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Guy de Maupassant
La paix du ménage

IntraText - Concordances

(Hapax Legomena)


1890-ferme | feu-reuss | reve-zozo

     Acte, Scène
1 Per | A Paris, de nos jours~1890~ ~ 2 I, I | Est-elle lasse de moi ? A-t-elle fait un essai, pris un amant 3 II, IV | elle est sage - et on l'abandonne le lendemain - et on s'affole 4 II, I | ne voilà-t-il pas la plus abominable loi que vous ayez établie, 5 I, III| plat, négligé aux jours d'abondance, auquel vous revenez aux 6 II, I | le droit moral, le droit absolu de le haïr. Eh bien ! malgré 7 I, III| de vue. Vous êtes libre, absolument libre, par ma faute. Moi, 8 I, I | signifié qu'il pourrait s'abstenir à l'avenir de ces manifestations 9 II, I | bouleversé. J'ai cru un accident arrivé et je suis accouru.~ 10 II, I | transactions dégradantes dont s'accommodent la plupart des femmes, il 11 I, I | mais je juge les choses accomplies. On n'a jamais d'idées justes 12 I, I | juste un quart d'heure à lui accorder, parce qu'elle sort de chez 13 II, I | accident arrivé et je suis accouru.~MADAME DE SALLUS : Il y 14 I, III| trop vite. Il faut s'y accoutumer... peu à peu... Vous m'avez 15 I, I | Je ne m'excuse pas : je m'accuse.~JACQUES DE RANDOL : Donc, 16 II, III| passions à son actif, des actes de folie, des ruines, des 17 II, III| cinq ou six passions à son actif, des actes de folie, des 18 I, III| drôlesse, vous commettez une action plus que douteuse : vous 19 I, I | jaloux. Le cœur des femmes n'admet point qu'on ait des droits.~ 20 I, III| maîtresse de son mari ? J'admets parfaitement votre point 21 I, III| dix heures, monsieur. » En admettant que cet homme se soit trompé 22 II, III| pour vous.~M. DE SALLUS : Admettons que vous vous êtes trompé, 23 II, III| très bonne.~M. DE SALLUS : Admirable ! jamais on n'avait mieux 24 II, III| marché ?~M. DE SALLUS : Admirablement.~JACQUES DE RANDOL : La 25 II, III| vrai rôle consiste à faire admirer leur grâce extérieure, factice 26 I, III| principes du libre amour adoptés par tout mari qui trompe 27 I, III| fantaisie, que de caprices adorables ! C'est une rengaine, mon 28 I, III| trouvez pas. Alors vous vous adressez à moi. Depuis trois ans, 29 II, I | Eh bien ! soyez rusée, adroite. Sauvegardez votre réputation, 30 II, III| je joue un rôle en cette affaire, je désire savoir au juste 31 I, I | RANDOL : Non, mais je suis affamé de solitude avec vous. Vous 32 I, I | on vous aime, comme les affamés regardent les pâtés et les 33 I, I | qu'il entretenait, qu'il affichait, qu'il promenait. Cela m' 34 I, III| Pas du tout. Vous avez affiché, étalé toutes vos liaisons, 35 I, I | criminel et d'ignoble celui qui affirmerait une pareille chose. Pas 36 I, III| Mais je vais venir à votre aide. Soyez franc. Vous ne pensez 37 I, I | il est possible que je l'aie aimé quelque temps, niaisement, 38 II, II | que ma femme semble avoir aiguisées pour moi.~JACQUES DE RANDOL : 39 I, I | Je crois vraiment qu'il m'aima. Et moi aussi, j'étais très 40 II, IV | Vous êtes vraiment trop aimable de me donner le moyen d' 41 I, I | jour-là je compris qu'il ne m'aimait plus ; j'eus un gros chagrin, 42 I, I | est possible que je l'aie aimé quelque temps, niaisement, 43 I, I | toujours qu'elle m'a choisi. M'aime-t-elle ? Est-elle lasse de moi ? 44 II, II | SALLUS : C'est dommage. J'aimerais beaucoup une intimité restreinte 45 I, III| manger des choses qu'on n'aimerait point à un autre moment. 46 I, III| vous connais, jamais vous n'aimerez tout à fait ce qui est droit 47 I, I | reproche.~JACQUES DE RANDOL : L'aimiez-vous ?~MADAME DE SALLUS : Mon 48 II, II | très malade ! Peut-être allez-vous mourir !~M. DE SALLUS : 49 II, I | loi qui permet d'avoir des amants avec pudeur, sans blesser 50 II, II | vous retenir chez vous. Amenez les vôtres.~M. DE SALLUS : 51 I, III| pimenté de cruauté, doux et amer à faire sortir du cœur tout 52 I, I | serait divin ! Mais une femme amoureuse traiterait de criminel et 53 II, III| aimer et qu'elles sont des amoureuses, des femmes. Oui, elles 54 I, I | RANDOL : Ça a être très amusant.~MADAME DE SALLUS : Non... 55 II, III| oui ; cela flatte, cela amuse, puis cela lasse. Regardez, 56 II, I | jours, j'ai subi toutes les angoisses que puisse endurer le cœur 57 I, III| et de fille en fille ? (S'animant.) Une honnête femme ! Je 58 I, I | pas le demain d'après l'année.~JACQUES DE RANDOL : Vous 59 I, III| cela dure, deux longues années qui, certes, ne vous ont 60 I, I | cela. Je veux qu'on vous annonce. Cela aurait mauvais air.~ 61 I, I | Comment !... on ne vous a pas annoncé~JACQUES DE RANDOL : Non... 62 I, I | JACQUES DE RANDOL : Dans l'antichambre.~MADAME DE SALLUS : Comment !... 63 II, I | voulais pas paraître gênée ou anxieuse, j'ai dit : « Vous prenez 64 I, I | on a le plaisir de vous apercevoir cinq minutes, juste le temps 65 I, III| Mais vous ne vous êtes pas aperçu que je me vendais, moi, 66 I, I | car on a toujours de l'apitoiement pour l'homme qui vous aime, 67 I, III| élégante à laquelle vous appartenez. Vous avez beaucoup ri de 68 I, I | vrai. Une femme du monde appartient au monde, c'est-à-dire à 69 II, I | vivre ainsi... et je vous ai appelé...~JACQUES DE RANDOL : Vous 70 II, I | appelle.~JACQUES DE RANDOL : Appelez, mais écoutez-moi. Je ne 71 II, IV | de me donner le moyen d'applaudir souvent Mme Santelli.~M. 72 II, I | hier soir, à table, il a apporté un petit livre qu'il s'est 73 I, I | fallait et le reprendre. J'appris bientôt qu'il avait une 74 I, I | débité une petite phrase apprise par cœur, bien préparée, 75 I, I | choses qu'il ne faut jamais approfondir.~JACQUES DE RANDOL : Oh ! 76 II, II | tout-Paris qui passe ses après-midi à semer des fleurs d'esprit 77 I, III| je me résigne au rôle d'Ariane abandonnée pendant que son 78 II, II | catéchisme, je ne peux plus m'arrêter : il faut que j'aille jusqu' 79 I, III| vous a coûté le plus cher arrivait-elle à cinq mille francs par 80 II, I | il m'a dit, avec cet air arrogant que vous lui connaissez : «  81 II, I | faire connaître quelques articles qui vous plairont certainement ? » 82 II, II | la comédie, et tous les artistes peintres, poètes, musiciens 83 II, IV | j'écrive un mot.~Il va s'asseoir à son bureau, à l'autre 84 I, I | DE RANDOL : Pardon. (Il s'assied.) Attendez-vous quelqu'un ?~ 85 I, III| pas une chaîne, mais une association d'intérêts, un lien social, 86 II, III| JACQUES DE RANDOL : Je vous assure que je ne peux pas.~M. DE 87 II, I | lui ! J'ai pu heureusement atteindre la sonnette.~JACQUES DE 88 I, I | combien de temps est-il atteint de... cette rechute ?~MADAME 89 I, I | vous, bien entendu, et qui attend avec impatience que le premier 90 II, I | faites ni bruit ni scandale, attendez une occasion...~MADAME DE 91 I, I | Pardon. (Il s'assied.) Attendez-vous quelqu'un ?~MADAME DE SALLUS : 92 II, I | RANDOL : Où faut-il vous attendre ?~MADAME DE SALLUS : Au 93 I, I | il me regardait... sans attention, qu'il ne se gênait plus 94 I, III| plaidé les circonstances atténuantes. Vous vous êtes montré très 95 II, I | vanité froissée par votre attitude, beaucoup de bravade et 96 I, I | un peu... je n'aurais aucune excuse de m'être donnée 97 I, III| demanderai peut-être de l'augmentation, ce que vous avez le droit 98 I, III| négligé aux jours d'abondance, auquel vous revenez aux jours de 99 I, I | aimais pas... un peu... je n'aurais aucune excuse de m'être 100 I, III| équivalait à me donner l'autorisation de vous imiter. Eh bien ! 101 I, I | me menace de... de... son autorité. Enfin je suis très inquiète, 102 | autour 103 II, III| désordonné, comme il y en avait autrefois, inspiré par une femme de 104 I, I | dit qu'il y a des choses auxquelles il ne faut point trop penser. 105 I, I | SALLUS : Peut-être ne l'avait-il pas été jusqu'ici.~JACQUES 106 | avant 107 I, III| un quart d'heure à votre avantage, cela fait une heure quarante, 108 I, I | pourrait s'abstenir à l'avenir de ces manifestations politiques.~ 109 I, I | rencontrons, le matin, dans l'avenue, un salut ; nous nous rencontrons 110 II, IV | par m'exaspérer avec votre aveuglement.~M. DE SALLUS, de loin : 111 I, III| gueuses, alors je me suis avilie à devenir semblable à elles ; 112 II, II | SALLUS : Mon cher, je vous avoue que je n'y tiens pas beaucoup.~ 113 I, III| scandale. Oh ! vous n'avez pas avoué votre maîtresse, mais vous 114 I, III| ans à m'y décider. Vous avouerez que c'est long. Il me faut 115 I, III| MADAME DE SALLUS : Non, non. Avouez. Celle de vos cocottes qui 116 II, I | fond d'un village. C'est le bagne de l'amour, cela ! Dans 117 I, III| franc, et je vous signe un bail d'un mois.~M. DE SALLUS : 118 I, I | content. Un jour enfin, il bâilla en étirant ses bras. Ce 119 II, I | RANDOL, après lui avoir baisé la main : Vous allez bien, 120 I, III| aventure, je demande à faire la balance entre nous.~M. DE SALLUS : 121 II, II | recevoir ces demoiselles du ballet, ou ces dames du chant et 122 I, I | votre mari était Mme de Bardane qu'il a lâchée, très cavalièrement, 123 II, I | SALLUS : Oui, car je me barricade chez moi à présent, dès 124 | bas 125 II, I | voulais savoir s'il vous avait battue.~MADAME DE SALLUS : Eh ! 126 II, III| Clair paradis de la beauté », je n'avais jamais vu 127 I, I | de cercle - les pires des beaux. Ceux-là, au fond, n'ont 128 II, III| le regard, même sans être belles à proprement parler. Une 129 II, I | pudeur, sans blesser les bienséances !~JACQUES DE RANDOL : Il 130 I, I | vous avez joué un jeu bizarre. Dès le premier jour, je 131 I, III| oui.~MADAME DE SALLUS : Blagueur ! Tenez, vous me donnez 132 I, III| claire. Au moment où elle va boire, son mari s'approche sans 133 I, I | il lui dit : « Mangez des bonbons tant que vous voudrez, mon 134 II, IV | SALLUS : Je goûte peu ce bonheur-là, moi, j'adore voyager.~JACQUES 135 I, I | ai eu, en tout cas, des bontés.~JACQUES DE RANDOL : Oh ! 136 I, I | pour se vautrer dans la boue.~JACQUES DE RANDOL, lui 137 II, I | a-t-il ? Votre lettre m'a bouleversé. J'ai cru un accident arrivé 138 II, I | votre attitude, beaucoup de bravade et de dépit ? Peut-être 139 II, I | il me reprenne. Je suis brave. Il me force au déshonneur, 140 II, I | préparée, décidée à tout braver : son mari qui peut la tuer 141 I, I | JACQUES DE RANDOL : Et brusque avec vous... pour ne pas 142 I, I | fond des fauteuils avec brusquerie, lisait le journal aussitôt 143 II, IV | mot.~Il va s'asseoir à son bureau, à l'autre bout du salon.~ 144 I, I | éperdument préoccupé de cette cabotine, il ne me ferait pas la 145 II, I | mais alors il faut vivre caché jusqu'à sa mort, sous un 146 I, III| M. DE SALLUS : Ma chère, calmez-vous. Vous vous méprenez complètement. 147 I, III| jamais donner prise à la calomnie... ou à la médisance.~MADAME 148 I, I | JACQUES DE RANDOL : Oui. Une capricieuse, très habile, très rusée, 149 I, I | Ils ont des habitudes de caquetages polissons et de caresses 150 I, I | reprise de tendresse par un caractère insupportable... car il 151 I, I | caquetages polissons et de caresses dépravées. Il leur faut 152 II, I | les dangers, toutes les catastrophes, parce qu'elle ose un acte 153 II, II | réponses, mieux que celles du catéchisme, je ne peux plus m'arrêter : 154 II, IV | SALLUS : Bien facilement, en causant.~MADAME DE SALLUS : Et de 155 I, III| Madeleine, restez, nous allons causer sérieusement.~MADAME DE 156 I, I | sa manière... courte et cavalière.~MADAME DE SALLUS : Peu 157 I, I | Bardane qu'il a lâchée, très cavalièrement, voici deux mois, pour faire 158 I, I | celui à qui elle se donne. Celui-là peut la voir, toutes portes 159 I, I | temps... rarement... une certaine tendresse, très froide d' 160 II, I | articles qui vous plairont certainement ? » Alors il m'a lu la loi, 161 I, I | comme vous connaissez peu certains hommes ! Ceux de la race 162 I, I | quoi ?~JACQUES DE RANDOL : Cesse-t-on d'être une honnête femme 163 I, I | je fusse votre mari, je cesserais de vous aimer ?~MADAME DE 164 I, III| M. DE SALLUS : Voyons, cessez ces plaisanteries-là.~MADAME 165 I, I | cercle - les pires des beaux. Ceux-là, au fond, n'ont jamais d' 166 I, III| ensemble, puis nous rentrons chacun chez nous. La situation 167 I, III| le mariage n'est pas une chaîne, mais une association d' 168 II, I | liberté sacrée de préserver sa chair de pareilles souillures ; 169 I, I | si votre affection a des chances de durer, c'est surtout 170 I, III| Et puis, le mariage nous change trop, trop vite. Il faut 171 II, IV | MADAME DE SALLUS : Vous êtes changeant.~JACQUES DE RANDOL : Mais 172 II, III| que mes intentions sont changées.~JACQUES DE RANDOL : Alors, 173 II, II | ballet, ou ces dames du chant et de la comédie, et tous 174 II, III| jamais on n'avait mieux chanté. Au premier acte, elle a 175 I, I | Santelli.~MADAME DE SALLUS : La chanteuse ?~JACQUES DE RANDOL : Oui. 176 I, I | rejetée par l'homme qui a pris charge de votre existence, de votre 177 I, III| SALLUS : C'est un homme charmant et je comprends qu'il vous 178 II, II | vous me feriez ! Ah ! Les charmantes femmes et les hommes comme 179 II, III| distinguées, elles n'ont de charme que dans leurs salons. Leur 180 I, III| suis résignée, je vous ai chassé de mon cœur. Maintenant 181 I, I | facile de suivre le droit chemin ; mais, si on tombe, ce 182 II, I | SALLUS : Il m'embrassait, en cherchant à maîtriser ma résistance.~ 183 I, III| vous voulez ? Si vous me cherchez querelle, dites-le. Je saurai 184 I, III| vous avez supprimé trois chevaux dans vos écuries : un des 185 I, I | vivement la baise sur les cheveux. Elle a un sursaut, pousse 186 I, I | résiste, ils ressemblent à des chiens devenus enragés. Ils vont 187 II, II | une intimité restreinte et choisie.~MADAME DE SALLUS : Vous ?~ 188 II, I | Lesquelles ? » - « Vous choisissez, pour lire, les instants 189 | cinquante 190 II, I | étiez tout à l'heure trop circonspect pour devenir tout à coup 191 II, III| sait tout ; pouvez-vous citer un seul amour, un amour 192 I, III| se verse un verre d'eau claire. Au moment où elle va boire, 193 I, III| exprimer et de vous expliquer clairement. Donc, vous me faites une 194 I, I | les vraies femelles des clubmen. Ils ont des habitudes de 195 I, I | dans son salon, lit au coin du feu. JACQUES DE RANDOL 196 I, III| œil son mari dans tous les coins, et s'imagine, dés qu'il 197 II, I | pas là-dedans beaucoup de colère, de vanité froissée par 198 II, II | dames du chant et de la comédie, et tous les artistes peintres, 199 I, I | il n'y en a pas un qui commence à vous plaire davantage.~ 200 I, III| Suivez-moi bien. Quand vous avez commencé à me négliger, vous avez 201 II, I | minutes d'exaltation où l'on commet d'irréparables folies.~MADAME 202 I, III| chez une drôlesse, vous commettez une action plus que douteuse : 203 I, III| idée de reprendre votre compagne obligatoire.~M. DE SALLUS, 204 I, III| en ai que trois. Je vais compléter avec un chèque.~Il le signe, 205 I, III| est que plus tard qu'on comprend bien, qu'on distingue bien, 206 I, I | poignées de main, sans vous compromettre, sans vous engager, sans 207 I, I | épousé, à dix-neuf ans, le comte Jean de Sallus, devenu amoureux 208 II, IV | DOMESTIQUE, annonçant : Madame la comtesse est servie !~Il remet une 209 II, I | a lu la loi, tout ce qui concerne le mariage, les devoirs 210 II, III| SALLUS : Oh ! Un rôle de conciliateur.~JACQUES DE RANDOL : Alors 211 I, III| dites-vous, je suis jeune, et condamnée par vous à vivre, à vieillir, 212 II, I | demain, chez moi, vous fera condamner à la prison, vous ! et rendra 213 I, III| cocottes.~M. DE SALLUS : Je le confesse. Cependant si je vous ai 214 I, III| en garde ! J'ai trop de confiance en vous et trop de respect 215 II, IV | RANDOL : Mais non. Il est confiant et pacifique, il n'a peur 216 I, III| Servières... Je vous ai confié mon chagrin... ma douleur... 217 I, I | juste. Vous savez, quand un confiseur prend à son service une 218 I, III| dates ; ne niez pas, je vous confondrai. Vous avez cessé également 219 I, III| seulement que vous puissiez confondre une demi-heure avec une 220 I, II | Jacques de Randol qui prend congé d'elle, puis s'avance.~JACQUES 221 II, I | belle dans son infidélité conjugale ; c'est pour cela que son 222 I, I | vue à l'Opéra-Comique. Il connaissait déjà le notaire de papa. 223 I, I | aimer ! Est-ce que nous nous connaissons seulement ?~MADAME DE SALLUS : 224 II, I | permettre de vous en faire connaître quelques articles qui vous 225 I, I | Impossible qu'il vous ait connue sans vous avoir aimée, à 226 II, IV | sage et que tous les hommes connus et riches ont passé par 227 II, I | MADAME DE SALLUS : Et que me conseillez-vous ?...~JACQUES DE RANDOL : 228 I, III| avoir payé des filles vous consentez à me payer comme elles, 229 I, III| est aussi mon argent par conséquent, chez une drôlesse, vous 230 II, II | bout, jusqu'à la dernière considération sur la pièce, ou le livre, 231 II, III| leurs salons. Leur vrai rôle consiste à faire admirer leur grâce 232 I, III| pas de mauvaise humeur. Je constate seulement que le temps vous 233 II, III| JACQUES DE RANDOL : Elle était contente ?~M. DE SALLUS : Ravie, 234 I, I | exaspérez avec cette moquerie continuelle. Depuis que je vous aime, 235 | contre 236 II, III| trop en quoi un tiers peut contribuer à une paix de cette nature.~ 237 I, III| se peut que vous en soyez convaincu. Quelle est donc la femme 238 II, II | prendre dans l'engrenage de la conversation courante ; et comme j'en 239 I, I | la cour, à moi. S'il la convoitait violemment, enfin, il ne 240 II, IV | elle en a eu, plus elle est cotée, plus elle vaut cher, plus 241 I, III| sans bruit et lui baise le cou. Elle se retourne brusquement 242 II, II | en effet, endiguer cette coulée de niais à travers les salons.~ 243 I, III| me mariant, habitué aux coulisses, au cercle, à mille choses... 244 I, I | grosse infamie des femmes coupables ; ce partage qui les rend 245 I, I | nombre. (On entend deux coups de timbre.) C'est mon mari. 246 II, II | engrenage de la conversation courante ; et comme j'en connais 247 I, III| danger possible que pourrait courir votre réputation. Vous êtes 248 II, I | des habitudes d'exquise courtoisie. » Il sourit. « Lesquelles ? » - «  249 II, I | dédaignée, trompée, qui a couru, sous mes yeux, de fille 250 I, III| Dites-moi si elle vous coûtait cinq mille francs ?~M. DE 251 I, I | JACQUES DE RANDOL : Ne craignez rien, on ne m'a point vu.~ 252 II, IV | qu'il n'y a plus rien à craindre.~MADAME DE SALLUS : Oh ! 253 II, I | ce n'est pas cela que je crains de lui ! J'ai pu heureusement 254 I, III| c'était cher, vous avez crainte d'être grotesque. Mais vous 255 I, I | précautions, avec mille craintes, avec mille ruses, elle 256 II, I | fait et moralement libre, crée entre elle et lui un lien 257 I, I | sursaut, pousse un petit cri et se retourne.~MADAME DE 258 I, I | haussait les épaules et criait : « Je m'en fiche un peu », 259 I, I | amoureuse traiterait de criminel et d'ignoble celui qui affirmerait 260 II, IV | loin : Prenez garde ! On croirait que vous êtes jalouse.~MADAME 261 II, I | folie.~MADAME DE SALLUS : Je croyais que vous m'aimiez assez 262 I, I | difficile à dire... Il se croyait obligé... pour ne pas éveiller 263 II, III| récitatif : « Ô prince des croyants, écoute ma prière ! » qui 264 I, I | positive que vous. Alors, vous croyez que si le hasard faisait 265 I, I | cela ?~MADAME DE SALLUS : Croyez-moi, si votre affection a des 266 I, I | SALLUS : Eh bien ! et moi, croyez-vous que je ne souffre pas ? 267 II, I | calme pour que vous ne me croyiez pas folle. Je ne puis plus 268 I, III| compliments et pimenté de cruauté, doux et amer à faire sortir 269 I, I | JACQUES DE RANDOL : Vous êtes cruelle.~MADAME DE SALLUS : Au contraire, 270 I, III| que vous me reprochez si cruellement. Je suis peut-être un peu 271 II, I | vous portiez en vous le cuisant regret de ce que je vous 272 I, III| conseil - d'ami - sur un danger possible que pourrait courir 273 II, I | toutes les misères, tous les dangers, toutes les catastrophes, 274 I, III| SALLUS : Oui, oui. J'ai les dates ; ne niez pas, je vous confondrai. 275 I, I | est alors impossible de se débarrasser de ce cocher. Or, ce cocher 276 II, I | prend par les bras, elle se débat exaspérée.~MADAME DE SALLUS : 277 I, I | surpris. Puis je lui ai débité une petite phrase apprise 278 I, I | plein de tendresse, sans débouché, il vous en offre une partie.~ 279 I, I | importe quoi. La Santelli a déchaîné la bête et vous vous trouvez 280 I, III| et quand on a faim, on se décide à manger des choses qu'on 281 II, I | j'ai dit : « Vous prenez décidément envers moi des habitudes 282 I, III| J'ai mis trois ans à m'y décider. Vous avouerez que c'est 283 I, I | raconter : il me fait des déclarations et m'embrasse, et me menace 284 II, I | en réalité. Puis, il m'a déclaré son amour. Moi, j'ai peut-être 285 II, I | présent ce mari qui m'a dédaignée, trompée, qui a couru, sous 286 II, I | été trop insolente... trop dédaigneuse, je ne sais pas au juste. 287 I, III| prend, regarde son mari avec dédain, puis d'une voix dure : 288 II, I | sauvages, me livre à lui sans défense, sans révolte possible : 289 II, III| pas.~JACQUES DE RANDOL : Définissez.~M. DE SALLUS : Mon Dieu, 290 II, I | haine légitime, malgré le dégoût, l'horreur que doit m'inspirer 291 I, I | jours, puis elle en est dégoûtée pour le reste de sa vie.~ 292 II, I | accepte pas les transactions dégradantes dont s'accommodent la plupart 293 II, IV | distingue pas autre chose que le degré de renommée, uniquement 294 II, I | SALLUS : Non : il a déjeuné dehors. Alors, moi, j'ai songé, 295 II, I | MADAME DE SALLUS : Non : il a déjeuné dehors. Alors, moi, j'ai 296 II, I | lendemain, pendant tout le déjeuner, il avait l'air méchant, 297 I, III| tout amour pour l'homme délicat, faux et bien élevé qui 298 II, III| de lui faire comprendre délicatement, en évitant toute explication, 299 I, III| employez ce mot. J'ai eu la délicatesse de ne pas vous demander 300 II, I | regardée, bien en face, en demandant : « Avez-vous compris ? » 301 I, III| Maintenant c'est fini, que demande-vous ?~M. DE SALLUS : Ma chère, 302 I, III| très cher, car je vous demanderai peut-être de l'augmentation, 303 II, II | SALLUS : Ma chère amie, je demanderais seulement trois ou quatre 304 II, II | j'en connais toutes les demandes et toutes les réponses, 305 I, I | vous engager, sans vous démasquer. Vous avez été terriblement 306 II, I | reprocher un jour l'acte de démence que vous méditez. Je ne 307 II, II | pourtant pas recevoir ces demoiselles du ballet, ou ces dames 308 II, I | lien que seule elle peut dénouer. Cette femme risque tout. 309 I, I | vous trouvez à portée de sa dent, prenez garde. Ça de l'amour ? 310 I, I | C'est possible ! Tout dépend des yeux : je vois trop.~ 311 I, III| pour payer les nouvelles dépenses extérieures.~M. DE SALLUS : 312 II, I | beaucoup de bravade et de dépit ? Peut-être sera-t-il très 313 II, II | au moins, qu'il ne vous déplaît pas trop.~Il rit.~JACQUES 314 I, III| M. DE SALLUS : Je serais déplorablement ridicule si je donnais de 315 I, I | polissons et de caresses dépravées. Il leur faut du nu et de 316 I, I | ce moment, vous êtes un dérivatif.~MADAME DE SALLUS : Mais 317 I, I | les pâtés et les volailles derrière les vitres d'un restaurant.~ 318 I, III| les coins, et s'imagine, dés qu'il a disparu dans le 319 II, II | vous ayez trouvé la maison déserte.~M. DE SALLUS : Vous saisissez 320 II, I | jetez pas dans une situation désespérée. Soyez calme.~MADAME DE 321 II, I | suis brave. Il me force au déshonneur, il sera complet, éclatant, 322 I, III| avez pas repoussée, mais désirée davantage, autant qu'elles, 323 I, I | violemment, enfin, il ne me désirerait pas, en même temps.~JACQUES 324 II, III| satisfait, si triomphant, si désireux d'avoir le calme chez vous. 325 I, III| moi, votre femme. Vous me désiriez un peu pour vous changer 326 I, III| était spirituel, drôle et désolant, enveloppé de compliments 327 I, I | Cela m'a d'abord irritée, désolée, humiliée ; puis j'en ai 328 II, III| un seul amour, un amour désordonné, comme il y en avait autrefois, 329 I, III| homme, c'est que je ne me destinais pas au cloître, n'est-ce 330 I, III| pas homme à entrer dans le détail, vous donniez la somme ronde.~ 331 II, III| Riant.) Mais j'entre en des détails qui ne vous intéressent 332 II, II | de dîner avec nous ? Vous détournerez les épigrammes que ma femme 333 | DEUXIÈME 334 II, I | abord en homme sage qui devait vous prévenir, il ne reste 335 I, I | sentis bientôt que je lui devenais indifférente, qu'il m'embrassait... 336 II, I | rendra impossible que vous deveniez jamais ma femme.~MADAME 337 I, III| négligiez visiblement, je suis devenue inquiète, puis j'ai su, 338 I, I | ressemblent à des chiens devenus enragés. Ils vont devant 339 I, III| pourquoi une femme ne deviendrait-elle pas la maîtresse de son 340 I, III| SALLUS : Vous voulez que je devienne votre maîtresse ?~M. DE 341 II, I | concerne le mariage, les devoirs de la femme et les droits 342 I, III| argent, bijoux, soupers, dîners, théâtre, etc., etc., entretien 343 I, III| peut-être un peu trop... comment dirais-je ?~MADAME DE SALLUS : Dites 344 I, I | de la Santelli, il ne me dirait pas qu'il m'aime... S'il 345 I, I | pas peur ainsi. Vous vous diriez : « J'ai le temps », et 346 II, II | M. DE SALLUS : Soyez discret... Mais ça ne vous empêche 347 I, I | vous aiment, et qui vous le disent sans cesse, il n'y en a 348 I, III| vous revenez aux jours de disette. Merci.~M. DE SALLUS : Je 349 I, III| et s'imagine, dés qu'il a disparu dans le salon voisin, qu' 350 II, II | vous, vous pourriez vous dispenser de vous annoncer comme les 351 I, I | dis que votre mari est en disponibilité et qu'il tâche d'occuper 352 I, III| SALLUS : Voyons, dans quelle disposition d'esprit êtes-vous ?~MADAME 353 II, II | vous êtes en d'excellentes dispositions.~M. DE SALLUS : Alors priez 354 I, III| j'ai cessé de l'être. La distinction est subtile, mais réelle. 355 I, I | pourquoi m'avez-vous... distingué ?~MADAME DE SALLUS : Je 356 II, III| représentation ; jolies, distinguées, elles n'ont de charme que 357 I, III| vous me cherchez querelle, dites-le. Je saurai quoi vous répondre. 358 I, III| donc parler. Je suis belle, dites-vous, je suis jeune, et condamnée 359 I, I | Si vous aimiez, ce serait divin ! Mais une femme amoureuse 360 I, I | vingt mots. J'ai épousé, à dix-neuf ans, le comte Jean de Sallus, 361 II, III| M. DE SALLUS : Non, une dizaine. Elle a été délicieuse.~ 362 I, III| autres oreilles, d'autres doigts, d'autres poignets et d' 363 II, I | à vous. Dites ce que je dois faire...~MADAME DE SALLUS : 364 I, I | MADAME DE SALLUS : Mais les domestiques ?~JACQUES DE RANDOL : Dans 365 II, II | hui.~M. DE SALLUS : C'est dommage. J'aimerais beaucoup une 366 II, I | vous préviens que je vous dompterai, car je suis le maître. » 367 I, III| déplorablement ridicule si je donnais de l'argent à ma femme ; 368 I, I | toujours user à un moment donné, comme il semble vouloir 369 I, I | aucune excuse de m'être donnée à vous.~JACQUES DE RANDOL : 370 I, III| la préférence, je vous la donnerai, à prix égal.~M. DE SALLUS : 371 I, III| SALLUS : Eh bien ! mon ami, donnez-moi tout de suite cinq mille 372 I, III| entrer dans le détail, vous donniez la somme ronde.~M. DE SALLUS : 373 I, III| Voyons, faisons le compte. Donniez-vous une somme ronde, ou payiez-vous 374 I, III| allez vous coucher, et dormez, si vous pouvez.~M. DE SALLUS : 375 I, I | chose, qui est aussi très douce, quelquefois ! Lui, vous 376 I, I | S'il était pressant avec douceur, vous n'en auriez pas peur 377 I, III| confié mon chagrin... ma douleur... j'ai été jalouse ! Qu' 378 I, III| commettez une action plus que douteuse : vous me ruinez, moi, en 379 I, I | DE RANDOL, riant : N'en doutez pas.~MADAME DE SALLUS, songeant : 380 I, III| compliments et pimenté de cruauté, doux et amer à faire sortir du 381 I, III| Tout cela était spirituel, drôle et désolant, enveloppé de 382 II, III| de folie, des ruines, des duels, des suicides. On les aime, 383 I, I | n'ont jamais d'affection durable que pour les filles qui 384 I, I | quand cette femme leur échappe, ou leur résiste, ils ressemblent 385 II, I | je n'ai pas un moyen d'échapper à cet homme que je méprise 386 II, I | déshonneur, il sera complet, éclatant, tant pis pour lui, tant 387 I, III| ménage. C'est une grosse économie que vous faites. Et puis, 388 I, III| Il fallait bien faire des économies intérieures pour payer les 389 II, III| Ô prince des croyants, écoute ma prière ! » qui a fait 390 II, I | JACQUES DE RANDOL : Madeleine. Écoutez...~MADAME DE SALLUS : Jacques, 391 II, I | comme au premier acte. Elle écrit, puis lève les yeux vers 392 II, IV | SALLUS : Vous permettez que j'écrive un mot.~Il va s'asseoir 393 I, III| supprimé trois chevaux dans vos écuries : un des miens et deux des 394 I, I | gauche, inquiète, toujours effarouchée par cette vilaine chose, 395 II, I | vous le dire, et je vais m'efforcer de le faire avec calme pour 396 I, III| vous la donnerai, à prix égal.~M. DE SALLUS : Je ne comprends 397 I, III| confondrai. Vous avez cessé également de me donner des bijoux, 398 I, III| XVIIIe siècle ! le siècle élégant ! Que de grâce, quelle délicieuse 399 I, III| une des lois de la société élégante à laquelle vous appartenez. 400 I, III| homme délicat, faux et bien élevé qui pouvait parler ainsi.~ 401 II, I | blesser de telle sorte qu'il s'éloignât de moi pour toujours.~JACQUES 402 I, III| et d'autres poitrines à embellir. Vous avez supprimé un de 403 I, I | fait des déclarations et m'embrasse, et me menace de... de... 404 I, I | JACQUES DE RANDOL : Je vous emmènerais pendant cinq ou six mois, 405 II, II | discret... Mais ça ne vous empêche pas de dîner avec nous.~ 406 II, I | Tant mieux. Le scandale empêchera qu'il me reprenne. Je suis 407 I, I | qui elle se doit comme un employé doit son temps à l'État, 408 I, III| vous ruinez, puisque vous employez ce mot. J'ai eu la délicatesse 409 II, II | on ne peut pas, en effet, endiguer cette coulée de niais à 410 II, I | les angoisses que puisse endurer le cœur d'une femme.~JACQUES 411 I, I | seulement que cette vie est très énervante.~MADAME DE SALLUS : C'est 412 I, I | tant que vous voudrez, mon enfant. » Elle s'en gorge pendant 413 I, III| maîtresse légitime vous enflamme beaucoup plus que l'idée 414 II, I | MADAME DE SALLUS : M'enfuir.~JACQUES DE RANDOL : Seule ?~ 415 I, I | compromettre, sans vous engager, sans vous démasquer. Vous 416 II, II | me laisse prendre dans l'engrenage de la conversation courante ; 417 II, I | RANDOL : Mais, si je vous enlève, il vous reprendra demain, 418 I, I | vous voudriez peut-être m'enlever ?~JACQUES DE RANDOL : C' 419 I, I | ressemblent à des chiens devenus enragés. Ils vont devant eux comme 420 II, III| envelopper notre cœur, d'ensorceler le regard, même sans être 421 | ensuite 422 II, IV | des folies. Et c'est là, entendez-vous, la seule mesure de l'amour.~ 423 I, III| trompé. Vous m'avez laissé entendre que le mariage n'est pas 424 II, III| je n'avais jamais vu un enthousiasme pareil.~JACQUES DE RANDOL : 425 II, III| inspiré par une femme de notre entourage ? Non, n'est-ce pas ? Cela 426 II, II | semences. Il suffit de l'entrée d'une de ces dames ou d' 427 I, I | les autres, tous ceux qui entrent chez elle comme dans un 428 I, I | innombrables maîtresses, qu'il entretenait, qu'il affichait, qu'il 429 I, III| dîners, théâtre, etc., etc., entretien complet, enfin ?~M. DE SALLUS : 430 II, II | prêt à partir quand vous entrez.~M. DE SALLUS : Pourtant... 431 II, III| parler. Une puissance d'envahissement enfin qu'on ne retrouve 432 I, III| spirituel, drôle et désolant, enveloppé de compliments et pimenté 433 II, III| d'attirer, de prendre, d'envelopper notre cœur, d'ensorceler 434 I, III| belle, très en vue, très enviée. On suppose vite une aventure...~ 435 II, II | habit ?~M. DE SALLUS : Je l'envoie chercher.~JACQUES DE RANDOL : 436 I, I | il m'aime... S'il était éperdument préoccupé de cette cabotine, 437 II, II | nous ? Vous détournerez les épigrammes que ma femme semble avoir 438 I, I | d'une femme, avant de l'épouser, on ne redevient point amoureux 439 II, I | le voulez bien, je vous épouserai.~MADAME DE SALLUS : Oui, 440 I, III| me proposer une nouvelle épreuve ?~M. DE SALLUS : Oh ! quand 441 II, IV | RANDOL : Du bonheur qu'on éprouve à rester tranquillement 442 I, III| toutes vos liaisons, ce qui équivalait à me donner l'autorisation 443 II, I | vous, mariée et délaissée, esclave de fait et moralement libre, 444 II, I | comprendre enfin quelle espèce d'homme j'ai épousé ! » 445 II, I | prouvant même qu'il nous espionnait un peu.~JACQUES DE RANDOL : 446 II, IV | une feinte, il nous veut espionner.~JACQUES DE RANDOL : Mais 447 I, I | jeune, belle et pleine d'espoir, à l'éternel isolement, 448 I, I | de moi ? A-t-elle fait un essai, pris un amant pour voir, 449 I, I | DE RANDOL : Il n'a jamais essayé de vous parler de son affection ?~ 450 I, I | choisi. M'aime-t-elle ? Est-elle lasse de moi ? A-t-elle 451 I, III| ai pour vous une profonde estime et une profonde amitié ; 452 | étaient 453 I, III| tout. Vous avez affiché, étalé toutes vos liaisons, ce 454 I, I | employé doit son temps à l'État, parce qu'elle est du monde, 455 I, I | jour enfin, il bâilla en étirant ses bras. Ce jour-là je 456 I, III| peine autant que vous m'étonnez.~MADAME DE SALLUS : Tant 457 II, I | mort, sous un faux nom, à l'étranger, ou au fond d'un village. 458 II, I | non. Il m'a brutalisée, étreinte, meurtrie. J'en ai gardé 459 II, IV | les hommes sont de tristes êtres ! On épouse une jeune fille 460 I, I | il ne m'aimait plus ; j'eus un gros chagrin, mais je 461 I, I | croyait obligé... pour ne pas éveiller mes soupçons, sans doute... 462 II, III| comprendre délicatement, en évitant toute explication, heurt 463 II, I | que j'ai tout osé pour l'éviter.~JACQUES DE RANDOL : Qu' 464 I, III| me dire, c'est fortement exagéré.~MADAME DE SALLUS : Pas 465 II, I | dans une de ces minutes d'exaltation où l'on commet d'irréparables 466 II, I | les bras, elle se débat exaspérée.~MADAME DE SALLUS : Laissez-moi ! 467 II, IV | Oh ! vous finirez par m'exaspérer avec votre aveuglement.~ 468 I, I | DE RANDOL : Tenez, vous m'exaspérez avec cette moquerie continuelle. 469 II, II | Tiens, mais vous êtes en d'excellentes dispositions.~M. DE SALLUS : 470 I, I | est-à-dire à tout le monde, excepté à celui à qui elle se donne. 471 I, I | à cause des valets. Par exception, avec mille précautions, 472 II, III| du monde, à de très rares exceptions prés, sont des objets de 473 II, I | il avait l'air méchant, excité, sournois. Puis, au moment 474 I, I | SALLUS : Oh ! d'une humeur exécrable.~JACQUES DE RANDOL : Voilà 475 I, I | qui a pris charge de votre existence, de votre bonheur, de votre 476 I, III| folle, puis vous m'avez exposé, avec toute l'adresse possible, 477 II, I | cela se perdre, que de m'exposer à cette lutte infâme de 478 I, III| et je vous prie de vous exprimer et de vous expliquer clairement. 479 II, III| faire admirer leur grâce extérieure, factice et superficielle.~ 480 I, III| payer les nouvelles dépenses extérieures.~M. DE SALLUS : Mais ce 481 I, I | qu'il n'est pas toujours facile de suivre le droit chemin ; 482 II, IV | miracle.~M. DE SALLUS : Bien facilement, en causant.~MADAME DE SALLUS : 483 II, II | SALLUS : Je resterai de toute façon, et vous m'aurez alors en 484 II, III| admirer leur grâce extérieure, factice et superficielle.~JACQUES 485 I, III| pour excuser toutes les faiblesses et toutes les fredaines. 486 | faisait 487 I, III| Vous devez savoir. Voyons, faisons le compte. Donniez-vous 488 II, II | SALLUS : Je vous en prie, faites-vous libre.~JACQUES DE RANDOL : 489 II, IV | lettre : Allons, bon ! Il va falloir que je sorte ce soir.~ 490 I, III| grâce, quelle délicieuse fantaisie, que de caprices adorables ! 491 II, I | insolence : « Êtes-vous moins farouche, aujourd'hui ? » Enfin, 492 II, III| parce que ma position serait fausse.~JACQUES DE RANDOL : Mon 493 II, I | JACQUES DE RANDOL : Où faut-il vous attendre ?~MADAME DE 494 I, III| SALLUS, se jetant dans un fauteuil : Il est ici depuis longtemps, 495 I, I | Il se jetait au fond des fauteuils avec brusquerie, lisait 496 II, IV | MADAME DE SALLUS : C'est une feinte, il nous veut espionner.~ 497 I, I | filles qui sont les vraies femelles des clubmen. Ils ont des 498 I, I | cette cabotine, il ne me ferait pas la cour, à moi. S'il 499 II, II | jolie intimité que vous me feriez ! Ah ! Les charmantes femmes 500 I, III| ai souffert. Je vous ai fermé ma porte. Vous n'avez pas 501 II, II | impossible. On ne peut pas fermer sa porte.~JACQUES DE RANDOL :


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