... ~ 346 2 | C'est le printemps et, sous ces apparences 347 10 | Maintenant, riches, parées du produit de leur rapacité d'antan, 348 11 | deux amies se lèvent et se prosternent sur une natte insouillée, 349 17 | choses, comme un voile de pudeur. Les rayons naissants sèment 350 2 | amour et d'ardeur, la sève puissante monte des réservoirs mystérieux 351 | qu 352 | Quel 353 11 | comme si elles attendaient quelqu'un qui ne vient pas... ~ 354 | quelques 355 13 | comme il était généreux, quoique simple adel encore. A présent, 356 10 | rencontre avec le Sahara, où les races d'Afrique viennent se mêler. 357 19 | rouge, sur l'immobilité raide duquel les bijoux scintillent 358 10 | parées du produit de leur rapacité d'antan, elles contemplent 359 12 | Rarement, elles échangent quelques 360 19 | intérieur, une plainte tantôt rauque, tantôt stridente, monte. 361 17 | un voile de pudeur. Les rayons naissants sèment des aigrettes 362 7 | hommes qui n'ont plus un regard pour elles, les cavaliers, 363 13 | Regarde, ô Saâdia, là-bas. Si Châlal, 364 7 | vieilles idoles oubliées, elles regardent, à travers la fumée bleue 365 13 | les femmes n'osent plus le regarder en face... lui dont je mangeais 366 3 | silence des cités du Sud règne sur Bou-Saada et, dans la 367 1 | Bou-Saada, la reine fauve vêtue de ses jardins 368 10 | grande cité où le-Tell se rencontre avec le Sahara, où les races 369 2 | bientôt en une ivresse de renouveau. ~ 370 11 | cliquetis de bijoux. Puis elles reprennent leur place et leur songerie, 371 22 | Saâdia, seule désormais, a repris sa place. Avec la fumée 372 2 | sève puissante monte des réservoirs mystérieux de la terre, 373 20 | doucement, parce que le ressort de la vie s'était peu à 374 22 | exhaler le peu de vie qui reste encore en elle, tandis que 375 1 | comme en une nonchalance de rêve sur les petits murs terreux, 376 14 | parti pour Médéah! Lui, il riait, il était heureux; on venait 377 10 | Maintenant, riches, parées du produit de leur 378 8 | fardées quand même, malgré les rides, leurs lèvres rougies, tout 379 22 | elle, tandis que sur les rives de l'oued ensoleillé et 380 17 | dattiers... Sur le bord de la rivière, la lueur du jour incarnadin 381 1 | sur les cailloux blancs et roses. Penchés comme en une nonchalance 382 4 | grenat, bleu de ciel, orange, rouges ou blanches brodées de fleurs 383 8 | les rides, leurs lèvres rougies, tout cet apparat jette 384 21 | clôture où le sable du désert roule librement sa vague éternelle 385 5 | débouchent en silence des ruelles ocreuses... ~ 386 21 | cimetières sans clôture où le sable du désert roule librement 387 13 | monter sur sa mule aussi sage que lui, et les femmes n' 388 10 | le-Tell se rencontre avec le Sahara, où les races d'Afrique 389 4 | lourd édifice de la coiffure saharienne, composée de tresses, de 390 10 | à leurs souvenirs... qui sait ? ~ 391 19 | raide duquel les bijoux scintillent étrangement, Saâdia et d' 392 6 | devant une masure en boue séchée au soleil ami, deux vieilles 393 | selon 394 17 | coupoles d'argent des marabouts semblent en or massif. Pendant un 395 17 | pudeur. Les rayons naissants sèment des aigrettes de feu à la 396 17 | jardins, le lit de l'oued, les sentiers étroits demeurent dans l' 397 13 | vieux... Il lui faut deux serviteurs pour le faire monter sur 398 22 | C'est fini... Et Saâdia, seule désormais, a repris sa place. 399 2 | d'amour et d'ardeur, la sève puissante monte des réservoirs 400 8 | apparat jette comme une ombre sinistre sur ces vieux visages émaciés 401 6 | agrafées dans les mouchoirs de soie de la coiffure. Des colliers 402 6 | sont assises du matin au soir. Elles portent des mlahfa 403 6 | portent des mlahfa rouge sombre, dont la laine épaisse forme 404 | son 405 11 | reprennent leur place et leur songerie, comme si elles attendaient 406 16 | passés, attendant que l'heure sonne. ~ 407 15 | des couplets d'amour qui sonnent étrangement dans leurs bouches 408 10 | viennent se mêler. Et elles sourient... à la vie qui continue 409 22 | leurs larmes blanches, en un sourire de tristesse printanière... ~ 410 6 | oreilles fatiguées, que soutiennent des chaînettes d'argent 411 10 | et sans elles, ou à leurs souvenirs... qui sait ? ~ 412 14 | que j'ai tant aimé? T'en souviens tu? Lui aussi, c'était un 413 13 | Si Châlal, le cadi... Te souviens-tu du temps où il était mon 414 14 | lieutenant, qui, simple spahi, était venu avec Si Châlal, 415 19 | plainte tantôt rauque, tantôt stridente, monte. Autour de la natte 416 3 | Le silence des cités du Sud règne sur Bou-Saada et, 417 | T 418 | tant 419 | Te 420 17 | lueur du jour incarnadin teinte en rose les larmes éparses, 421 6 | tresses de cheveux gris teints au henné en orangé vif, 422 19 | laquelle Habiba est couchée, tel un informe paquet d'étoffe 423 | temps 424 8 | Leurs yeux ternes, démesurément agrandis par 425 2 | réservoirs mystérieux de la terre, pour éclore bientôt en 426 1 | rêve sur les petits murs terreux, les amandiers pleurent 427 4 | étoiles multicolores... Têtes coiffées du lourd édifice 428 3 | pourtant, circulent parfois des théories de femmes et de fillettes 429 1 | parfum doux plane dans la tiédeur molle de l'air, évoquant 430 6 | de leurs poignets osseux, tintent. ~ 431 7 | mouvement de la vie qui ne les touche plus. ~ 432 18 | elle emporte en un petit tourbillon bleuâtre. Saâdia et Habiba 433 21 | on le couche, le visage tourné vers l'Orient. Vers midi, 434 | toute 435 | toutes 436 7 | oubliées, elles regardent, à travers la fumée bleue de leurs 437 22 | blanches, en un sourire de tristesse printanière... ~ 438 17 | les petits murs bas et les troncs ciselés des dattiers... 439 | tu 440 6 | momies. Coiffées selon l'usage du pays, avec des tresses 441 20 | Habiba, trop vieille et trop usée, est morte sans agonie, 442 21 | désert roule librement sa vague éternelle contre les petites 443 17 | demeurent dans l'ombre, vagues, comme emplis d'une fumée 444 14 | riait, il était heureux; on venait de le nommer brigadier et 445 14 | qui, simple spahi, était venu avec Si Châlal, et que j' 446 21 | linges blancs sur lesquels on verse des aromates, puis on le 447 4 | Mlahfa violettes, vert émeraude, rose vif, jaune 448 1 | Bou-Saada, la reine fauve vêtue de ses jardins obscurs et 449 5 | encore des groupes d'hommes vêtus et encapuchonnés de blanc, 450 7 | chameaux ou de mulets, les vieillards caducs qui ont été leurs 451 11 | attendaient quelqu'un qui ne vient pas... ~ 452 2 | des choses, la vie couve, violente, pleine d'amour et d'ardeur, 453 16 | Et elles vivent ainsi, insouciantes, parmi 454 17 | face des choses, comme un voile de pudeur. Les rayons naissants 455 1 | collines violettes, dort, voluptueuse, au bord escarpé de l'oued