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| Guy de Maupassant Une répétition IntraText - Concordances (Hapax Legomena) |
gras = Texte principal
Scène gris = Texte de commentaire
502 I | Et pourquoi, s'il vous plaît ?~~~ ~M. DESTOURNELLES~~
503 III| promenez-vous,~Sans avoir tant de plomb fondu dans les genoux.~Vous
504 I | est devenue actrice,~Et poète peut-être, ou collaboratrice~
505 I | du balayeur de la rue aux poissardes~Qui roulent leur voiture
506 III| décousu pour toujours~La pompe des habits et celle des
507 III| de mode.~RENÉ~~Si je ne portais point cet habit incommode...~
508 I | est vrai, pourrait être portier ;~Mais acteur... oh non
509 III| presque autant que la tête on poudrait la pensée ;~Et la phrase
510 I | qu'il avait la perruque poudrée,~La nouvelle en ira par
511 I | point être trop indiscret,~Pourrais-je, en vous priant, connaître
512 III| désespéré~~Mon Dieu ! vous ne pourrez jamais me pardonner.~~~ ~ ~
513 III| s'éloigne de lui, il la poursuit en tenant sa robe~ Ah !
514 IV | reste~Viendra tout seul. Pourtant, il faut savoir comment~
515 III| pour vous saisir,~Tant me pousse vers vous un immense désir.~
516 I | pièces de salon, fausses et précieuses,~Me prennent sur les nerfs,
517 IV | sourire imperceptible,~et prenant les bracelets des mains
518 I | accorde, mais, quand vous prenez sa place,~Votre plus doux
519 I | en scène ?~C'est dans ces prés fleuris où serpente la Seine.~
520 | près
521 I | tient une houlette~Qu'il présente à la dame avec un air fort
522 | presque
523 III| en habit tout simple, je présume~Que je saurais sans peine
524 III| demeura toujours roide ou prétentieuse,~Souvent fort dramatique,
525 III| approche d'elle avec des grâces prétentieuses.~Mme DESTOURNELLES~ ~ ~~~
526 I | morceau plaisant~Qui, sans prétention, pourrait être amusant !~
527 I | Vraiment ! Je n'aurais pas prévu cette raison !~Mais comme
528 I | indiscret,~Pourrais-je, en vous priant, connaître le sujet ?~Mme
529 I | Pas de larmes,~~~ Je t'en prie ; et faisons la paix. Pardon,
530 III| faire aimer il faut d'autres prières,~ ~~~Plus simples mais aussi
531 III| attira votre cœur et le prit.~- Supposons que je sois
532 I | troubadour,~Qui, calculant le prix ou des draps ou des toiles,~
533 III| quelques instants il rêve et se promène ;~ ~~~Et puis il m'aperçoit.
534 III| sur la hanche ; et puis promenez-vous,~Sans avoir tant de plomb
535 III| folle.~Le monsieur n'a pas pu reprendre la parole~Tant
536 III| DESTOURNELLES~~Alors nous commençons puisque vous êtes prêt :~Je suis
537 III| de vous, des élans trop puissants.~Je ne puis exprimer les
538 III| Mme DESTOURNELLES~~Ah ! puissé-je, en soufflant, rallumer
539 I | odieuses.~Voilà mon sentiment. Quant au petit monsieur~Frisé,
540 | quel
541 | quelle
542 III| Certes... quelquefois.~~~ ~Mme DESTOURNELLES~ ~ ~~~
543 II | entrant~ ~ ~~~En marquis Louis Quinze.~~~~ ~~~~~~ M. DESTOURNELLES~~~~~~ ~~~~
544 I | couplets aux étoiles,~Et quitte son comptoir d'un petit
545 III| naturel ;~Un vrai marquis. Quittez cet air trop solennel,~Et
546 III| point, c'est affaire de race.~On peut acquérir l'art,
547 III| on devient ce que fut la Rachel~Qui demeura toujours roide
548 III| DESTOURNELLES~ ~ ~~~Eh bien, racontez-moi cela.~~~~ ~~~~ ~~~~~~ RENÉ~~~~~~ ~~~~
549 I | n'aurais pas prévu cette raison !~Mais comme je veux être
550 III| puissé-je, en soufflant, rallumer votre feu.~ Elle souffle~ ~~~
551 I | Elle écoute, effeuillant un rameau de fougère,~Un monsieur
552 III| DESTOURNELLES, sèchement~~Votre rapière va s'échapper de sa gaîne.~
553 III| dire : « Je vous aime. »~Rappelez-vous le ton, et puis faites de
554 II | charmant et vous sied à ravir.~ Il sort. René baise la
555 III| Soyez donc gracieux.~~Il recommence~~~~ ~~~~ ~~~~~~ RENÉ~~~~~~ ~~~~
556 III| paraissez épais et lourd. Recommençons.~ Il fait le même manège
557 I | PREMIÈRE~~ M. DESTOURNELLES, en redingote, prêt à sortir, entre par
558 III| oubliai le verre.~L'acteur me regarda d'une façon sévère ;~Le
559 III| l'heure,~C'est qu'en me regardant vos lèvres ont souri,~Que
560 III| amour.~A l'époque fleurie où régnait Pompadour,~presque autant
561 III| regarde en riant, puis, se relevant.~ Il l'embrasse. Êtes-vous
562 III| comme un monsieur qui passe.~Relevez quelque peu votre épée,
563 III| avec hauteur~~~~~~ ~~~~ Relevez-vous, monsieur, je vais sonner.~~~ ~
564 III| devait se trouver un verre rempli d'eau.~J'apportai le plateau ;
565 I | longtemps cette vieille rengaine.~M. DESTOURNELLES, pédantesquement~~
566 I | de votre cocher,~ ~~~Je renonce à jouer.~~~~ ~~~~~~~M. DESTOURNELLES,
567 Inc| UNE RÉPÉTITION~~ Un salon. Portes au fond
568 I | DESTOURNELLES~~~~~~ ~~~~ La réplique est cruelle, madame.~~~
569 III| Le monsieur n'a pas pu reprendre la parole~Tant on était
570 I | serpente la Seine.~Ce salon représente un champ, frais et coquet.~
571 I | idylle :~L'usage en est resté depuis le doux Virgile.~
572 III| Au moins, avez-vous bien retenu votre rôle ?~RENÉ~~Je n'
573 III| baise avec passion. Elle les retire vivement, très étonnée,
574 III| Je ne dirai point si j'ai réussi...~~~~ ~~~~~~ Mme DESTOURNELLES~~~~~~ ~~~~
575 III| Pendant quelques instants il rêve et se promène ;~ ~~~Et puis
576 II | partenaire ;~~~ ~ ~~~Au revoir.~~~~ ~~~~ ~~~~~~ Saluant
577 III| Elle le regarde en riant, puis, se relevant.~ Il
578 I | Vous ignorez comment on rit, on marche, on cause~Quand
579 III| la poursuit en tenant sa robe~ Ah ! vous l'avez permis,
580 I | qui se permettent... tout,~Rôdent autour de nous ainsi que
581 I | Où l'honnête femme a des rôles de maîtresse...~ Il hésite
582 III| un mot un peu brutal eût rompu leur tendresse.~Mais aujourd'
583 I | vertu compromise~Aux yeux de Rosalie ou de votre cocher,~ ~~~
584 I | porte lourdement un habit rose exquis,~S'incline, et dans
585 I | dindon, enfin, qui fait la roue,~Doit vous baiser la main,
586 III| yeux, tremblez, pâlissez, rougissez.~ Changeant de ton. D'une
587 I | la rue aux poissardes~Qui roulent leur voiture avec les : «
588 III| temps à perdre. Allons, en route~ ~~~Eh bien ?~~~~ ~~~~~~
589 III| plus d'ornements~Que de rubans de soie à leur fraîche toilette.~
590 I | tous, du balayeur de la rue aux poissardes~Qui roulent
591 III| moi, s'ouvrent pour vous saisir,~Tant me pousse vers vous
592 II | revoir.~~~~ ~~~~ ~~~~~~ Saluant M. Lapierre~~~~~~ ~~~~ Beau
593 III| simple, je présume~Que je saurais sans peine exprimer mon
594 I | DESTOURNELLES, ironique~~Je ne vous savais point si pétillant d'esprit.~
595 III| allons voir ce que vous savez faire.~Supposons qu'une
596 III| hommes sont... bêtes.~~~ Savez-vous point encore, ignorant que
597 III| DESTOURNELLES, nerveuse, la voix sèche~~Au moins, avez-vous bien
598 III| Et ton doux cœur sur ton sein.~~~ ~Elle le regarde en
599 I | prés fleuris où serpente la Seine.~Ce salon représente un
600 | selon
601 III| ambiguë, avec soin cadencée,~Semblait une chanson aux lèvres des
602 III| exprimer les ardeurs que je sens !~Oui, je vous aime, et
603 III| monté sur une cime,~Se sent pris tout à coup des fièvres
604 III| pose sur son cœur~ Tenez, sentez-vous pas comme mon cœur palpite ?~
605 I | sont odieuses.~Voilà mon sentiment. Quant au petit monsieur~
606 III| la peau du personnage ;~Sentir avec son cœur, penser selon
607 | serait
608 I | En marquis Pompadour vous seriez vraiment... drôle.~M. DESTOURNELLES,
609 I | dans ces prés fleuris où serpente la Seine.~Ce salon représente
610 II | Monsieur, pour vous servir.~~~ ~M. DESTOURNELLES~~
611 | seul
612 III| Nous sommes tous deux seuls. Allez.~~~~ ~~~~~~ Elle
613 III| acteur me regarda d'une façon sévère ;~Le public se tordait ;
614 III| Êtes-vous une bergère en Sèvres ?~Troublez-vous. Qu'un soupir
615 II | costume est charmant et vous sied à ravir.~ Il sort. René
616 III| face égarée et pâlie~Ces sillons qu'ont creusés les tortures
617 III| trop solennel,~Et marchez simplement comme un monsieur qui passe.~
618 III| autres prières,~ ~~~Plus simples mais aussi plus ardentes.~~~~ ~~~~~~~
619 I | Trois tabourets épars simulent des brebis -~Tout est faux,
620 I | est stupide et la grâce sinistre !~Encore, eussiez-vous pris
621 I | vous chaussez donc le socque de Thalie ?~Alors, si ce
622 I | hasard, un public devant soi.~Votre grand naturel est
623 III| ornements~Que de rubans de soie à leur fraîche toilette.~
624 III| la phrase ambiguë, avec soin cadencée,~Semblait une chanson
625 III| prit.~- Supposons que je sois cette femme charmante -~
626 III| marquis. Quittez cet air trop solennel,~Et marchez simplement comme
627 I | rien dit, je m'en vante !~Songez : si le concierge apprend
628 III| Relevez-vous, monsieur, je vais sonner.~~~ ~RENÉ, désespéré~~Mon
629 II | et vous sied à ravir.~ Il sort. René baise la main de madame
630 I | DESTOURNELLES, en redingote, prêt à sortir, entre par la porte de droite,
631 IV | très bien. Et j'avais~La sotte intention de vous trouver
632 I | eût jamais causé quelque souci.~ ~~~Pardon. Et la charade ?~~~~ ~~~~~~
633 III| DESTOURNELLES~~Ah ! puissé-je, en soufflant, rallumer votre feu.~ Elle
634 III| rallumer votre feu.~ Elle souffle~ ~~~Je te vis, charmante
635 III| Comme on oublie ! Allons, soufflez-moi, rien qu'un peu.~Mme DESTOURNELLES~~
636 III| celui qui l'aide.~RENÉ~~Je souffre horriblement de n'oser point
637 I | comme je veux être une femme soumise,~Que je ne veux pas voir
638 I | nous devons tout supporter, soupçons,~Injures, mots blessants
639 III| Sèvres ?~Troublez-vous. Qu'un soupir s'échappe de vos lèvres.~
640 III| regardant vos lèvres ont souri,~Que votre œil m'a touché,
641 | sous
642 I | porte de droite, et s'arrête stupéfait en apercevant sa femme.~
643 I | cuistre~Dont le rire est stupide et la grâce sinistre !~Encore,
644 III| joué deux fois, et j'eus un succès fou.~J'avais une toilette
645 I | Débitant gauchement ses fades sucreries,~Autant fait par le ciel
646 III| trop lestes ;~La parole suffit, monsieur, gardez vos gestes.~
647 I | boutade.~Mme DESTOURNELLES, suffoquant, les larmes aux yeux~~Je
648 III| premier, tous viendront à la suite.~Mme DESTOURNELLES~~Certes,
649 I | de flûte est d'un effet superbe.~Et puis tout vrai berger,
650 I | sais que nous devons tout supporter, soupçons,~Injures, mots
651 IV | admirable ;~Et vous avez surtout cet art incomparable~D'être
652 | t
653 I | un air fort bête.~- Trois tabourets épars simulent des brebis -~
654 III| permis, madame, il est trop tard.~Vous n'avez donc pas vu
655 III| et la pose sur son cœur~ Tenez, sentez-vous pas comme mon
656 I | humble~~Voyons, si j'ai tenu quelque propos maussade,~
657 III| pensée ;~Jusqu'ici je l'avais tenue et terrassée,~Mais elle
658 III| ici je l'avais tenue et terrassée,~Mais elle a, près de vous,
659 | tes
660 III| pas faisant tourner les têtes.~RENÉ~ ~ ~~~Je ne dirai
661 I | chaussez donc le socque de Thalie ?~Alors, si ce n'est point
662 III| dans l'âme.~La femme de théâtre est gauche, et ne sait pas~
663 I | pour que tu me pardonnes.~Tiens, je baise tes mains. Comme
664 I | incline, et dans la main il tient une houlette~Qu'il présente
665 III| genoux~~Certes, j'étais timide et grotesque. Pourquoi ?~
666 III| rien dessus.~Ma foi, je n'y tins pas, j'ai ri comme une folle.~
667 IV | savoir comment~Vous vous en tirerez juste au dernier moment ;~
668 I | prix ou des draps ou des toiles,~Répète vaguement des couplets
669 I | les : « ce qu'on dit »~Me toiseront, des pieds au front, d'un
670 III| gardez vos gestes.~RENÉ, tombant à ses genoux~~Certes, j'
671 III| façon sévère ;~Le public se tordait ; alors je m'aperçus~Que
672 III| baisers~Pour ne point faire tort à leurs cheveux frisés ;~
673 III| vous aime, et j'ai la lèvre torturée~Du besoin de toucher votre
674 III| sillons qu'ont creusés les tortures des nuits ?~Vous n'avez
675 III| souri,~Que votre œil m'a touché, marqué, brûlé, meurtri ?~
676 III| lèvre torturée~Du besoin de toucher votre bouche adorée ;~Et
677 III| exprimer l'amour qui vous tourmente ;~ ~~~Nous sommes tous deux
678 III| ri tout le temps !...~ Se tournant vers René qui la regarde
679 III| ne vous vois pas faisant tourner les têtes.~RENÉ~ ~ ~~~Je
680 III| faire un pas~Sans paraître tragique. Un rien les embarrasse.~
681 III| cette plaisanterie.~RENÉ, se traînant à ses pieds~ ~ ~~~Je vous
682 IV | mari~~Mon ami, demeurez tranquille sur ce point,~Car si monsieur
683 I | Mme DESTOURNELLES, la voix tremblante, exaspérée~~Rien que ce
684 III| lèvres.~Baissez les yeux, tremblez, pâlissez, rougissez.~ Changeant
685 I | avec un air fort bête.~- Trois tabourets épars simulent
686 III| passagère~Qui s'éteint, trompeuse et légère.~C'est d'un indestructible
687 I | Commerçant le matin, et le soir troubadour,~Qui, calculant le prix
688 III| une bergère en Sèvres ?~Troublez-vous. Qu'un soupir s'échappe
689 III| des éclairs de folie ;~Ni trouvé sur ma face égarée et pâlie~
690 I | forcé de toute idylle :~L'usage en est resté depuis le doux
691 I | draps ou des toiles,~Répète vaguement des couplets aux étoiles,~
692 I | concierge apprend par un valet~Qu'un jeune homme à pieds
693 I | moi n'a rien dit, je m'en vante !~Songez : si le concierge
694 I | cruelle, madame.~~~ Je dis la vérité simple, c'est mon devoir~ ~~~
695 III| nous blessent jamais.~Vous verriez, si j'étais un homme, et
696 III| au fond de votre bleu,~Le vertige me prend d'un amour sans
697 I | Que je ne veux pas voir ma vertu compromise~Aux yeux de Rosalie
698 III| Monsieur.~~~~ ~~~~~~ RENÉ, vexé~~~~~~ ~~~~ Je voudrais bien
699 I | sais depuis longtemps cette vieille rengaine.~M. DESTOURNELLES,
700 IV | maintenant, et le reste~Viendra tout seul. Pourtant, il
701 I | est resté depuis le doux Virgile.~Mme DESTOURNELLES, ironique~~
702 III| Plus je cours, plus il va vite.~Mais ce bonheur qui m'évite,~
703 IV | si naturel, si juste, si vivant,~Que ce morceau d'amour
704 III| passion. Elle les retire vivement, très étonnée, un peu fâchée~
705 III| conquêtes ;~~~ Car je ne vous vois pas faisant tourner les
706 I | poissardes~Qui roulent leur voiture avec les : « ce qu'on dit »~
707 III| Madame. Comment donc voulez-vous que je fasse ?~Mme DESTOURNELLES,
708 III| aperçus~Que j'avais le plateau voulu, mais rien dessus.~Ma foi,
709 I | DESTOURNELLES, embarrassé, humble~~Voyons, si j'ai tenu quelque propos
710 I | et coquet.~Pour plus de vraisemblance on y pose un bouquet~A droite
711 Inc| Destournelles, habillée en bergère Watteau, arrange sa coiffure devant
712 II | LAPIERRE, en marquis Louis XV.~~UN DOMESTIQUE, annonçant~~ ~~~~~~ ~~~~ ~~~~