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Guy de Maupassant
La paix du ménage

IntraText - Concordances

(Hapax Legomena)


1890-ferme | feu-reuss | reve-zozo

     Acte, Scène
502 I, I | son salon, lit au coin du feu. JACQUES DE RANDOL entre 503 I, I | épaules et criait : « Je m'en fiche un peu », quand il n'était 504 II, II | que vous voudrez, je ne me ficherai pas.~MADAME DE SALLUS : 505 I, I | Je ne suis plus une femme fidèle puisque je vous appartiens ; 506 II, IV | nerveuse : Il n'y a que ces filles-là pour plaire aux hommes.~ 507 I, III| mon cœur. Maintenant c'est fini, que demande-vous ?~M. DE 508 II, IV | MADAME DE SALLUS : Oh ! vous finirez par m'exaspérer avec votre 509 II, III| tout à l'heure, et qui sont finis, vous désirez être tranquille 510 I, I | Vous avez été terriblement forte et séduisante. Je vous ai 511 I, III| venez de me dire, c'est fortement exagéré.~MADAME DE SALLUS : 512 I, I | que... parce qu'il y a des fossés le long des routes et qu' 513 II, II | jolies femmes et pas de foule.~MADAME DE SALLUS : C'est 514 I, III| ronde, ou payiez-vous les fournisseurs séparément ? Oh ! vous n' 515 I, I | vont devant eux comme des fous, comme des possédés, les 516 I, III| faiblesses et toutes les fredaines. Ah oui ! le XVIIIe siècle ! 517 I, I | certaine tendresse, très froide d'ailleurs, pour sa femme 518 II, I | beaucoup de colère, de vanité froissée par votre attitude, beaucoup 519 II, III| toute explication, heurt ou froissement, que mes intentions sont 520 I, I | de saluts, de regards, de frôlements, et pas d'autre chose. Nous 521 II, I | que, liée à moi par cette fuite, vous portiez en vous le 522 I, I | pour l'homme qui vous aime, fût-il votre mari.~MADAME DE SALLUS : 523 II, IV | SALLUS~M. DE SALLUS, très gai : Eh bien ! ma chère, il 524 I, III| maris d'être galants, la galanterie étant une des lois de la 525 I, III| pas à leurs maris d'être galants, la galanterie étant une 526 II, I | aucun texte ne peut vous garantir.~MADAME DE SALLUS : Je le 527 I, I | dit : « Voici un pauvre garçon qui a l'air très amoureux 528 II, II | à sa femme : Ma chère, gardez donc Randol.~MADAME DE SALLUS : 529 II, II | un de ces hommes pour me gâter tout le plaisir que j'ai 530 I, I | femme timide, tremblante, gauche, inquiète, toujours effarouchée 531 I, I | sans attention, qu'il ne se gênait plus devant moi... pour 532 II, I | ne voulais pas paraître gênée ou anxieuse, j'ai dit : «  533 I, III| voisin, qu'il tombe aux genoux d'une rivale. Tout cela 534 I, III| jours.~MADAME DE SALLUS : Ce genre d'hostilité ne me va pas 535 II, IV | le fasse. Ah ! vous êtes gentils, messieurs.~M. DE SALLUS, 536 I, I | dans ses manières, dans ses gestes, dans ses discours. Il se 537 I, I | mon enfant. » Elle s'en gorge pendant huit jours, puis 538 I, I | son service une vendeuse gourmande, il lui dit : « Mangez des 539 II, I | si le souper a été de son goût, peut-être est-il à présent 540 II, IV | soi.~MADAME DE SALLUS : Je goûte peu ce bonheur-là, moi, 541 I, I | voir, pour savoir, pour goûter, sans avoir faim ? » Il 542 I, I | il m'est pénible d'être gracieux pour lui, que je méprise 543 II, I | qu'il faut prendre une grande résolution et que l'heure 544 I, III| amitié ; une amitié qui grandit chaque jour. Je ne peux 545 I, III| possible, je le reconnais, les grands principes du libre amour 546 II, I | en fille, il peut à son gré exiger de moi un honteux, 547 I, III| vous avez crainte d'être grotesque. Mais vous ne vous êtes 548 I, I | m'en aller. Je ne l'aime guère, votre mari, pour beaucoup 549 I, I | comme le chien ouvre la gueule et mord n'importe qui, n' 550 II, III| toutes, peut-être. Ah ! la gueuse, elle sait se faire désirer, 551 I, III| pour vous changer de vos gueuses, alors je me suis avilie 552 I, I | Oui. Une capricieuse, très habile, très rusée, très vénale, 553 II, II | JACQUES DE RANDOL : Et mon habit ?~M. DE SALLUS : Je l'envoie 554 II, II | et si vous aviez la bonne habitude d'entrer chez vous sans 555 II, I | Eh bien ! malgré cette haine légitime, malgré le dégoût, 556 II, I | moral, le droit absolu de le haïr. Eh bien ! malgré cette 557 II, I | Dans trois mois, vous me haïriez. Je ne vous laisserai pas 558 II, I | que je méprise et que je hais ! Oui, voilà votre loi !... 559 II, I | ne veux pas que vous me haïssiez ; que, liée à moi par cette 560 I, III| partout, dont le désir me hante. Il se trouve que vous êtes 561 I, I | Alors, vous croyez que si le hasard faisait que je fusse votre 562 I, I | journal aussitôt rentré, haussait les épaules et criait : «  563 I, III| reproches. Vous avez d'abord haussé les épaules, vous avez souri, 564 I, III| MADAME DE SALLUS, avec hauteur : Je préfère les billets 565 II, IV | RANDOL : Soyez calme. Il est heureux.~MADAME DE SALLUS : Ça n' 566 II, III| évitant toute explication, heurt ou froissement, que mes 567 I, I | ai jamais dit toute mon histoire. Elle est fort simple. La 568 II, I | son gré exiger de moi un honteux, un infâme abandon !... 569 I, I | six mois, loin de cette horrible ville, pour vous posséder 570 II, I | scandale qui vous mettrait hors la loi du monde.~MADAME 571 I, III| MADAME DE SALLUS : Ce genre d'hostilité ne me va pas du tout, mon 572 I, I | abord irritée, désolée, humiliée ; puis j'en ai pris mon 573 I, I | accomplies. On n'a jamais d'idées justes et d'opinions saines 574 I, III| SALLUS : Mais ce serait idiot.~MADAME DE SALLUS : Pourquoi 575 I, I | traiterait de criminel et d'ignoble celui qui affirmerait une 576 I, I | jaloux de tout ce que j'ignore en vous.~MADAME DE SALLUS : 577 I, III| dont je rêve, celle dont l'image me suit partout, dont le 578 I, III| dans tous les coins, et s'imagine, dés qu'il a disparu dans 579 I, III| donner l'autorisation de vous imiter. Eh bien ! mon cher, je 580 II, I | ailleurs cela n'a pas d'importance, et il vous aime beaucoup 581 I, III| de petites choses moins importantes. Tout cela, à mon compte, 582 I, I | SALLUS : Oh ! que vous êtes imprudent !~JACQUES DE RANDOL : Ne 583 II, III| monde d'aujourd'hui, qui est incapable d'amour. D'ailleurs, mon 584 I, I | hommes, vraiment, soient incapables d'aimer longtemps la même 585 I, I | la vitre transparente et incassable qui vous sépare de ma tendresse.~ 586 I, I | bientôt que je lui devenais indifférente, qu'il m'embrassait... avec 587 II, II | dites. Nos maisons sont inhabitables de quatre à sept. Nos femmes 588 I, I | exemple, c'est qu'il a eu d'innombrables maîtresses, qu'il entretenait, 589 II, I | ricane ou il demande avec insolence : « Êtes-vous moins farouche, 590 II, I | j'ai peut-être été trop insolente... trop dédaigneuse, je 591 II, III| il y en avait autrefois, inspiré par une femme de notre entourage ? 592 II, I | dégoût, l'horreur que doit m'inspirer à présent ce mari qui m' 593 I, I | temps », et puis il vous inspirerait un peu de pitié, car on 594 I, II | maussade. Il regarde un instant sa femme et Jacques de Randol 595 I, III| réclamé, vous m'avez jugée intelligente plus que vous n'auriez cru 596 II, IV | Les voyages sont parfois intempestifs.~MADAME DE SALLUS : Et votre 597 II, III| quand elle n'a pas d'autre intention.~JACQUES DE RANDOL : Diable ! 598 II, I | livre est d'ailleurs fort intéressant : il s'appelle le Code ! 599 II, III| des détails qui ne vous intéressent pas.~JACQUES DE RANDOL : 600 I, III| mais une association d'intérêts, un lien social, plus qu' 601 I, III| bien faire des économies intérieures pour payer les nouvelles 602 I, III| pas faite pour ce rôle d'intermédiaire.~M. DE SALLUS s'approche, 603 I, I | ailleurs ses fantaisies intermittentes. Il a compris, m'a saluée 604 II, I | MADAME DE SALLUS : Il avait interrogé un domestique.~JACQUES DE 605 II, III| Oh ! pour des raisons intimes. Parce que... j'ai besoin 606 I, III| SALLUS : Madeleine, vous êtes intolérable.~MADAME DE SALLUS : Suivez-moi 607 II, I | ose un acte hardi, un acte intrépide, parce qu'elle est préparée, 608 I, I | bien préparée, où je l'invitais à porter ailleurs ses fantaisies 609 II, I | et je crois qu'elle l'a invité à souper. Or, si le souper 610 II, I | exaltation où l'on commet d'irréparables folies.~MADAME DE SALLUS : 611 II, I | SALLUS : Oh ! que vous êtes irritant !... Comprenez donc que 612 I, I | promenait. Cela m'a d'abord irritée, désolée, humiliée ; puis 613 I, I | pleine d'espoir, à l'éternel isolement, à l'éternel abandon ?~MADAME 614 II, IV | SCÈNE IV~ ~LES MÊMES, Mme DE SALLUS~ 615 I, I | vous trompez. Mon mari, jadis, m'a négligée, abandonnée, 616 I, I | à dix-neuf ans, le comte Jean de Sallus, devenu amoureux 617 I, I | dans ses discours. Il se jetait au fond des fauteuils avec 618 I, III| SALLUS~M. DE SALLUS, se jetant dans un fauteuil : Il est 619 I, I | mari, quand une femme a jeté en leur cœur ce poison, 620 II, I | situation terrible, ne vous jetez pas dans une situation désespérée. 621 II, I | faut surtout pas jouer ce jeu-là avec sa femme... Et il a 622 I, III| toute une vie, de toute joie, de toute tendresse, de 623 I, III| SALLUS : C'est vraiment un joli rôle que vous m'offrez là. 624 II, II | riant : Ah ! ah ! ah ! La jolie intimité que vous me feriez ! 625 II, I | aussitôt après le départ de Joseph, il m'a dit, avec cet air 626 II, III| encore. Du moment que je joue un rôle en cette affaire, 627 I, I | RANDOL : Oh ! vous avez joué un jeu bizarre. Dès le premier 628 II, III| tranquille chez vous pour jouir du bonheur que vous avez 629 I, III| médisance.~MADAME DE SALLUS : Ne jouons pas sur les mots. Vous trouvez 630 I, I | en étirant ses bras. Ce jour-là je compris qu'il ne m'aimait 631 I, I | avec brusquerie, lisait le journal aussitôt rentré, haussait 632 I, I | DE SALLUS : Non ; mais je juge les choses accomplies. On 633 I, III| pas réclamé, vous m'avez jugée intelligente plus que vous 634 II, I | je ne puis m'empêcher de juger la situation originale. 635 I, III| MADAME DE SALLUS : Ne jurez pas. Je suis sûre que vous 636 I, I | accomplies. On n'a jamais d'idées justes et d'opinions saines que 637 II, I | Êtes-vous sûre qu'il n'y ait pas là-dedans beaucoup de colère, de vanité 638 I, I | était Mme de Bardane qu'il a lâchée, très cavalièrement, voici 639 II, I | assez pour me conseiller une lâcheté.~JACQUES DE RANDOL : Moi, 640 II, II | se plaindre si nous les lâchons pour le cercle.~MADAME DE 641 I, I | Vous savez ma situation, lais je ne vous ai jamais dit 642 II, II | sais plus m'en aller, je me laisse prendre dans l'engrenage 643 II, I | de ce que je vous aurai laissée faire...~MADAME DE SALLUS : 644 II, I | Laissez-moi ! Voulez-vous me laisser partir, ou j'appelle.~JACQUES 645 II, II | séduction que la femme. Laissez-lui croire, au moins, qu'il 646 I, I | obstacles que votre tendresse ne languit point.~JACQUES DE RANDOL : 647 I, III| de la société élégante à laquelle vous appartenez. Vous avez 648 II, IV | Mon Dieu ! que vous êtes léger !~JACQUES DE RANDOL : Tenez, 649 II, I | moyen.~JACQUES DE RANDOL : Lequel ?~MADAME DE SALLUS : Quitter 650 I, I | moment.~JACQUES DE RANDOL, se levant : Je préfère m'en aller. 651 II, II | Jacques de Randol qui s'est levé pour partir : Eh bien ! 652 I, I | possédés, les bras ouverts, les lèvres tendues. Il faut qu'ils 653 I, III| vous trouverez notre... liaison beaucoup plus savoureuse... 654 II, I | de soi, n'avoir plus la liberté sacrée de préserver sa chair 655 II, III| avec des traités et des libertés pour vous ?~M. DE SALLUS : 656 I, III| là, au fond, qu'un jeu de libertin.~M. DE SALLUS : Je ne me 657 II, I | vous me haïssiez ; que, liée à moi par cette fuite, vous 658 I, III| là. Après Mlle Zozo, Mlle Lili, Mlle Tata, vous offrez 659 I, I | fauteuils avec brusquerie, lisait le journal aussitôt rentré, 660 II, IV | reprendre chaque semaine votre loge à l'Opéra.~MADAME DE SALLUS : 661 I, I | deux fois par mois, dans un logis meublé. C'est elle alors 662 I, III| galanterie étant une des lois de la société élégante à 663 I, I | occuper avec sa femme ses loisirs passagers.~MADAME DE SALLUS : 664 I, III| prend la main et la baise longuement.~Madeleine, je vous jure 665 I, III| ans que cela dure, deux longues années qui, certes, ne vous 666 I, I | âme, moi, sincèrement et loyalement. Et, aujourd'hui, je ne 667 II, I | certainement ? » Alors il m'a lu la loi, tout ce qui concerne 668 II, I | que de m'exposer à cette lutte infâme de chaque jour dont 669 II, I | vois point de remède. Aucun magistrat ne peut vous protéger ; 670 I, I | prenant et lui baisant les mains : Je vous adore.~MADAME 671 II, III| Je désire rétablir et maintenir un statu quo de neutralité 672 II, II | ce que vous dites. Nos maisons sont inhabitables de quatre 673 II, I | embrassait, en cherchant à maîtriser ma résistance.~JACQUES DE 674 | mal 675 II, I | pour vous conseiller une maladresse.~MADAME DE SALLUS : Et juste 676 I, I | RANDOL : C'est impossible, malheureusement.~MADAME DE SALLUS : Alors, 677 I, I | ceux et toutes celles qui mangent sa vie, minute par minute, 678 I, III| on a faim, on se décide à manger des choses qu'on n'aimerait 679 I, I | gourmande, il lui dit : « Mangez des bonbons tant que vous 680 I, I | moi... pour moi, dans ses manières, dans ses gestes, dans ses 681 I, I | abstenir à l'avenir de ces manifestations politiques.~JACQUES DE RANDOL : 682 I, I | amoureux de vous et qui manifeste cette reprise de tendresse 683 I, I | dit, car je ne sais pas manifester.~JACQUES DE RANDOL : Ça, 684 II, III| RANDOL : Ça a très bien marché ?~M. DE SALLUS : Admirablement.~ 685 I, III| à la vie du soir, en me mariant, habitué aux coulisses, 686 I, III| plaira. Vrai, quand on se marie après avoir vécu comme moi, 687 II, I | d'une femme comme vous, mariée et délaissée, esclave de 688 I, III| ne permettent pas à leurs maris d'être galants, la galanterie 689 I, I | Nous nous rencontrons, le matin, dans l'avenue, un salut ; 690 I, II | DE SALLUS entre, l'air maussade. Il regarde un instant sa 691 I, III| à la calomnie... ou à la médisance.~MADAME DE SALLUS : Ne jouons 692 II, I | acte de démence que vous méditez. Je ne veux pas que vous 693 I, III| Vous avez, paraît-il, la mémoire courte. Mais je vais venir 694 I, I | déclarations et m'embrasse, et me menace de... de... son autorité. 695 II, I | chaque jour dont je suis menacée.~JACQUES DE RANDOL : Madeleine, 696 II, II | brusquement à toutes les menaces de la sonnette ?~M. DE SALLUS, 697 I, III| votre maison, dans votre ménage. C'est une grosse économie 698 II, IV | perdre, elle n'ont rien à ménager.~MADAME DE SALLUS : Ah ! 699 I, III| plus puisque j'étais plus méprisable. Vous vous êtes trompé, 700 I, I | qui aurait le droit de me mépriser beaucoup, puisque je lui 701 II, I | quand on n'a plus ni père ni mère, quand la police est contre 702 II, IV | Ah ! vous êtes gentils, messieurs.~M. DE SALLUS, souriant 703 II, IV | entendez-vous, la seule mesure de l'amour.~M. DE SALLUS, 704 I, I | SALLUS : Peu importe. Il se met ou se remet à m'aimer.~JACQUES 705 II, I | conseiller un scandale qui vous mettrait hors la loi du monde.~MADAME 706 I, I | par mois, dans un logis meublé. C'est elle alors qui a 707 II, I | a brutalisée, étreinte, meurtrie. J'en ai gardé des noirs 708 II, III| M. DE SALLUS : Par la mienne.~JACQUES DE RANDOL : Diable !~ 709 I, III| dans vos écuries : un des miens et deux des vôtres ; plus 710 I, III| fait une heure quarante, au minimum.~MADAME DE SALLUS : Ah çà ! 711 I, II | rendez-vous au cercle, à minuit, et il est onze heures cinquante. ( 712 II, IV | comment avez-vous fait ce miracle.~M. DE SALLUS : Bien facilement, 713 II, II | musiciens et autres des Mirlitons, pour vous garder près de 714 II, I | elle a prévu toutes les misères, tous les dangers, toutes 715 I, I | si vous avez pour moi la moindre tendresse.~MADAME DE SALLUS : 716 II, I | la femme !... Mais c'est monstrueux, cela ! N'être plus maître 717 II, II | Il suffit donc que je me montre pour vous faire fuir ?~JACQUES 718 I, III| atténuantes. Vous vous êtes montré très ironique pour les femmes, 719 I, I | vous savez l'être, sans le montrer, quand vous voulez plaire, 720 I, I | chien ouvre la gueule et mord n'importe qui, n'importe 721 II, II | malade ! Peut-être allez-vous mourir !~M. DE SALLUS : Raillez-moi 722 I, I | passe ma vie à chercher les moyens de vous rencontrer. Oui, 723 II, I | Ça ne réussit jamais, ces moyens-là, au contraire ; ça rapproche.~ 724 I, III| avec impatience, vous avez murmuré que j'étais folle, puis 725 II, II | artistes peintres, poètes, musiciens et autres des Mirlitons, 726 I, I | moi, coquette obscurément, mystérieusement, coquette comme vous savez 727 II, III| contribuer à une paix de cette nature.~M. DE SALLUS : Vous me 728 I, III| ce pour quoi nous sommes nées, nous autres ? Regardez-moi 729 I, III| moment. Je suis le plat, négligé aux jours d'abondance, auquel 730 I, I | trompez. Mon mari, jadis, m'a négligée, abandonnée, me trouvant 731 I, I | il m'embrassait... avec négligence, qu'il me regardait... sans 732 I, III| est passé. Comme vous me négligiez visiblement, je suis devenue 733 II, IV | charmante.~MADAME DE SALLUS, nerveuse : Il n'y a que ces filles-là 734 II, III| maintenir un statu quo de neutralité pacifique. Une sorte de 735 II, II | endiguer cette coulée de niais à travers les salons.~M. 736 I, I | abandonnée, me trouvant niaise, sans doute. Maintenant, 737 I, I | aie aimé quelque temps, niaisement, en jeune femme timide, 738 I, III| oui. J'ai les dates ; ne niez pas, je vous confondrai. 739 II, I | meurtrie. J'en ai gardé des noirs tout le long des bras. Mais 740 I, I | penser. Celle-là est du nombre. (On entend deux coups de 741 II, III| JACQUES DE RANDOL : Vous étiez nombreux ?~M. DE SALLUS : Non, une 742 I, I | Il connaissait déjà le notaire de papa. Il a été très gentil, 743 I, I | dépravées. Il leur faut du nu et de l'obscène - paroles 744 II, II | comme vous, je ne tiens nullement à me rencontrer chez eux 745 II, III| son grand récitatif : « Ô prince des croyants, écoute 746 II, III| exceptions prés, sont des objets de représentation ; jolies, 747 I, III| reprendre votre compagne obligatoire.~M. DE SALLUS, riant : Eh 748 I, I | à dire... Il se croyait obligé... pour ne pas éveiller 749 I, I | leur faut du nu et de l'obscène - paroles et corps - pour 750 I, I | coquette avec moi, coquette obscurément, mystérieusement, coquette 751 I, I | parce qu'il y a beaucoup d'obstacles que votre tendresse ne languit 752 II, I | est de vivre prés de vous. Obtenez votre divorce, et alors, 753 II, IV | reste... et c'est moi qui ai obtenu ça.~MADAME DE SALLUS : Mes 754 I, I | votre mari a... d'autres occupations.~MADAME DE SALLUS : Il aime 755 I, I | disponibilité et qu'il tâche d'occuper avec sa femme ses loisirs 756 I, III| ombrageuse qui suit de l'œil son mari dans tous les coins, 757 I, I | sans débouché, il vous en offre une partie.~MADAME DE SALLUS : 758 I, III| beaucoup ri de l'épouse ombrageuse qui suit de l'œil son mari 759 I, I | lui plaire. Il est fort ombrageux en ce moment.~JACQUES DE 760 I, I | n'a pas pu m'adresser l'ombre d'un reproche.~JACQUES DE 761 I, II | cercle, à minuit, et il est onze heures cinquante. (Ils se 762 I, I | moi après m'avoir vue à l'Opéra-Comique. Il connaissait déjà le 763 I, I | jamais d'idées justes et d'opinions saines que sur ce qui est 764 II, IV | non ! mais non ! je suis opportuniste.~M. DE SALLUS : Vous permettez 765 I, III| Oh ! ma chère, je ne vous opprime en rien, en rien, en rien. 766 I, I | voisins, après une explication orageuse.~JACQUES DE RANDOL : Comment ? 767 II, III| qui a fait se lever tout l'orchestre. Et au troisième, après 768 II, I | homme, celui qui vous aime. Ordonnez.~MADAME DE SALLUS : C'est 769 I, III| puisque vous aviez d'autres oreilles, d'autres doigts, d'autres 770 II, I | empêcher de juger la situation originale. Pardonnez-moi... Et après ?~ 771 II, I | difficile, que j'ai tout osé pour l'éviter.~JACQUES DE 772 I, I | JACQUES DE RANDOL : Vous osez dire de l'amour : « Ça n' 773 I, III| quoi vous répondre. Si vous ôtes simplement de mauvaise humeur, 774 I, III| deux jours d'opéra, et j'oublie beaucoup de petites choses 775 I, III| Depuis trois ans, vous m'avez oubliée, de sorte que je vous fais 776 II, I | table, il m'a dit : « Je n'oublierai point votre procédé d'hier, 777 I, I | DE RANDOL : Non... on m'a ouvert la porte, simplement.~MADAME 778 I, I | peut la voir, toutes portes ouvertes, un quart d'heure tous les 779 I, I | comme des possédés, les bras ouverts, les lèvres tendues. Il 780 I, III| de banque.~M. DE SALLUS, ouvrant son portefeuille : Je n' 781 I, I | importe qui, comme le chien ouvre la gueule et mord n'importe 782 I, I | connaissait déjà le notaire de papa. Il a été très gentil, pendant 783 II, III| après sa phrase : « Clair paradis de la beauté », je n'avais 784 I, I | de votre santé, et puis paraît un monsieur quelconque, 785 II, I | Comme je ne voulais pas paraître gênée ou anxieuse, j'ai 786 I, I | tracasse ?~JACQUES DE RANDOL : Parbleu !~MADAME DE SALLUS : Mon 787 II, III| jamais vu un enthousiasme pareil.~JACQUES DE RANDOL : Elle 788 I, I | celui qui affirmerait une pareille chose. Pas propre, l'amour !~ 789 I, III| maîtresse de son mari ? J'admets parfaitement votre point de vue. Vous 790 II, IV | pour tout. Les voyages sont parfois intempestifs.~MADAME DE 791 II, IV | JACQUES DE RANDOL : Tenez, je parierais que c'est lui qui va sortir 792 I, III| étais surtout, trop... trop Parisien, trop habitué à la vie du 793 II, III| les ennuis dont vous me parliez tout à l'heure, et qui sont 794 I, III| SALLUS : Pardon. Si nous parlons d'aventure, je demande à 795 I, I | jours où je me demande si, parmi tous ceux qui vous aiment, 796 I, I | des femmes coupables ; ce partage qui les rend ignobles. On 797 I, III| ne suis pas de celles qui partagent. Tant pis pour vous, tant 798 II, II | faites pas fuir, mais je partais.~M. DE SALLUS : C'est justement 799 II, II | justement ce que je dis. Vous partez toujours au moment précis 800 II, IV | respecte, de ce respect particulier de Paris qui ne distingue 801 I, I | débouché, il vous en offre une partie.~MADAME DE SALLUS : Mon 802 II, II | pas.~M. DE SALLUS : Vous partirez quand vous voudrez.~JACQUES 803 II, IV | MADAME DE SALLUS : Quand partons-nous, alors ?~JACQUES DE RANDOL : 804 I, I | avec sa femme ses loisirs passagers.~MADAME DE SALLUS : Moi, 805 II, III| rendriez un vrai service en passant la soirée ici.~JACQUES DE 806 I, III| très court, quand vous le passez avec M. Jacques de Randol.~ 807 II, III| les véritables hommes, les passionnés, positifs et tendres, n' 808 II, III| ait au moins cinq ou six passions à son actif, des actes de 809 I, I | les affamés regardent les pâtés et les volailles derrière 810 II, I | deux ans. Vous avez l'amour patient.~JACQUES DE RANDOL : Mais, 811 I, I | me suis dit : « Voici un pauvre garçon qui a l'air très 812 I, III| ironique pour les femmes, ces pauvres sottes, qui ne permettent 813 I, III| droit et légitime ; or, en payant cher, très cher, car je 814 I, III| je pensais. Après avoir payé des filles vous consentez 815 I, III| Donniez-vous une somme ronde, ou payiez-vous les fournisseurs séparément ? 816 II, II | comédie, et tous les artistes peintres, poètes, musiciens et autres 817 II, I | puis lève les yeux vers la pendule.~UN DOMESTIQUE, annonçant : 818 I, III| êtes bien l'homme que je pensais. Après avoir payé des filles 819 I, I | au fond du cœur - quelle pensée vous avez là au fond de 820 I, I | JACQUES DE RANDOL : Ils pensent, sans doute, que je ne compte 821 I, I | DE SALLUS : Mais à quoi pensent-ils ?~JACQUES DE RANDOL : Ils 822 I, I | auxquelles il ne faut point trop penser. Celle-là est du nombre. ( 823 I, III| circonstances, comme vous pensiez il y a deux ans. Rappelez-vous 824 II, IV | MADAME DE SALLUS : Vous perdez la tête. Mon Dieu ! que 825 II, I | Mais quand on n'a plus ni père ni mère, quand la police 826 II, I | oui, cette autre loi qui permet d'avoir des amants avec 827 I, III| ces pauvres sottes, qui ne permettent pas à leurs maris d'être 828 I, I | MADAME DE SALLUS : Je ne leur permettrai pas cela. Je veux qu'on 829 II, I | le Code ! Voulez-vous me permettre de vous en faire connaître 830 Per | PERSONNAGES~ ~M. de SALLUS~M. Jacques 831 I, I | entre sans bruit, regarde si personne ne le voit et vivement la 832 II, III| Santelli a eu un gros succès personnel ?~M. DE SALLUS : Pas un 833 I, III| et j'oublie beaucoup de petites choses moins importantes. 834 II, I | femme.~MADAME DE SALLUS : Ne peut-on fuir ailleurs que chez vous ? 835 II, II | dernière considération sur la pièce, ou le livre, ou le divorce, 836 II, IV | sûre qu'il nous tend un piège.~JACQUES DE RANDOL : Mais 837 I, III| enveloppé de compliments et pimenté de cruauté, doux et amer 838 II, II | quand je me suis laissé pincer sur mon siège, je suis perdu ; 839 I, I | un beau de cercle - les pires des beaux. Ceux-là, au fond, 840 I, III| maîtresse, mais vous avez plaidé les circonstances atténuantes. 841 I, III| Dites Régence. Je connais ce plaidoyer pour excuser toutes les 842 II, II | n'ont pas le droit de se plaindre si nous les lâchons pour 843 II, I | quelques articles qui vous plairont certainement ? » Alors il 844 II, I | SALLUS : Vous trouvez cela plaisant ?~JACQUES DE RANDOL : Non, 845 I, III| SALLUS : Voyons, cessez ces plaisanteries-là.~MADAME DE SALLUS : Cinq 846 I, III| DE SALLUS : Voyons, ne plaisantez pas, je vous prie. Je vous 847 II, II | vais chez les gens qui me plaisent comme Mme de Sallus, ou 848 II, II | JACQUES DE RANDOL : Vous me plaisez beaucoup, au contraire, 849 I, III| autre moment. Je suis le plat, négligé aux jours d'abondance, 850 I, III| faire parler.~Elle va au plateau portant la théière et les 851 II, III| pacifique. Une sorte de paix de Platon. (Riant.) Mais j'entre en 852 I, I | affole. Alors, ayant le cœur plein de tendresse, sans débouché, 853 I, III| ainsi.~J'ai compris, j'ai pleuré, j'ai souffert. Je vous 854 I, I | cocher de la prendre. S'il pleut, elle ne viendra pas, car 855 II, I | dégradantes dont s'accommodent la plupart des femmes, il y a toujours 856 II, I | MADAME DE SALLUS : Oui, plusieurs fois... mais quelques instants, 857 II, II | tous les artistes peintres, poètes, musiciens et autres des 858 I, I | regards, des sourires, des poignées de main, sans vous compromettre, 859 I, III| autres doigts, d'autres poignets et d'autres poitrines à 860 I, I | femme a jeté en leur cœur ce poison, l'amour, qui n'est pour 861 I, III| autres poignets et d'autres poitrines à embellir. Vous avez supprimé 862 I, I | compris, m'a saluée très poliment, et il est parti... pour 863 I, I | habitudes de caquetages polissons et de caresses dépravées. 864 I, I | avenir de ces manifestations politiques.~JACQUES DE RANDOL : Comment 865 I, III| parler.~Elle va au plateau portant la théière et les sirops 866 I, I | bête et vous vous trouvez à portée de sa dent, prenez garde. 867 I, III| DE SALLUS, ouvrant son portefeuille : Je n'en ai que trois. 868 I, I | préparée, où je l'invitais à porter ailleurs ses fantaisies 869 I, III| Permettez. Quand vous portez de l'argent, votre argent 870 II, I | moi par cette fuite, vous portiez en vous le cuisant regret 871 II, III| hommes, les passionnés, positifs et tendres, n'aiment pas 872 II, III| tout d'abord, parce que ma position serait fausse.~JACQUES DE 873 I, I | horrible ville, pour vous posséder tout seul.~MADAME DE SALLUS : 874 I, I | comme des fous, comme des possédés, les bras ouverts, les lèvres 875 I, I | chose positive, un titre de possession qu'on peut négliger - comme 876 II, II | monsieur de Randol. Vous pourrez partir ensuite.~JACQUES 877 II, II | rentrant chez vous, vous pourriez vous dispenser de vous annoncer 878 I, III| d'amitié ni d'affection, pourvu qu'il n'y ait pas de scandale. 879 I, I | cheveux. Elle a un sursaut, pousse un petit cri et se retourne.~ 880 II, I | Soit. Mais, si vous me poussez à bout, prenez garde... 881 I, III| faux et bien élevé qui pouvait parler ainsi.~J'ai compris, 882 I, III| coucher, et dormez, si vous pouvez.~M. DE SALLUS : Je ne vous 883 | pouvoir 884 I, I | Par exception, avec mille précautions, avec mille craintes, avec 885 II, II | partez toujours au moment précis où j'arrive. Je comprends 886 I, III| moi, puisque vous les avez préférées à moi.~M. DE SALLUS : Voyons, 887 II, I | aussi tout prévu, et la préférer à tout, quoi qu'il arrive. 888 II, III| croire que vous avez eu deux premières dans la même soirée.~M. 889 I, I | très gentil, pendant les premiers temps ; oui, très gentil ! 890 II, IV | Moi ? Pour qui donc me prenez-vous ?~UN DOMESTIQUE, annonçant : 891 | près 892 II, I | plus la liberté sacrée de préserver sa chair de pareilles souillures ; 893 I, I | JACQUES DE RANDOL : S'il était pressant avec douceur, vous n'en 894 II, II | ne me trouveriez jamais prêt à partir quand vous entrez.~ 895 II, I | charmante quand il rentrera, prêtez-vous à ses fantaisies...~JACQUES 896 II, I | homme sage qui devait vous prévenir, il ne reste plus en moi 897 II, I | la guerre. Mais je vous préviens que je vous dompterai, car 898 II, I | domestique est venu, vous l'avez prié de reconduire votre mari ?~ 899 II, II | dispositions.~M. DE SALLUS : Alors priez Randol de rester.~MADAME 900 II, III| son grand récitatif : « Ô prince des croyants, écoute ma 901 I, III| le reconnais, les grands principes du libre amour adoptés par 902 II, I | vous fera condamner à la prison, vous ! et rendra impossible 903 I, III| je vous la donnerai, à prix égal.~M. DE SALLUS : Je 904 I, I | MADAME DE SALLUS : Oui... probablement. Vous savez que je reçois 905 II, I | n'oublierai point votre procédé d'hier, et je ne vous le 906 I, I | qu'il affichait, qu'il promenait. Cela m'a d'abord irritée, 907 I, I | Oui.~JACQUES DE RANDOL : A propos de... sa maîtresse.~MADAME 908 I, III| vous venez, peut-être, me proposer une nouvelle épreuve ?~M. 909 II, III| même sans être belles à proprement parler. Une puissance d' 910 II, I | Aucun magistrat ne peut vous protéger ; aucun texte ne peut vous 911 II, I | SALLUS : Oui, une scène prouvant même qu'il nous espionnait 912 I, I | JACQUES DE RANDOL : Voilà qui prouve, plus que tout, que vous 913 II, I | MADAME DE SALLUS : En ami prudent...~JACQUES DE RANDOL : En 914 II, I | d'avoir des amants avec pudeur, sans blesser les bienséances !~ 915 II, III| à proprement parler. Une puissance d'envahissement enfin qu' 916 I, III| en ami, en ami sérieux. Quant à tout ce que vous venez 917 I, III| avantage, cela fait une heure quarante, au minimum.~MADAME DE SALLUS : 918 II, I | Il est sept heures trois quarts. Mon mari va rentrer. Nous 919 I, III| par suite de je ne sais quelles circonstances, comme vous 920 I, I | faites donc jamais de ces questions-là !~JACQUES DE RANDOL : Alors, 921 I, I | SALLUS : Mais, depuis... quinze jours ou trois semaines.~ 922 II, II | il faut ! C'est moi qui quitterais la maison, alors !~M. DE 923 II, III| rétablir et maintenir un statu quo de neutralité pacifique. 924 I, I | SALLUS : Mais je n'ai rien à raconter : il me fait des déclarations 925 I, I | Vrai, je ne comprends pas. Racontez-moi.~MADAME DE SALLUS : Mais 926 I, I | vous voulez c'est de la rage.~MADAME DE SALLUS : Vous 927 II, II | mourir !~M. DE SALLUS : Raillez-moi tant que vous voudrez, je 928 I, I | plus.~MADAME DE SALLUS : Ne raisonnons pas trop.~JACQUES DE RANDOL : 929 II, III| succès, un triomphe. On l'a rappelée six fois.~JACQUES DE RANDOL : 930 I, III| pensiez il y a deux ans. Rappelez-vous bien ce qui s'est passé. 931 I, I | DE SALLUS : Je ne me le rappelle pas.~JACQUES DE RANDOL : 932 II, I | moyens-là, au contraire ; ça rapproche.~MADAME DE SALLUS : Le lendemain, 933 II, III| des intentions de... de rapprochement ?~M. DE SALLUS : Non... 934 I, I | vénale, ce qui n'est pas rare au théâtre... dans le monde 935 II, III| femmes du monde, à de très rares exceptions prés, sont des 936 II, III| contente ?~M. DE SALLUS : Ravie, folle.~JACQUES DE RANDOL : 937 II, I | il vous aime beaucoup en réalité. Puis, il m'a déclaré son 938 I, I | est-il atteint de... cette rechute ?~MADAME DE SALLUS : Mais, 939 II, III| premier acte, elle a son grand récitatif : « Ô prince des croyants, 940 I, I | ne pas dire brutal ? Il réclame un droit et n'adresse pas 941 I, III| ma porte. Vous n'avez pas réclamé, vous m'avez jugée intelligente 942 I, I | probablement. Vous savez que je reçois toujours quand je suis chez 943 II, I | venu, vous l'avez prié de reconduire votre mari ?~MADAME DE SALLUS : 944 I, I | SALLUS : Oui. Sans m'être reconnaissant du reste.~JACQUES DE RANDOL : 945 I, III| MADAME DE SALLUS : Vous reconnaissez que je suis libre ?~M. DE 946 II, III| Merci, vous êtes un ami. Je reconnaîtrai cela à l'occasion.~JACQUES 947 I, III| Pardon. Pour toujours, je redeviendrais votre femme, et ce n'est 948 I, III| distinction est subtile, mais réelle. Et puis l'idée de faire 949 II, II | Elle se lève et après avoir réfléchi.) Vous dînez avec nous, 950 II, III| notre cœur, d'ensorceler le regard, même sans être belles à 951 I, I | avec négligence, qu'il me regardait... sans attention, qu'il 952 II, I | droits du mari ; puis il m'a regardée, bien en face, en demandant : «  953 I, I | aime, comme les affamés regardent les pâtés et les volailles 954 I, III| MADAME DE SALLUS : Dites Régence. Je connais ce plaidoyer 955 I, III| vous me parlez sur ce ton, réglons cette question une fois 956 II, I | portiez en vous le cuisant regret de ce que je vous aurai 957 II, III| je me suis trompé, je le regrette... pour vous.~M. DE SALLUS : 958 I, I | DE RANDOL : L'avez-vous regretté ?~MADAME DE SALLUS : Peu 959 I, I | JACQUES DE RANDOL : Et vous regrettez ?...~MADAME DE SALLUS : 960 I, I | une honnête femme quand, rejetée par l'homme qui a pris charge 961 II, I | et le monde qui peut la rejeter, c'est pour cela qu'elle 962 I, III| homme, qui m'a prise, me rejette et court à d'autres... Lesquelles ! 963 I, I | avec mille ruses, elle le rejoint, une ou deux fois par mois, 964 I, III| vous n'avez pas l'air de le remarquer.~M. DE SALLUS : Madeleine, 965 II, I | mais je ne vois point de remède. Aucun magistrat ne peut 966 II, I | MADAME DE SALLUS : Il faut remonter à votre départ, l'autre 967 I, I | notre amour est fait de rencontres, de saluts, de regards, 968 II, I | condamner à la prison, vous ! et rendra impossible que vous deveniez 969 II, III| SALLUS : Mon cher, vous me rendriez un vrai service en passant 970 I, III| caprices adorables ! C'est une rengaine, mon cher.~M. DE SALLUS : 971 II, IV | autre chose que le degré de renommée, uniquement au tapage 972 II, IV | neuf heures ? Vous y avez renoncé, monsieur de Randol ?~JACQUES 973 II, II | fait toujours me lever, et, rentrant chez vous, vous pourriez 974 I, I | lisait le journal aussitôt rentré, haussait les épaules et 975 II, I | soyez charmante quand il rentrera, prêtez-vous à ses fantaisies...~ 976 I, III| revenons ensemble, puis nous rentrons chacun chez nous. La situation 977 II, IV | RANDOL : Mais oui. Il a répandu son bonheur dans mon sein.~ 978 I, III| distingue bien, et qu'on se repent.~MADAME DE SALLUS : Eh bien ! 979 I, III| Ce que tous les hommes répondent quand ils n'aiment plus 980 II, I | me prendre ou me perdre. Répondez.~JACQUES DE RANDOL : Madeleine, 981 II, I | nous sommes ensemble. » Il répondit : « Mon Dieu, c'est votre 982 II, II | les demandes et toutes les réponses, mieux que celles du catéchisme, 983 I, III| elles ; vous ne m'avez pas repoussée, mais désirée davantage, 984 II, I | je vous enlève, il vous reprendra demain, chez moi, vous fera 985 II, I | scandale empêchera qu'il me reprenne. Je suis brave. Il me force 986 I, I | vous et qui manifeste cette reprise de tendresse par un caractère 987 I, III| sur ce passé que vous me reprochez si cruellement. Je suis 988 I, III| ai rien dit, je me suis résignée, je vous ai chassé de mon 989 II, I | cherchant à maîtriser ma résistance.~JACQUES DE RANDOL : C'est 990 II, I | faut prendre une grande résolution et que l'heure est très 991 II, IV | elle vaut cher, plus on la respecte, de ce respect particulier 992 II, I | devais dire. Je ne suis plus responsable envers vous, vous n'aurez 993 I, I | échappe, ou leur résiste, ils ressemblent à des chiens devenus enragés. 994 I, I | derrière les vitres d'un restaurant.~MADAME DE SALLUS : Oh ! 995 I, III| que vous allez me donner resteront dans votre maison, dans 996 I, III| toquée ! Voyons, Madeleine, restez, nous allons causer sérieusement.~ 997 II, II | aimerais beaucoup une intimité restreinte et choisie.~MADAME DE SALLUS : 998 II, III| M. DE SALLUS : Je désire rétablir et maintenir un statu quo 999 I, III| Elle va sortir. Il la retient.~M. DE SALLUS : Voyons, 1000 II, I | RANDOL : Vous n'avez point réussi, n'est-ce pas ?~MADAME DE 1001 II, I | JACQUES DE RANDOL : Ça ne réussit jamais, ces moyens-là, au


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